29 juin 2009
APPEL A TEMOINS ! INTERPELLATION DU 25 JUIN À CALAIS.
Jeudi 25 juin à 16h05 sur l’avenue Lafayette de Calais, devant l’entrée du magasin Nevada, deux personnes (C.D. et T.J.) portant la banderole "No Borders, no Nations" ont été arrêtés par des agents de la BAC. Un article de la VDN est illustrée d’une photo de l’interpellation.
Après avoir été plaqués au sol et menottés, les deux personnes sont emmenées vers le milieu de la route. Alors qu’elles continuent à scander "Liberté de circuler, liberté de manifester", C.D. subit des pressions physiques pour se taire. L’agent de la BAC qui le maintient lui coince ses lunettes de soleil entre les dents et lui maintient la bouche fermée en agripant son visage par le menton et l’orbite de l’oeil droit. Il lui serre également le cou avec l’avant-bras.
Les deux personnes sont ensuite embarquées et emmenées au commissariat central. Le motif de leur interpellation est "rebellion", les policiers inscrivant sur le PV que les deux interpellés auraient résisté "violemment" à leur interpellation. Il n’y a pourtant eu aucune résistance physique de leur part, ils ont seulement continué de crier, ce qui ne constitue pas un motif de rebellion.
Ils sont relachés avant 21h avec une convocation à se présenter le lendemain à 10h. Le lendemain, leurs dépositions sont confrontées à celle de l’agent de police ayant fait preuve de violence. Chacun maintient sa déposition. L’agent de la BAC porte plainte contre C.D., estimant sans doute qu’il y a diffamation (concernant l’accusation de violences).
Nous avons absolument besoin que les personnes présentes au moment de l’interpellation apportent leurs témoignages sur les conditions de cette interpellation, afin d’acter des violences commises. Pour cela, contactez-nous sur CNNOBORDER @ RISEUP.NET
Les deux interpellés passeront devant le tribunal de Boulogne le 14 octobre 2009 à 8h30.
Merci de votre soutien,
Sources :http://www.lille.indymedia.org/article16891.html
[NOBORDER] APRÈS LE BLOCAGE DE LESQUIN, 30 HEURES DE GARDE-À-VUE
Le blocage
Mercredi 24 juin, 5h15 du matin, une petite trentaine de personnes débarquent au camp pour étrangers de Lesquin, plusieurs sautent l’enceinte extérieure, certain.e.s s’enchaînent à l’unique grille d’accès avec des lock-ons, tubes en métal dans lesquels les bloquer.euses passent leur bras et s’accrochent.
Toute la flicaille locale étant à Calais, il faut une heure pour réunir la quarantaine de policiers, venus de Lille, Roubaix, Tourcoing, qui arrêtent toutes les personnes non-enchaînées. Les pompiers sont aussi sur place, ils observent longuement le système d’enchaînement puis passent à l’action : ils découpent à la disqueuse les lock-ons, sans blesser les gens enchaîné.e.s (à part quelques égratinures). Vers 7h30, le camp de Lesquin est de nouveau fonctionnel et les 26 participant.e.s à l’action sont emmené.e.s au commissariat de Lille.
Les objectifs de cette action étaient doubles : d’une part empêcher les expulsions de migrants prévues ce jour-là, qui ont habituellement lieu vers 6h, et d’autre part montrer que des actions de ce type, plusieurs fois réalisées avec succès en Belgique, étaient possibles en France, même et surtout lorsque l’Etat mobilise un énorme dispositif policier pour empêcher toute action de soutien aux migrants. Il y a beaucoup de choses, positives ou négatives, à dire sur cette action, sur la manière dont fut gérée la préparation, l’arrivée au camp de détention, les interactions avec les flics, l’efficacité des lock-ons, les potentielles inculpations judiciaires, le prix répressif à payer, etc etc. On s’en tiendra à constater, en regard des actions précédentes, que le blocage a été extrêmement court, 2h au lieu de 6 à 8h, et que cela n’a probablement ( ?) pas empêché effectivement des expulsions, ce qui était le but principal de l’action. Néanmoins, l’action de blocage a eu lieu : les flics n’étaient pas au courant et le dispositif sécuritaire régional a été contourné, au plus grand désagrément de tous les officiers de police et autres responsables haut placés que nous avons eu le "plaisir" de croiser.
La garde-à-vue
Commençons par dire qu’elle débutait sur de très mauvaises bases : une nuit blanche et une fatigue inévitable pour tous les participant.e.s à l’action. Ajoutons un stress inhabituel pour les quelques personnes n’ayant que rarement été confrontées à la force policière et à l’enfermement, et pour celles dont le lock-on avait été découpé (15 minutes avec la vue cachée, à sentir le tube recouvrant son bras être coupé avec une disqueuse).
