14 juillet 2009
Manif du 14 juillet
Etant situé à l’arrière-garde, j’apprends par pigeon voyageur les événements qui se sont déroulés pendant le rassemblement mili-terre aujourd’hui 14 juillet. Le rassemblement des clowns a d’abord été encerclé près du Carrousel du Louvre, la police prenant prétexte du défaut de déclaration de la manifestation.Puis les CRS se sont éloignés, ne laissant que quelques civils dans leur sillage. Une avant-garde de clowns est partie défiler vers les Invalides, où se trouvaient des membres de l’armée régulière faisant démonstration de leurs forces à base de lance-roquettes et autres joyeusetés kaki. Vers 15h, une quinzaine de clowns ont alors été arrêtés par les prétendues forces de l’ordre. Il n’y aurait pas eu de violences.A noter cependant que les personnes du public se sont vues interdire de prendre des photos et qu’un photographe (Cyril C.) a été arrêté avec les clowns, après une course dans la foule. Parmi les interpellés se trouveraient les clowns Robin, Nono et Lulu parmi d’autres éminents personnages.
au derniere nouvelle ils sont retenue pour une vérification d’identité aux commissariat central du 11eme .
SARIJ
UPQ Dallery
12/14 Passage Charles Dallery
Tél. 01 53 36 25 00
Métro : Voltaire
Sources : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article89035
08 juillet 2009
Témoignages de l'intérieur du centre de Vincennes , le mercredi 8 juillet 2009
« On a arrêté la grève de la faim hier . Je peux rien vous raconter en ce moment .Au niveau d'en bas, j'ai eu quelques petits problèmes à cause des communications. Ils nous ont vu beaucoup téléphoner , ils m'ont averti, je préfère arrêter les communications »
Nous appelons deux fois aux cabines , les retenus ne veulent pas parler de la fin du mouvement. Puis la troisième fois quelqu'un veut bien nous parler.
« On a arrêté , ça sert à rien. La Cimade depuis une semaine nous promet des choses , mais ils ne font rien. Pourtant c'était important, on aurait dû continuer mais personne ne prend ça en considération (...) Quand tu arrives ici , il faut trouver un moyen de sortir : faire des tentatives de suicide, avaler des lames de rasoirs ou autre chose ... sinon c'est fini ; ça fait 15 jours que je suis ici, depuis, aucun algérien n'a été libéré, seulement 2 marocains et 2 tunisiens l'ont été, par contre ils ne libèrent que des chinois. On sait même pas comment ça marche : si c'est le consulat qui signe ou autre chose. »
Nous lui donnons des informations sur l'attitude de l'Etat algérien, le fait qu'il signe tous les accords anti-immigration avec la France, qu'il a même fait passer un texte de loi qui prévoit de punir de prison l'émigration clandestine.
« Pourquoi personne n'affiche tout ça ? Je comprends pas car si c'était connu , les gens se révolteraient. Je connais une association, Droits Devant, qui s'occupe bien des sans papiers algériens, est-ce que c'est une association payée par l'Etat algérien ? (...)
On est au centre , on est enfermés. Je sais pas ce qu'on va faire.Je vais essayer de vous passer quelqu'un qui vous raconte la fin de la grève de la faim. »
La personne refuse de venir nous parler , nous demandons alors à notre interlocuteur revenu au bout du fil si c'est à cause de la pression de la police que personne ne veut nous parler.
« Non on a pas de pression , on n'a pas peur de la police, on s'en fout d'eux ».
Nous demandons des nouvelles des deux retenus algériens qui ont été expulsés hier et nous racontons ce qu'ils nous ont dit sur leur expulsion.
« Moi je sais que c'est quand on arrive dans l'avion qu'il faut les emmerder comme ça ils ont peur de perdre des clients et ils te font descendre. »
Notre interlocuteur va chercher un retenu qui pourrait nous raconter la fin de la grève de la faim.
« Hier ils ont été expulsés, ça été fait. Dommage. Ils nous ont appelé de l'avion vers 16h, on a su qu'ils ont été expulsés. Alors, hier au centre ils ont pas voulu continuer. Tout le monde a peur vis à vis de ce qu'ils ont fait aux autres. Tout le monde a peur. Ce sont des pauvres gens. Tout le monde a mangé. Personne ne dévoile ce qu'il ressent. Les gens ne se font pas confiance entre eux. Je ne peux pas deviner leurs pensées. Moi j'étais bloqué, ils ont changé d'avis d'un moment à l'autre. J'étais bloqué, j'ai pas pu réagir. On n'a pas de possibilités, c'est très délicat. »
Ce 8 juillet l'ambiance est lourde, tous semblent profondément tristes. Mais il y a semaine ,
le 1er juillet, les retenus nous disaient :
« En 25 jours, il y a eu 5 tentatives de suicide. L'ambiance était horrible au centre. Ca devenait fou, on regardait ça tous les jours et on s'habituait, c'est fou on ne doit pas s'habituer à des gens qui s'automutilent et se suicident tous les jours. Il fallait réagir à ça. On était en train de devenir des monstres, on réagissait plus. On s’est dit il faut réagir autrement, ne pas s’habituer."
Les retenus ont réagi , leur grève de la faim a rendu visible leur révolte, leur colère et le fait qu'il y a des gens qui ne s'habituent pas et ne s'habitueront jamais à ça. Il ont trouvé un moyen d'enrayer la machine à expulser , que tout ne se passe pas normalement, c'est aussi pour contribuer de l'extérieur à cet enrayement que nous publions et continuerons à publier l'histoire de leurs luttes à l'intérieur. C'est ce que nous leur avons dit avant de les saluer.
fermeturetention@yahoo.fr
02 juillet 2009
Les sans-papiers retenus à Vincennes entament une grève de la faim
«Nous, l'ensemble des retenus du centre de rétention de Vincennes, après une
concertation générale, avons convenu d'entamer une grève de la faim à partir du
30 juin 2009 jusqu'à satisfaction totale de nos revendications», peut-on lire
sur l'avis de grève de la faim des sans-papiers enfermés à Vincennes.
Signée par 48 personnes retenues dans le plus grand centre de rétention
administrative (CRA) de France, une liste de onze revendications a été
communiquée «aux services de la préfecture concernés», explique l'une d'elles,
Ahmed (son nom a été modifié).
L'avis de grève de la faim et les revendications des retenus de Vincennes, 30
juin 2009
Les retenus ont décidé de se mobiliser en réaction à une tentative de suicide
par pendaison de l'un des leurs. «Moi, ça fait 26 jours que je suis enfermé,
j'ai déjà assisté à six tentatives de suicide! Les gens se charcutent le corps
avec les lames qu'ils arrivent à trouver et se pendent avec des draps», raconte
Ahmed. Agir est alors apparu comme une nécessité. «On ne réagit plus à la vue du
sang, on n'écoute plus ceux qui lancent un appel au secours. On devient comme
des êtres sans âme. Il ne faut pas laisser faire ça» lance Ahmed.