Notre trajet dans le commissariat sera le suivant : arrivée en cellule, notification de la garde-à-vue, deuxième cellule, fouille avec confiscation de tous nos sacs, objets et livres, puis arrivée dans la cellule où nous restons le plus longtemps, dont nous ne sortons que pour notre audition, les prises d’empreinte et aller à la toilette située à 2 mètres.
Aussi bien dans l’action que lors de notre garde-à-vue, nous voulions éviter de donner aux keufs la possibilité de nous accuser d’outrage ou de rébellion, les contacts avec les flics seront donc "courtois", on ne s’abaissera pas mais on évitera les provocations, sauf lorsque notre rage face à l’arbitraire est trop importante ou que les flics ne sont pas à même de les comprendre. Si les chefs que nous croisons utilisent l’une ou l’autre pression physique et exhortent leurs hommes de main à "leur en faire baver", le comportement des flics de base ne sera pas outrancier : pas de violence ni d’insultes, juste l’utilisation banale du pouvoir de leur position et de l’arbitraire qui en découle.
Espace temps
Les 6 femmes sont placées dans une cellule avec laquelle nous pouvons plus ou moins communiquer. Les 20 autres sont placés dans une cellule de plus ou moins 5 mètres sur 7. Le sol est en béton, un "banc" en plâtre de 80 centimètres de large longe tous les murs. Pas un rayon de lumière naturelle, juste des néons allumés en permanence. Il y a un système d’apport et d’évacuation d’air qui ne sera jamais branché. A certains moments, la chaleur est oppressante, à d’autres nous voudrions avoir plus de pulls et vestes. Deux caméras ont vue sur toute la cellule. Par chance, nous sommes face à la cabine des matons et nous arrivons à lire l’heure sur leur horloge, nous évitons le vide d’un temps indéfini.
Besoins vitaux
Si les femmes qui ont participé à l’action peuvent bénéficier, après de nombreuses demandes, de matelas, les hommes n’ont pas cette chance. Jamais d’obscurité. Certains arrivent néanmoins à dormir, d’autres ne peuvent pas fermer l’oeil. L’allongement sur le sol en dur et notre fatigue produisent en quelques heures des courbatures, mal de dos et tensions musculaires. Les flics passent régulièrement dans la cellule pour demander à l’un ou l’autre de venir signer un papier, juste histoire de nous tenir éveillés.
On reçoit 3 "repas" par jour. Le matin, 2 biscuits et un berlingo de jus d’orange. A midi et le soir, un ravier plus ou moins préchauffé de boeuf carotte ou de poulet. Infâme nourriture industrielle ne contenant évidement pas la moindre vitamine. Pas de poubelle, tous les restes sont entassés dans un coin et commencent à se décomposer en attendant qu’un flic daigne venir, une vingtaine d’heures plus tard, avec un sac poubelle. Les végétariens ne reçoivent rien pendant 24h. A midi le deuxième jour, un flic ouvertement anticapitalisme et facho leur amènera du bulgour à peine mangeable, mais évidemment mangé avidement.
A part le berlingo du matin, la seule boisson est l’eau chlorée des toilettes quand nous pouvons aller pisser. Nous devons demander pour aller à la toilette et parfois attendre longtemps qu’un flic daigne prendre le temps de nous laisser aller pisser, un par un.
En 30h, nous ne verrons le ciel que lors des 5 minutes nécessaires pour répondre "je n’ai rien à déclarer" à toutes les questions de notre audition.
Renseignements
Certaines auditions sont expéditives, le flic se contentant de poser 3, 4 questions et de noter que nous n’avons rien à déclarer, d’autres durent plus longtemps, les questions se répètent et varient. Mais nous nous en tenons à notre absence de déclaration. C’est surtout en-dehors des auditions, lors des trajets dans le couloir et des prises d’empreinte que les flics essayent d’obtenir des informations, lors de discussions informelles : une question importante au milieu d’autres sans intérêt, un peu de flatterie ou de provocation. Un d’entre nous constatera que les flics lillois sont au courant de son arrestation et des données récupérées (photos, empreintes) deux mois plus tôt, lors d’une arrestation en Belgique. Le fichage européen existe et se porte bien.
Enjeu et processus de libération
A notre arrivée, la plupart d’entre nous refusent de donner leurs empreintes. Après quelques pressions, notamment sur les peines encourues pour ce refus, les flics arrivent quand même à en prendre certaines. A part l’heure de notre libération, c’est le seul enjeu de cette garde-à-vue. Enjeu discutable d’ailleurs, certes cela permettrait de ne pas être obligé de devoir porter des gants lors des actions où nous pensons pouvoir rester anonymes. Mais objectivement, le port des gants est une précaution, une pratique que nous devrions intégrer systématiquement.