Si les mouvements de révolte en centre de rétention sont fréquents, celui-ci
semble particulièrement organisé, issu d'une dynamique regroupant l'ensemble des
personnes présentes. «Ça a l'air de venir de tout le monde, c'est un vrai
travail collectif», commente Damien Nantes, de la Cimade, une association de
soutien juridique intervenant en CRA.
En effet, le mouvement de protestation a été mûrement réfléchi et débattu en
assemblées générales improvisées. «C'est après des réunions répétées avec
l'ensemble des retenus que nous avons décidé de nous mettre en grève de la fin,
hier à minuit», détaille Ahmed. Le lendemain, la lutte s'organise concrètement :
«Aujourd'hui, nous avons fait un sitting et nous avons commencé à prendre
contact avec des associations comme la Cimade, Amnesty International...».
Mais faire tenir un mouvement large dans un CRA est difficile car «de nouvelles
personnes arrivent tous les jours, il faut tout réexpliquer à chaque fois, c'est
compliqué mais nous prenons le temps de le faire». D'ailleurs, quatre nouveaux
retenus auraient adhéré à la démarche depuis ce matin. Les moyens matériels et
les possibilités d'expression sont très limités. «J'ai demandé à écrire une
banderole. On m'a dit que je ne pouvais utiliser que du papier alors j'ai fait
des affiches en français, en arabe et en chinois que j'ai mises dans la cour.
Mais elles ont été retirées, on m'a dit que c'était interdit.»
• Le centre avait brûlé en 2008
Les retenus dénoncent de pénibles conditions de vie. «Ici, c'est la malbouffe,
l'odeur qui se dégage des barquettes en plastique nous coupe l'appétit. Chaque
fois que tu as besoin de quelque chose c'est la guerre avec eux [les gardiens
ndlr].» L'enfermement des pères de famille et des «personnes qui suivent de
lourds traitements médicaux» est également mis en avant.
Ils dénoncent également la façon dont ils sont traités à l'extérieur, notamment
lorsqu'ils doivent être présentés au tribunal, se plaignant «d'attentes
interminables dans une pièce au sous-sol du Palais de justice». Au-delà des
conditions de vie en CRA, les retenus demandent «l'arrêt des contrôles massifs
et abusifs dans les rues», la fermeture des centres de rétention et la
régularisation des sans-papiers.
Selon les retenus, les rapports avec les gardiens restent relativement calmes
mais l'évolution de la situation doit être observée avec attention dans ce CRA
qui a été remis en état il y a peu. Le 22 juin 2008, après la mort d'un retenu,
un rassemblement réprimé avait tourné à la révolte, et le CRA avait été
entièrement brûlé. Reconstruit depuis, il fait l'objet de toutes les attentions
de la préfecture de police qui dépêche toujours un impressionnant dispositif
policier lorsque des militants manifestent à ses abords pour demander la
libération des sans-papiers. Encore aujourd'hui, une dizaine de sans-papiers
présents au moment de l'incendie sont poursuivis en justice, plusieurs d'entre
eux ayant fait de nombreux mois de détention provisoire.
•Lire Aussi
Les «cahiers de doléances» des étrangers expulsés
http://www.mediapart.fr/journal/france/270308/les-cahiers-de-doleances-des-etrangers-expulses
Abou Ndianor, sans-papier insoumis
http://www.mediapart.fr/journal/france/260308/abou-ndianor-sans-papier-insoumis
Par Charlotte Rouault : http://www.mediapart.fr/blog/72943
14 avril 2009
Strasbourg de nouveaux témoignages contre la répression
Témoignage un :
Strasbourg des Crs tirent à tirs tendus sur des manifestants et cela n’a pas été un cas « isolé »
Nouveau témoignage vidéo accablant pour les forces de l’ordre des Crs tirent a « tirs tendus » a hauteur de visage et de poitrine des manifestants ce qui peut causer de graves blessure si votre visage est touché, ou si vous vous prenez une grenade lacrymogène sur la poitrine au niveau du plexus solaire(des cas de tir de flash balls de la sorte on aussi relevés par de nombreuses vidéos et témoignages de manifestants ce qui est aussi interdit par les règlement policiers).
http://www.dailymotion.com/video/x8...
Car les règlements des « anti émeutes » français Crs, GM, et Bac stipulent bien que du fait de leur dangerosité les grenades lacrymogènes ne doivent jamais êtres tirés de la sorte, le lance grenade devant tirer « en tir en cloche » c’est-à-dire l’arme pointée vers le ciel et non vers les manifestant a « tir tendu ».
Témoignages numéro deux : après les CRS caillaisseurs de manifestants qu’on a pu voir sur de nombreuses manifestations les CRS Dépouilleurs et racketteurs
Voir ces témoignages du légal team et du site anti répressions de nombreuses fouilles poussés de manifestants ont eues lieue dans les rues de Strasbourg mais aussi bien sur aux abords du village ont été « saisi »des fringues noires ou sombres, des tracts du matériel photo et vidéo
05.04.2009 14:45 Des contrôles à Rheinau-Freistett. Les flics français et allemands saisissent des portables, appareils photos, lunettes de plongeur, matériel de déguisement. Des procureurs généraux allemands cherchent des témoins concernant les troubles de l’ordre public.
05.04.2009 13:35 Village Conformément à des infos policières, le camp est verrouillé, un poste de contrôle s’installe Rue Ganzau où des fouilles de sacs sont effectués. Il est fait rapport de caméras saisies par la police. La presse est sur place, une délégation de la ICC est en route.
Village 05.04.2009 13 :00 Le légal team demande aux manifestant de vider demande a des manifestant de vider les cartes mémoires de leur APN et caméscopes la police cherchant des « visages » sur celles ci
De nombreux témoignages de manifestants indiquent que quand des manifestant-es partaient du camp et du village autogéré, la police quand ils saisissaient votre matériel photo et Vidéo prenaient votre nom sur des carnets et même des feuilles volantes avec une vague promesse de vous les rendre, que si vous veniez les « cherchez le lendemain au commissariat » l’adresse du dit commissariat (il y en a plusieurs a Strasbourg comme dans toutes grande villes) n’étant bien sur jamais spécifiée par la police et les Crs et autres Baceux ,des manifestant-es qui protestaient contre ces saisies de matériels, se sont pour la plupart fait menacer de ce « faire embarquer immédiatement pour outrages s’ils l’ouvraient » pire encore lors de fouilles en plus d’effets personnels de nombreux manifestant se sont aperçus qu’ après ces fouilles « poussées » ils s’étaient fait littéralement voler « mystérieusement » leur argent et monnaie dans leurs portefeuilles.