Quoiqu’il en soit, lors de notre garde-à-vue, c’est ce point qui a cristallisé la tension. Après le premier passage devant les flics de la technique, une quinzaine de personnes sur les 26 ont refusé de donner leurs empreintes. Pour les obtenir, les flics n’auront même pas à se mouiller trop, ils laisseront simplement opérer les conditions de notre détention, un isolement croissant des détenus et notre fatigue.
2 personnes sont libérées à minuit, après 18h d’enfermement. Vers 4h du mat’, un flic arrive et donne la liste des personnes dont la détention est prolongée. Avant l’action nous pensions que si nous arrivions à éviter toute dégradation et tout outrage, ils ne pourraient pas prolonger notre garde-à-vue (qui est de 24h, reconductible une fois). Erreur, le procureur a tout pouvoir et décide de prolonger pour plusieurs d’entre nous.
Douze personnes, donc certaines n’ont pas donné leur empreintes, sont libérées à 7h. Choix complètement arbitraire. Douze autres qui n’ont pas donné leurs empreintes restent en détention. C’est là que notre volonté se fissure. Nous ne sommes plus très nombreux, trois d’entre nous savent que les flics ont déjà leur empreintes, et la perspective de passer encore une nuit dans cette cage est difficile à accepter. On discute et à 10h lorsque nous repassons à la technique, il n’y a plus que deux personnes qui refusent de les donner, avant de céder un peu plus tard. A 13h, certain.e.s commencent à sortir, les dernier.e.s seront libéré.e.s à 17h, après 34h de détention.
Techniques de résistance à l’enfermement
Pour que cette expérience d’enfermement ne soit pas uniquement négative, il est important de voir les enseignements que nous pouvons en tirer, de voir comment nous pouvons mieux nous préparer pour la prochaine fois. Tentative subjective à compléter...
Au-delà des conditions physiques de détention, c’est l’arbitraire et l’isolement qui ont le plus pesé sur nous, sentir que des individus ont tout pouvoir sur nous. Pouvoir de nous interdire nos besoins fondamentaux, de nous isoler complètement, de décider, dans un certain laps de temps, de notre libération, voire d’utiliser la contrainte physique. C’est là que notre capacité de rébellion est réduite à peau de chagrin. L’isolement, c’est l’isolement par rapport à l’extérieur, ne jamais savoir ce qu’il se passe dehors, si on essaye de nous faire sortir et comment, mais aussi l’isolement à l’intérieur, moins nous sommes nombreux, plus la résistance est difficile.
Par rapport à cela, on ne peut quasiment rien faire. Juste se préparer mentalement. Nous savions que nous risquions 48h de garde-à-vue, mais nous n’étions pas partis de cette durée-là. Nous espérions être libéré.e.s avant, et les libérations progressives n’ont fait que renforcer cet espoir, dangereux en cas de détention. Partir du pire pour être le plus fort possible.
Être fort : Même si cela est rarement possible, passer une bonne nuit de sommeil avant d’aller en action est un avantage énorme pour résister aux pressions en tous genres lors de la garde-à-vue. Notre nuit blanche a lourdement pesé, notamment en enlevant à la plupart d’entre nous l’énergie nécessaire pour faire des exercices durant la détention, exercices qui permettent de s’occuper, de ne pas penser, de garder une possibilité d’action.
Arriver à soustraire un maximum d’objets lors de la fouille : il est relativement simple de dissimuler des petites quantités de tabac, feuilles à rouler et briquets. Essayer aussi d’emmener une pièce de monnaie ou tout autre petit morceau de fer. Cela permet de s’occuper en écrivant des graffitis sur les surfaces en plâtre, voire d’y reproduire le damier d’un jeu de dames. A défaut de morceau de métal, les manches des cuillères en plastique peuvent être utilisées à cet effet.
Physiquement, des étirements ou des massages permettent de se détendre, de se relaxer. Ils sont aussi nécessaires avant tout exercice physique comme des pompages ou des abdominaux : travailler notre puissance physique avec des tensions musculaires renforce ces tensions.
La voix est extrêmement importante. Lorsque nous chantions des chants révolutionnaires et subversifs, l’ambiance dans la cellule changeait complètement. Une certaine joie était là. A certains moments, nous avons commencé des genres de "chants grégoriens", juste laisser sortir des sons, une part de la tension en nous. Par rapport aux chansons, ça a le mérite d’être accessible à tout le monde. Si la rage peut être intéressante à garder pour tenir le coup, elle peut aussi être négative, nous faire approcher de la rupture émotionnelle. Dans ce cas, crier un bon coup, faire quelques exercices ou frapper dans un mur permet de l’évacuer. Enfin, il faut utiliser la parole. Avoir une bonne discussion nous permet de mieux nous connaître et nous sort de l’enfermement. Lorsque l’on se sent à la limite ou qu’on a l’impression que quelqu’un.e s’en approche, il faut parler, cela permet de relativiser la situation, de se nourrir de l’énergie des autres et de retrouver de la force.