« Hasard » ces saisies de matériel Photos et vidéos ont eus lieues juste après que la vidéo des crs « caillasseurs » ai été diffusée sur le net, « Hasard » numéro deux juste après aussi que des vidéos elles aussi diffusées sur le net montraient très clairement qu’a hauteur de l’hôtel ibis des hélicos de la police avaient tirées du ciel, des grenades lacrymogènes, « assourdissantes » et même selon de nombreux autres témoins des fusées éclairantes, cela fait donc beaucoup de « hasards » et de preuves par l’image qui ne pouvaient que gêner les services de police de Michèle Alliot Marie on comprends donc mieux maintenant, le pourquoi du comment de ces « saisies » massives de matériel photos et vidéos par les forces de police.
Nous invitons donc tout-es les manifestant-es victimes de ce qu’il faut bien appeler par son nom c’est-à-dire de ces « rackets » policiers a témoigner sur le réseau des medias libres comme mainstreams ( malgré les plus que probables blocages de leurs rédactions ).Il ne faut plus que de telles attitudes aussi déplorables qu’anti démocratiques et autres violences policières se reproduisent , après mure réflexion de nombreux témoignages nous disent qu’en effet c’est un véritable miracle si a Strasbourg, il n’y ai pas eu de mort comme a Londres lors des manifestations anti G20
Des manifestant-es
Sources : http://grenoble.indymedia.org/2009-04-10-Strasbourg-de-nouveaux-temoignages
08 avril 2009
Srasbourg manifestation d’après blocage témoignage
Manifestation d’après blocage témoignage
Voilà un petit essai de récit, de ce que j’ai pu observer avec mon groupe affinitaire en arrivan à la rue du Grand Pont sur le chemin de la grande manifestation après avoir libéré notre point de blocage du croisement de l’avenue de la Paix et de l’Avenue des Vosges.
Comme le décrit l’article Résumé de l’action Block-Nato sur
http://linksunten.indymedia.org/fr/node/4382
notre blocage non-violent, coloré et musical qui était parti du Palais Universitaire a levé le camp à 13h, pour rejoindre la grande manifestation. Ce trajet nous a permis de manifester dans le centre de Strasbourg, cela, malgré l’interdiction préfectorale, ce qui était déjà une petite victoire, dans la mesure du rapport de force police/manifestant-es. Un cortège de prêt de 400 personnes a pu déambuler dans Strasbourg, en musique et en slogans, recevant le soutient de nombreu-ses/x habitant-tes à leur fenêtres.
En arrivant au bout de l’Avenue de la Forêt Noire, au croisement avec le boulevard d’Anvers, nous avons décidé de ne pas passer le pont, car cela aurait signifié ne plus avoir aucun moyen de revenir en ville, et être enfermé-es par les forces de répression dans le port autonome de Strasbourg. Cela n’aurait laissé aucune possibilité pour manifester dans le centre de la ville (ce qui est la moindre des choses dans un régime qui se prétend démocratique). Notre nouvel objectif était donc de bloquer pacifiquement ce croisement, pour empêcher la police de bloquer le pont, et pour permettre aux manifesant-es déjà de l’autre côté de le traverser.
Face à ce blocage pacifique et musical, la police a à nouveau fait usage d’une grande violence. Des militant-es de la samba qui jouaient au milieu du carrefour, ont été renversé-es par une voiture de la police accélérant pour leur foncer dessus. Ils/Elles se sont alors retrouvés sur le capot, pour ne pas se retrouver sous les roues... Pour protéger les activistes des chauffards de la police, les barrières qui bordaient les trottoirs du pont ont été réorganisés en travers de la route.
La police a alors commencé à balais désorganisé d’aller-retours et de charges chaotiques. Aucune idée de l’endroit où ils souhaitaient nous faire aller. Par moment, ils nous empêchaient de rejoindre la manifestation, en bloquant de manière étanche le pont. Par moment ils nous empêchaient de nous diriger vers le centre ville. Les multiples charges étaient très violentes. Un vélo qui avait eu la mauvaise idée d’être sur le chemin est passé par dessus le pont après qu’un policier l’ai jeté parcequ’il était dans son chemin.
Le comble de cette désorganisation est arrivé, lorsqu’une brigade de CRS nous a poussé sur le pont, alors qu’une autre brigade empêchait tout passage sur celui ci, nous comprimant entre leurs deux lignes de boucliers. Face à ce chaos et à la protestation des manifestant-es, le plus fûté des sans-cerveaux a compris au bout de quelques minutes qu’il devait traverser la foule pour aller discuter avec l’autre chef de meute. Pour ce faire, bien que les manifestant-es pacifiques lui aient déjà fait de la place, il utilisa sans réserve sa matraque pour écarter les villain-es joueu-se/rs et danseu-se/rs de samba.
Après avoir dégagé le pont, les policiers ont trouvé intéressant de le remplir de véhicules divers (camions, voitures, canons à eau allemands et français, ...). Mais cette idée était certainement mauvaise, puisqu’ils ont changé d’avis 10 minutes plus tard, rechargeant les manifestant-es pour évacuer tout ce qu’ils avaient fait entrer quelques minutes auparavant.
Après une bonne demi-douzaine de charges de CRS, leur décision a été de nous interdire l’accès à la manifestation en bloquant hermétiquement ce pont. Nous avons donc tenté collectivement de rejoindre la manifestation en passant le pont suivant, qui était également bloqué lorsque nous y sommes arrivés. De toute manière, la manifestation officielle semblait avoir été raccourcie...
De : no nato : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article83824
27 mars 2009
Rafle des policiers à Nation le 19 mars
Voici mon témoignage (un peu tardif certes) sur les évenements qui se sont déroulés à Nation lors de cette grande manif’ du 19 mars.(Pour info, je fais parti des 300 manifestants arrêtés ce jour là, puis des 49 poursuivis ensuite. Je remercie d’ailleurs toutes les personnes, auteurs d’articles, militants, qui nous ont soutenus, et qui nous soutiennent encore.)La fin du cortège arrive entre 18h30 et 19h à Nation, le ton est festif, pas de problème jusqu’à maintenant, les gens ne sont pas encore prêts à partir, et ça tombe bien, ils ont officiellement le droit de rester jusqu’à 21h. Il y a de la musique aux 4 coins de la place, des djembés par ci, un concert de hip-hop sur la pelouse, des drapeaux qui flottent sur la statue centrale.Mais très vite l’ambiance devient malsaine, quelque chose ne tourne pas rond, des dizaines, des centaines de crs affluent et bloquent toutes les artères de Nation, interdisant le passage. Des escouades prennent pied dans le métro, juste en bas des escaliers et dans les couloirs, et de là elles tirent des grenades, empêchant également l’accès aux personnes désirant s’en aller. Des manifestants qui ont tenté de passer par une petite rue à côté refluent en courant vers le centre de la place, à leur trousse des lignes de crs. Il y a du gaz dans l’air, dans tous les sens du terme, les flics se rapprochent progressivement, encerclent Nation petit à petit, les yeux piquent, la respiration se fait plus difficile : ça pue le lacrymo.Quelques feux de poubelle se déclenchent ici et là, pas de quoi fouetter un chat. Des individus encagoulés, barre de fer à la main, jettent des projectiles en direction des hommes en bleu puis, quelques minutes après, surprise ! ils se ruent sur un manifestant et le rouent de coups, avant de le trainer vers leurs collègues rangés en ligne quelques mètres plus loin. Tactique perverse des flics en civile, vieille comme le monde mais qui surprend toujours ...
Nation se révèle être une souricière de premier choix, tandis que les policiers font le ménage dans la place, beaucoup de personnes se réfugient sur le terre-plein et autours de la statue (qui représente le "Triomphe de la République", tout un symbole ! ), espérant échapper aux arrestations arbitraires. Mais bientôt ces derniers se retrouvent complètement encerclés, comprimés les uns contre les autres, sans aucune issue, abasourdis par la manoeuvre policière à laquelle ils assistent. Parmi les encerclés, trois hommes dégainent soudainement des matraquent télescopiques et s’attaque à un jeune homme qui n’a pourtant rien fait, le frappent, et l’entrainent vers les lignes de crs. Encore une intervention musclée des flics en civil, qui déclenche la colère générale. Certains "gardiens de la paix" tiennent en respect la foule à l’aide de flash-balls. Après plus d’une heure d’emprisonnement, les condés décident enfin de libérer les captifs, brisant à coups de matraque la chaine humaine qui s’était formée autour de la statue, les insultant et contrôlant leur identité, un par un. Ceux qui n’ont pas de papiers passent directement par la case commissariat.
A 21h30, on pensait la manifestation totalement dispersées, quelques groupes ci et là, encore sonnés par la violence de cette intervention, stationnent sur la place. Mais apparemment, les forces de l’ordre n’en ont pas fini puisque les crs sont bloquent toujours l’accès du métro, gazant et frappant à tout va. La soirée se finira par une nouvelle flopée d’arrestations. A noter que les journalistes, pourtant présents en nombre, n’ont relayé pour la plupart qu’une pale copie du communiqué de la préfecture de police.
Bilan de ce début de soirée : 300 arrestations, 50, ah ! non pardon 49 (ce chiffre fait plus crédible) personnes seront par la suite poursuivies en justice, interdits de manifester au moins jusqu’à leur jugement, et peut être privés de leur droit de vote, ainsi que de plusieurs personnes littéralement passés à tabac. Certains sont passés en comparutions immédiates et sont toujours incarcérés. Un coup de filet qui avait pour but de faire des exemples. Le pouvoir craint la contestation qui enfle, c’est pour cela qu’il durcit sa répression : pour museler cette révolte qui gronde. Alors que Julien Coupat est toujours en prison malgrès le manque flagrant de preuves, que des jeunes sont piégés, intimidés et incarcérés, il est à craindre que cette emprise du pouvoir va surement encore s’amplifier.
De : Jules
Sources : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article83093
24 mars 2009
Compte - rendu de l’Après manifestation du 19 mars par interpellé n° xxx
Je mets ici mes conclusions pour les gens pressés, le récit suit :
Points importants / conseils et commentaires :
Les arrestations arbitraires en fin de manif ne servent pas qu’à faire du chiffre, elles servent surtout à remplir le fichier adn. Toutes les personnes qui sont sortis du comico en même temps que moi, et à qui on a reproché des faits similaires ou moins graves mais toujours aussi inventés ont craché. Une fois arrêté et tant qu’on n’a pas encore le serflex, évité de s’agiter, les flics se font un malin plaisir à le serrer et ca fait mal au bout de trois heures. l’organisation des flics fait que les interpellés sont refiler de gars en gars et du coup les flics ne savent pas du tout ce que vous avez fait ni qui vous êtes. Ce qui a l’avantage de nous faire voir plusieurs spécimens de flicaille (du gars correcte au pur sadique au crâne rasé), mais l’inconvénient que les flics qui nous ont interpellés disparaissent dans la nature. En ce qui concerne la carte d’identité, je conseillerai de l’avoir sur soi mais plutôt cacher. Parce que dans mon cas j’aurais pu me barrer du panier à salade vu que le serflex n’était pas très séré, je pouvais l’enlever, mais comme ils avaient ma carte, je ne pouvais rien faire. Si je l’avais eu dans le froc, ca aurait changé la donne… Mais je conseille de l’avoir quand même sur soi, sinon un de vos proches devra faire un détour par le comico pour l’apporter à la bleusaille. Ca m’a fait plaisir de voir que derrière leur façade d’organisation, ils savent trop pas où ils sont ni ce qu’ils font, ils courent à droite à gauche, sont en panique, ne supportent pas la gazeuse, stress énormément, etc... il en faut pas de beaucoup pour qu’ils soient dépassés.
Si jamais ca vous arrive de faire un tour en gav, pensez à prendre les noms des personnes qui restent au comico quand vous sortez, y’a souvent un comité de soutien à la sortie (que je remercie grandement) qui peuvent prévenir un avocat. Dans mon cas, deux personnes risque gros puisqu’elles ont reconnu les faits (ce qu’il faut jamais faire, tant que ce n’est pas prouvé…)
Récit : Je ne reviendrais pas sur les descriptions du bordel qui régnait à Nation, çà a déjà était fait à d’autres endroits. Je préfère porter ma contribution sur les conditions de mon interpellation puis garde à vue. Aux alentours de 20 h je me trouve donc au milieu de Nation a observé le cirque : projectiles d’un côté contre matraque de l’autre. Poser au milieu de la pelouse avec cheiche et bonnet, pantalon gris et veste bleu marine, j’observe le ballet des schtroumpfs. Quand tout à coup un détachement s’avance, moi sûr d’avoir rien à me reprocher, je ne bouge pas. Erreur, le gros de devant crie ‘on l’embarque’ et vu les kilomètres de manifs, les jambes sont un peu molles à réagir et je me fais cueillir. Je me fais donc ramener entre trois CRS dans les rangs arrière et j’entends alors que la raison de mon inculpation est d’avoir lancé des cannettes en direction des flics. Chose que je n’ai pas faite. Je reste, la gueule dans la pelouse, un genou dans le dos, le bras dans une position inhabituelle à me faire fouiller, tourner et retourner par des types qu’on pas compris qu’on ne peut être à la fois sur le dos et le ventre en même temps et qu’on ne peut pas enlever son sac à dos quand on a le bras tordu… Je me fais alors passer un ‘serflex’, menotte en plastique pas cher et pratique : ca sert et c’est flexible… Comme je m’étais pas débattu lorsque je me suis fait chopper, ils ont eu la délicatesse de ne pas me sectionner les poignets avec, contrairement au gars qui vient de se faire jeter à côté de moi et qui remue un peu trop au goût des bleus : ces mains ressembleront à celles du tableau de Picasso après quelques heures… un troisième gars nous rejoint puis on est emmené sur une autre partie de la place, un peu plus loin des affrontements. On nous fait asseoir, puis on nous promène à un autre endroit, puis vers un autre camion, et puis dans un bus. Il doit être maintenant autour de 9-10 heure, le bus contient une douzaine d’interpellés, des baqueux, et des nationaux. On attend encore. Des gars ont la gueule en sang, un autre git par terre au fond du camion, menotte au poing. Les flics sont plutôt odieux, nous fumes presque à la gueule et nous parle comme des merdes, ce qu’on leur rend bien, entre nous on s’entraide, on sort les boulettes de shit des poches et les gobes, on se remonte les baggys que les flics ont plaisir à voir tomber sur les genoux, on parle. La plupart des gens sont là sans raison véritable. Certains se sont fait embarquer lorsqu’il voulait quitter la place, d’autres parce qu’ils étaient un peu trop rond, d’autres parce qu’ils n’avaient pas leur pièce d’identité, etc… Le temps passe, des personnes interpellées nous rejoignent encore, on à bien l’impression qu’il faut un quota et qu’on partira pas tant qu’il sera pas atteint. Vers 11h, on est ‘complet’, la caravane part, sirène devant, sirène derrière, direction le comico central du 18°. La bas on attend encore, on nous fait signer un papelard pour nous informer de notre mise en gav (garde à vue), on nous fouille jusqu’à nous faire baisser notre calbut’. On se retrouve finalement à 8 dans une cellule. Deux spots de lumières et deux caméras dans la gueule. Au bout d’une demi heure / une heure, ceux qui vont passer la nuit en gav, sont emmenés au commissariat de la goutte d’or parce qu’apparement on peu pas gardé les personnes en gav… Vers minuit on est donc débarqué la bas, des quinze qui était avec moi dans le bus, y en a encore à peu près la moitié. Certains sont auditionnés tous de suite, ce sera pas mon cas, j’attendrais 10h30 le lendemain. Dans ma cellule deux autres gars qui sont la pour autre chose, on discute de tout, notamment philo : ‘faire des choix c’est renoncer’. Nuit passée à même le sol, sans couverture, heureusement il fait pas trop froid et les flics qui nous surveillent ne sont pas des batards, ils nous laissent aller pisser quand on le demande. Au matin, audition par un opj (officier de la police judiciaire), il me dit que les faits retenus contre moi ne sont pas grave, que je devrais bientôt sortir, j’ai du mal à la croire puisque des potes à moi ont pris 4 mois avec sursis en 2006, mais bon. Je passe alors en salle d’empreintes, pas de souci pour les digitales, mais je refuse pour l’ADN, ils me sortent le speech habituel des 2 ans de prison et 15000 euros d’amende, je maintiens ; on me renvoie dans ma cellule. Quelques minutes après l’opj vient me chercher et me dit qu’il ne comprend pas mon choix, que je pourrais être libre mais que je m’obstine en refusant cette procédure et que du coup, de fait je me mets en délit. Je lui réponds que si j’étais à la manif c’est parce que j’ai des engagements politiques et que je compte pas cracher ma salive, mes cellules, mon corps, ma vie. Il me ramène alors en cellule, puis au bout d’une petite demi-heure revient me chercher. Il me ramène dans son bureau, me lit le code pénal qu’il vient de photocopier et continue sa pression et son chantage. Je ne cède pas. Mais de son ‘les faits qui vous sont reprochés ne sont pas graves, il manque des données dans la procédure (il manquait notamment de la personne qui m’avait interpellé), vous devriez sortir cette après midi’, à son ‘je peux chercher, et faire la lumière dans cette affaire, ca va prendre du temps, vous me dites que vous êtes innocents, mais ce n’est pas ce qui est écrit’ ; la pression est montée. Et finalement au bout qu’un quart d’heure de dialogue plus ou moins de sourds, je synthétise ces propos : Soit je bave sur leur sucette à ADN et je suis libre dans une heure, soit ils vont faire la ‘lumière sur cette affaire et dans ce cas là il me garde en gav pour 48 heures, puis en détention provisoire et je suis déféré devant le procureur lundi matin et poursuivi pour violences aggravées (= violences sur personne dépositaire de l’autorité publique par arme à destination, puni de 5 ans de prison et je sais plus combien d’euros)’ et refus d’adn. Du coup connaissant le véreux des flics et la facilité avec laquelle l’opj aurait trouvé un pourri qui aurait dit m’avoir vu lancer n’importe quoi, je capitule, et vais sucer leur éponge… une heure après je suis libre et rien n’est retenu contre moi.
Un enragé fiché…
Source : http://grenoble.indymedia.org/2009-03-24-Paris-Compte-rendu-de-l-Apres
Témoignage du Jeudi 19 mars 2009
Avant propos :
Si quelqu’un sait à quelle heure devait se terminer officiellement la manifestation à Paris, peut-il l’écrire dans les commentaires ? J’ai entendu dire que c’était 21h dans un porte-voix ce soir là mais je ne suis pas du tout sûre... Pour savoir si la répression policière était bien légale...Je viens apporter un témoignage supplémentaire à propos de ce qui s’est passé jeudi 19 mars place de la Nation à Paris, je ne sais pas si ma contribution sera très intéressante par rapport à ce qui a déjà été dit mais la répression policière a été tellement violente, tellement bien organisée, et la désinformation dans les médias tellement scandaleuse (du type "quelques incidents après 19h30 place de la Nation...") que je ressens le besoin de m’exprimer. Je vais donner ma version des faits.
Dans les alentours de 19h30-20h on était environ 200 - parait-il, je suis incapable de faire des estimations - à se regrouper, faire un peu le tour de la place pour partir en "manifestation sauvage". Après s’être engouffré dans une rue bloquée par des CRS, on a fait demi tour pour finalement se diriger vers le métro. Il y avait à ce moment là quelques énervés, les fameux "casseurs" qui semblaient prêts à se castagner avec les keufs. Mais à ce moment là ils étaient largement minoritaires. On a pris les escaliers menant au souterrain ; vaillants comme tout on descendait un deuxième ensemble de marches au sous-sol quant soudain on a vu les premiers de la file faire brusquement demi-tour en courant. Les CRS nous chargeaient ! Dans la mesure où à part les quelques personnes dont je parle au début, il n’y avait pas de violence type dégradation de matériel ou autre, où nous ne faisions que continuer la manifestation qui avait débuté en début d’après-midi, et où notre objectif (celui qui était annoncé en tout cas et ce que j’en ai compris) n’était pas de nous battre avec les keufs mais bien de faire une manif’, la réponse de ces CRS m’a semblé quelque peu disproportionnée. Pourquoi ne pas avoir tout simplement fait un barrage, pour nous empêcher de passer ? Si les CRS nous ont poursuivi, matraques en main, n’était-ce pas dans le but d’attiser notre haine pour que ça parte vraiment en vrille ?
Toujours est-il que ce déferlement de keufs m’a fort impressionnée ; je me suis plaquée contre le mur en croisant les doigt et j’ai vu passer devant moi la cohorte de "forces de l’ordre". Puis je suis sortie par l’autre bouche de métro, l’autre étant devenue le théâtre d’affrontements assez violents, d’après ce que j’ai compris. En y revenant, j’ai entendu de grosses explosions qui venaient du sous-sol. J’ai appris plus tard que c’étaient des tirs de flash ball. Ca fait un bruit énorme.Bref. Cet épisode, c’est pour souligner le fait que l’offensive venait effectivement des "forces de l’ordre" (paradoxalement). Car d’après ce que j’ai vu, c’est à partir de cette attaque des CRS dans le métro que beaucoup de manifestants ont commencé à être violents. C’est courant, on répond à la violence par la violence.Ensuite ça a viré à l’émeute... Je dirais au moins 100 personnes (peut-être beaucoup plus, peut-être un peu moins) étaient motivés pour bouffer du flic et chargeaient les CRS (qui les chargeaient à leur tour). Au fur et à mesure ces derniers, qui encerclaient la place, se rapprochaient de son centre par petites étapes, genre 10 mètres d’un coup en courant, faisant reculer et flipper les manifestants (dont ceux qui n’avaient rien à voir avec la manifestation sauvage du début, et encore moins avec les jets de bouteilles sur les CRS), le tout accompagné de coups de matraques et de projection de lacrymo dans l’air et dans les yeux des malchanceux.Il parait qu’il était possible de partir de la place (pas par le métro car son accès était fermé) en demandant gentiment aux keufs de nous laisser passer. Sauf qu’avec leur comportement ça ne donnait pas envie de s’approcher d’eux. Certains l’ont probablement fait, mais personnellement ça ne m’est même pas venu à l’esprit tellement ils me semblaient hostiles envers les manifestants. Et pourtant je n’étais pas là en tant que "lanceuse de projectiles" étant plutôt du genre "non-violente" ; j’étais plutôt là en qualité d’observatrice.
Je suis finalement restée, ne voyant de toute façon pas d’issues, et c’est comme ça que je me suis retrouvée jusqu’à environ 21h30 assise sur le socle de la statue au milieu de la place. Quelques minutes avant j’étais assise sur l’herbe quelques mètres plus loin avec un compagnon quand le noeud de CRS s’est resserré pour nous pousser brutalement en nous signifiant qu’il fallait qu’on s’entasse autour de la statue.Je terminerai sur le délit de faciès de ceux qui se sont fait embarquer à partir de là : ceux qui se sont retrouvés autour de la statue n’avaient rien fait de particulier, n’étaient pas forcément de ceux que l’on appelle communément les "casseurs" (je n’adhère pas forcément à ce vocabulaire c’est pourquoi je le mets entre guillemets), ils étaient juste là parce que... je ne sais pas, pour ma part je n’ai pas compris pourquoi j’étais là, entourée de flicaille, et c’était certainement le sentiment d’autres personnes ; des personnes se sont donc fait embarquer et parmi eux le compagnon dont je parle plus haut, moi j’ai pu partir sans même qu’on me demande ma carte d’identité. Mais bon le délit de faciès n’est pas nouveau après tout, et comme il devait y avoir un quota à respecter, nos amis ont du choisir avec soin leurs victimes.
Voilà maintenant je ne sais pas ce qu’il en est de ceux qui se sont fait arrêter ; si les personnes qui se sont fait arrêter arbitrairement ont eu des problèmes avec la justice... Quels sont les chefs d’inculpation... Etc.
Ah oui une dernière chose !
Je me demande pourquoi il y a eu autant de CRS et d’arrestations, apparemment ce n’est pas courant en fin de manif. Peut-être est-ce dû au fait qu’un sit-in était proposé place de la Nation jusqu’à minuit sur des tracts qui se propageaient dans le défilé, que les flics en ont été informés, et qu’il fallait une réponse claire pour dissuader les manifestants d’entreprendre cette action.. ?
Sources : Bledina http://grenoble.indymedia.org/2009-03-24-nouveau-temoignage-violences
23 mars 2009
Témoignage du Jeudi 19 mars 2009 .
Témoignage vidéo sur la répression place de la nation Comme l’on fait remarquer de nombreux témoins et témoignages, il semblerait bien que la consigne donnée a la préfecture de police ait bien été pour la fin de la manifestation du 19 mars de « faire du chiffre » et d’arrêter et de rafler le maximum de gens et de personne décrétées « violentes » par celle-ci.
http://www.dailymotion.com/playlist/xw27f_channel_zero_19-mars-en-attendant-demain/video/x8pzmf_fin-de-manif-19-mars-2009-place-de_news
On s’en aperçoit bien sur cette vidéo qui tourne en boucle sur nombres de sites, toutes les issues de la place de la nation étaient fermées, c’est face a une véritable nasse policière qu’on eue à faire face les manifestants.Les couloirs du métro nation étaient plein de Gardes mobiles, de Crs , de « Civils » et même au « cas ou » des gros bras du Gpsr la milice ultra sécuritaire musclée connue pour étre particuliérement violente de la Ratp.Sur la place de la Nation,dans la vidéo on aperçoit la sinistre bande de civils en pleine action avec ses matraques télescopique -dont certains habillés en « manifestants » avec des foulards noirs, la fameuse brigade de celui que tout monde à paris nomme le « commandant », une bande de « civils » particulièrement violents qu’on voit s’illustrer a chaque manifestation depuis le mouvement lycéen de l’année dernière (ou ils avaient sévèrement tabassés nombres de lycéens) Place de la nation et dans ses environ (il y a eus des camarades qui se sont fait charger dont certains par des motos d’après des témoignages de jeunes du quartier autours des station de métro Avron et Alexandre Dumas) c’est a peu prés 300 personnes qui ont étés littéralement raflé-es, ces arrestations étaient plus que ciblées, a cette heure il y a encore au dépôt de la préfecture de paris , et dans divers commissariats, des dizaines de camarades et ami-es en garde a vu , certains risque des procédures judiciaires et tomberont sous le coup d’accusations arbitraires d’après lesdépositions des « civils ». on imagine déjà leur « teneurs ». Il va donc nous falloir sérieusement nous mobiliser dans les jours à venir pour dénoncer une nouvelle fois ces arrestations et inévitables procès qui vont en découler
SOLIDARITE AVEC NOS CAMARADES ARRETE-ES PLACE DE LA NATION
Autres témoignages :
Nation 19h : Il y a encore des manifestants qui arrivent (sachant que la manifestation a débuté à 14h, et qu’elle est donc partie avant). Aucun CRS, ni policiers aux alentours. Mini-concert, ambiance festive. 19h30 : (toute les horaires sont approximatifs, je ne regardais pas trop ma montre).
On voit une certaine tension qui monte. Rassemblement pas mal de monde. Un cortège d’une 200ene de personnes (ou plus) partent dans une rue pour une manifestation sauvage en criant "Manif’ sauvage, et grève générale !". La des CRS sortent d’un peu nul part et bloquent la rue. Ils s’engouffrent alors dans une ruelle. Au bout, encore des CRS. Gazage (certains parle de jet d’eau mais je l’ai pas vu de mes propres yeux). Les manifestants reviennent sur la place. A noté que pour le moment, il n’y avait pas encore de jet de projectiles (ou vraiment très peu). 20h : Il reste encore beaucoup de monde (ca se compte en 500en).
Début des problèmes. Les CRS commencent à se montrer (en fin de chaque rue). Ils avancent vers la place. La certains se dirigent vers le métro (en pensant se rejoindre autre part pour une manifestation sauvage). Mais les CRS sortent de nulle part et charge dans les couloirs pour faire sortir tout le monde. 2 Interpellations à ce moment je crois.
Ils sont en bas des escaliers, les manifestant en haut ou sur la place. Jets de projectile vers les CRS et réponse au flash-Ball (quelques coups, donc certains arrivent sur des manifestants, notamment à la jambe). Cet affrontement dure un peu. Des tas de détritus et de poubelles commencent à brûler.
Pendant ce temps, les CRS commencent à entourer la place, il y a encore un concert un peu plus loin. 20h30 : Affrontement entre manifestants et CRS. Les CRS resserrent des manifestants au centre. Ceux-ci, qui commence à comprendre qu’avec le problème au métro, ils n’ont pas vraiment d’issues Les affrontements étaient des jets de projectiles de la part de certains manifestants, mais les CRS était plutôt violents et certains avaient visiblement pétés les plombs ou étaient complètement bourrés.
De mes propres yeux j’ai vu un mec qui parlait avec son pote tranquillement, sans foulard rien, les CRS avancent dans son dos (quand on est entouré, dur de voire tout), il se prend un coup dans le dos, se retourne, puis dans la face. Il rejoint des manifestants plus au centre en saignant. Puis, environs 250 personnes se retrouvent coincées au centre, l’ambiance se calme, certains jouent de la musique et dansent pour apaiser l’ambiance et espérer naïvement un fin plutôt sans problèmes.
Puis à nouveau gazage sur un mec qui tentait de parler pour sortir (j’en prends en même temps, pour l’occasion...). Puis des policiers en civils (très nombreux), chopent quelques personnes et les emmènent derrière les lignes de CRS. 21h : J’arrive à sortir je ne sais pas trop comment de cette saloperie de piège, en suffoquant, le visage carrément brulé par leur gaz et en montrant vaguement ma carte. Je vois au loin du feu dans une autres rue, puis dans une autre, puis les pompiers. Je vois aussi des groupes de jeunes révoltés, qui se font arrêter au « faciès ».Je rentre dans le métro hébété la rage au cœur et je vois une masse de gens qui ne savent, et ne sauront surement jamais la répression qu’il y a en haut sur cette saleté de place. Qu’on subit pour nos idées. A noter que je n’ai lancé aucun projectile.
Bilan : Plus de 300 arrestations, 49 poursuites judiciaires, 13 blessés dans la police selon les médias qui ne donneront aucuns chiffres sur le nombre énorme de manifestants blessés et tabassés par la police cette journée ni sur les violences qu’ont subies des copains et copines dans les commissariats ou ils et elles se sont fait rafler (on commence à recouper de nombreux autres témoignages la dessus).
On invite donc un maximum de gens qui ont étés victimes de ces violences policières place de la nation à témoigner partout sur le net et les médias indépendants
Un manifestant.
Autre témoignage :
Paris place de la nation un 19 mars 2009
Compagnies « Républicaine » de Sécurité « protéger et servir » qu’ils nous disent
Il est presque 21 heures avec une copine on est encore sur la place de la Nation ou des baceux en « civils »mobiles et crs commencent à tabasser en s’en donnant à cœur joie, on est à peu prés a la hauteur d’un rade de la place de la nation qui jouxte l’avenue Alexandre Dumas. Ma copine est terrorisée c’est la première fois qu’elle voit des flics aussi haineux et violents.
Soudain on voit les gendarmes mobiles bouger et avancer ca nous permettra de sortir de cette foutue place de la Nation qui s’est transformée en véritable nasse policière, un véritable piège orchestré complètement par la préfecture de police.
Avec la copine on speede (sans pour autant courir) alors coup de chance pour nous deux on arrive à passer et a se faufiler derrière les mobiles, qui partent aussitôt matraquer comme des sauvages et encercler ceux et celles qui ont eus la malchance de se trouver prés de la statue de la « nation » Ouf on arrive à passer mais ma copine a eus très peur mais bon quand on fait 1 m 60 et même pas 50 kg c’est vrai que il y a de quoi flipper quand on voit le gabarit de monstres des mobiles et des baceux.
Prés du kiosque sur le terre plein central les couloirs et la bouche de métro se sont remplies de baceux super violents épaulés par les brutes épaisses des GPSR *1 de la Ratp , les baceux ont déjà gazés et tirés quatre ou cinq coups de flash balls a moins de trois mètres sur de manifestants et manifestantes qui ont tentés de se réfugier par cette saloperie de bouche métro, tout le monde fuit alors cette bouche de métro maudite, du coup il sera très facile comme vous pouvez l’imaginer, à la flicaille d’encercler plus de deux cents camarades qui se trouvaient prés de cette saleté de statue de la « nation ».
La on n’a pas compris alors qu’on se trouve toujours prés de ce foutu rade toujours à l’angle du boulevard Philipe Auguste on voit arriver en plus des renforts de Crs qui pour certains ont l’air complètements bourrés il y en a un qui manque carrément de se casser la gueule en sortant d’une de sa camionnette , comme on se trouve maintenant derrière leurs camionnettes on les voit taper comme des malades sur la place de la nation, sur tout ce qui de prés ou de loin ressemble a un jeune, un Crs apparemment un brigadier s’en prend alors sans raison au patron du café en lui disant ( notez la finesse du jargon de Crs ) « toi tu ferme ton bordel de bistrot de merde ou tu va avoir affaire a nous et à la pref » comme celui-ci fait ce qu’il peut un brin paniqué pour ranger sa terrasse et que pour ce Crs ca ne va pas assez vite, il se prend sans aucune raisons en pleine face un coup de gazeuse lacrymo.
La une petite gamine très courageuse s’approche de cette brute et lui crie dessus « mais il vous a rien fait lui vous êtes complètement cinglé », réponse immédiate du pandore « toi la connasse tu ferme ta gueule, les putes et les salopes dans ton genre faudrait les massacrer ». je crois relire tout les bouquins de Maurice Rafjus en entendant cette horreur.
Les Crs finirons alors par nous repousser (on est encore grosso modo une petite vingtaine) sur le boulevard Philipe Auguste, laissant on le saura plus tard passer derrière nous au compte goutte quelques manifestants les yeux en larmes a cause des lacrymos , certains ont pris des coups de matraques et ont échappés de justesse aux rafles dans les « bétaillères » ( c’est comme ça qu’on appelle leurs cars a rafles de la police a paris) .
Voila ce qu’est la « démocratie » de la Michèle Alliot Marie et de Sarkozy 1er
Voila pour ce témoignage en espérant qu’il y en aura d’autres on peut pas continuer a se faire tabasser et réprimer de la sorte sans réagir, j’invite le maximum de gens qui ont été victimes de violences policiéres ce 19 mars 2009 a Paris comme en province témoigner partout ou il sera possible de le faire, ces violences policières on ne doit plus les passer sous silence
Les Gpsr sont les miliciens de la « sécurité » Ratp des brutes épaisses qu’ont voit souvent épauler les flics lors de rafles dans le métro et même parfois prés des bouches de métro.
Un manifestant écœuré
Sources :http://grenoble.indymedia.org/2009-03-21-19-mars-temoignages-repression
Témoignage du Jeudi 19 mars 2009 .
Après une manifestation magnifique, mes amis et moi nous décidons de rester un peu plus longtemps sur la place de la Nation. Soudain, un cortège sauvage commence à se former. Certainement parce qu’il est beaucoup trop ordinaire de faire de grosses manifs pacifiques et calmes, et qu’il est bon de faire dans le sauvage et parce que l’impact est, je pense bien plus important.
Nous suivons le mouvements et nous tournons autour de la place en criant et hurlant joyeusement : « manif sauvage !». Puis, nous partons vers un boulevard, mais qui est bloqué par des Gendarmes. Un groupe part alors, dans une rue a côté qui est elle aussi rapidement fermée, nous obligeant ainsi à revenir sur la place de la Nation. Bien vite, des heurts éclatent entre flics en civil et manifestants. Il y a des lancers de bouteilles, des bagarres et des arrestations. Une violence extrême, mais qui reste bien gérée par les manifestants qui ne se laissent pas démonter en assaillant les flics pour récupérer les personnes en train de se faire arrêter. Des coups de bâtons et des coups de matraques fusent dans tous les sens, et finalement les flics en civil courent pour aller se protéger vers les CRS. Pendant ce temps là ; des heurts éclates entre manifestants et CRS dans la bouche de métro-RER .
Ensuite vient un bref répit, mais nous prenons rapidement conscience que les CRS et les gendarmes prennent petit à petit toute la Place et avancent vers nous et les manifestants. Nous arrivons à sortir du cercle qui se resserre sur nous progressivement.
Puis, nous arrivons à monter sur une butte juste derrière la formation, et « sur le cul » de voir un tel déploiement de flics pour aussi peu de manifestant. Je ne sais combien on était, peut être 1000 ou 1500.
D’un coup d’autres CRS ont voulu nous faire descendre de notre position. Ils nous poussent, et certains d’entre nous finissent par tomber. De là, un gendarme pousse mon amie, chope une autre fille qui se trouvait tout près et qu’il tape de toutes ses forces avec son tonfa, alors qu’elle voulait seulement rentrer dans le métro qui se trouvait tout près. Forcément, une amie va à son secours et le gendarme lui donne alors, un grand coup de point en pleine figure. Finalement nous arrivons à rentrer à nous échapper de la mêlée et rentrons dans le métro. À ce moment là, les Flics se mettent à gazer à l’intérieur. Nous tentons de nous échapper des GAZ étouffants, mais l’un de mes ami comme bien d’autres, est sur le point de vomir. Moi, je suis à terre, terrassée par les émanations et j’essaye de gérer ma respiration. Après quelques minutes, nous reprenons nos esprits, et nous attrapons le premier métro pour s’arrêter à la prochaine station, Avron, pour pouvoir reprendre notre souffle, mieux revenir sur Nation et pour savoir ce qu’il en est des manifestants encerclés (Dont certains sont nos amis). Nous sortons, du métro un moment pour fumer une clope, mais au même moment un groupe de manifestants lancent des bouteilles sur les CRS. Un flic en civil est touché à la tête ce qui a pour réaction, une charge de CRS entrant directement dans le métro. Mes amis et moi-même avons tout juste le temps de passer le portique, mais je me fais attraper par un crs qui me prend par la gorge et me balance par terre. Delors les CRS dans leur course folle me passent dessus pour passer les portiques. J’essais comme je peux de me protéger la tête avec mes mains, puis je me relève, et la deux CRS m’entourent et me hurlent dessus : « Pourquoi t’as couru ? Pourquoi t’as lancé des bouteilles ?! C’est toi ! On va t’embarquer, te fous pas de notre gueule ! Contre le mur, écarte les jambes ! …..». J’exécute sans broncher c’est pas le moment de faire la maligne et je comprends vite qu’il veulent me faire payer. A cet instant là, un CRS homme me palpe (alors qu’il est strictement interdit que ce soit un homme pour une fille), et fouille mon sac, prend ma carte d’identité, note dans son carnet tout en continuant à me crier dessus pour m’intimider. Mais je ne me démonte pas et je nie les faits.
Bref je ne vous donne pas le détail des dires, je pense que vous connaissez leurs méthodes.
Après une longue hésitation, ils me demandent de dégager. Mes amis qui se trouvent finalement sur le quai du métro, m’ont racontée que les CRS ont couru vers eux sur le quai puis ont crié : « C’est lui, c’est lui ! » en désignant l’un de mes amis (qui n’avait absolument rien fait) et le plaque à terre. Sa copine, paniquée, cria qu’il n’avait rien fait, et demanda ce qu’ils comptaient faire de son ami.À noter, mon amie m’a dit qu’elle avait la voix chevrotante et les larmes aux yeux (elle avait peur que son ami qui était à terre se fasse maltraiter et se tape un procès pour quelque chose, qu’il n’avait pas fait). À ce moment là, un des CRS la choppe par la gorge, la soulève et la plaque contre le mur prêt à être fouillée! D’ailleurs d’autre se trouvant sur le quai avec eux subiront le même sort par les mêmes méthodes musclées. Ensuite, mon ami qui était à terre s’est relevé et rejoint les autres. Il avait des égratignures un peu partout qui saignaient, il en avaient près des oreilles, sur son menton, et surtout à la cheville.
Ils n’ont pas été fouillés, et on n’a pas pris leurs identités. Ensuite les GM les foutent dans le métro… Je les retrouve un peu plus tard à père Lachaise.
Constat de la soirée, j’ai un immense bleu sur le genou et une élongation, les poumons brulant. Pour mes amis, quelques bleus, et pas mal d’égratignures...
Je ne sais ce qui s’est passé pour les autres et j’espère que tous, vous allez bien, et ne vous démontez pas. Courage, continuons la lutte !
Sources : 4 Etudiants que je remercie pour leur témoignage .
Jeudi soir : plus de 300 arrestations constatées , une cinquantaine de gardés à vue.