No nation No border Fight law & order !
Sources : http://lille.indymedia.org/article16880.html
COMMUNIQUÉ NO BORDER DU 28 JUIN 2009
Après la psychose créée de toutes pièces par les autorités et les médias à l'approche du camp No Border, le dispositif sécuritaire déployé cette semaine a été proprement hallucinant. Omniprésence policière dans une ville pourtant peu épargnée, contrôles d'identité, arrestations pour diffusion de tracts, poursuites, survol quasi permanent du camp par un hélicoptère...
À l'occasion de la manifestation du 27 juin, l'arsenal répressif a encore été alourdi (canons à eau, police montée, policiers bloquant les rues...). Toutes les personnes quittant le camp pour rejoindre le phare de Calais, lieu de départ officiel de la manifestation, ont subi une fouille corporelle, et des objets aussi dangereux que des coupe-vents (!) ont été saisis. Le déplacement groupé du camp vers le phare avait été négocié avec la sous-préfecture. Cependant, plusieurs barrages ont été établis par les forces de l'ordre afin de nous dérouter, de nous retarder, voire de faire dégénérer la marche...
La manifestation a pourtant été une réussite. Malgré les frustrations accumulées, le parcours dénaturé par les autorités, l'interdiction d'approcher le Centre de Rétention Administrative de Coquelles ou tout autre lieu symbolique de la répression des flux migratoires, nous n'avons pas cédé aux provocations policières. Précisons aussi que les riverain-e-s n'ont pas été dupes du délire sécuritaire et qu'ils/elles ont noué des contacts avec nous dès l'installation du camp.
Nous pouvons légitimement nous interroger quant à l'impact du dispositif sécuritaire. Celui-ci a sans doute poussé certaines personnes, au premier rang desquelles les migrant-e-s, à ne pas oser participer à la manifestation. Ces dernièr-e-s nous ont d'ailleurs fait part de menaces, directement émises par les forces de l'ordre, de destruction immédiate de la « jungle » et d'arrestations s'ils/elles participaient à la manifestation.
L'arsenal sécuritaire avait surtout pour but de créer un climat de peur sur Calais. Malgré les dénégations du sous-préfet Gavory, nous redoutons que les autorités n'aient utilisé le prétexte No Border pour rassembler des cohortes de policiers et de militaires sur la ville, afin de procéder à la destruction de la « jungle » annoncée par le ministre Besson, et qui semble imminente.
Plus que jamais, nous appelons à la solidarité sans frontières. La réussite d'une initiative collective comme le camp No Border est une nouvelle étape vers une résistance transfrontalière permanente contre toutes les entraves à la liberté de circulation et d'installation de tout-e-s les individu-e-s.
NO BORDER, NO NATIONS ! STOP DEPORTATIONS !
PAS DE FRONTIÈRES, PAS DE PATRIE ! ARRÊT DES EXPULSIONS !
27 juin 2009
Nouvelle du Camp
Jeudi 25 juin, lors de la tentative de manifestation-distribution de tracts à Calais boulevard Lafayette, parmi la horde policière,
un spécimen policier des plus détestable était présent : look racaille, foulard à tête de mort, sweat à capuche Londsale (marque portée par les skinheads, que ce soit par les fascistes ou nos camarades antifascistes), flashball dégainé... C’est un flic de la BAC.

Sources : Noborder numéro 3
Nouvelle du Camp
Samedi 27 juin 2009 :
09h35 :
Après une nuit dans un camp assiégé par les flics, nous partons vers le phare de Calais, début prévu de la manifestation.Sauf que nous n'avons même pas fait 200 metres dans la zone pavillonaire que nous sommes bloqués par un important barrage policier. :-(
On nous annonce qu'afin de pouvoir passer, nous allons tous subir une fouillés...Maintenant, sachant que nous sommes plus de 500, qu'il n'y a que deux flics pour faire les vérifications, et que ça prend au moins une minute par personne, pourrez vous nous dire si nous pouurons rejoindre la manif lorsqu'elle fera son deuxième passage par le phare ?
10h05 :
Finalement, quelques flics se sont mis en renfort pour fouiller les manifestants, et nous avons pu enfin repartir vers le phare, où nous attendraient déja plus de 2000 personnes.Quoi qu'il en soit, cet arret nous aura encore permis de discuter avec quelques voisins, toujours aussi solidaires face à un déploiement policier aussi disporportionné...Au passage devant les HLM près du centre commercial Mi-Voix, les manifestant crient aux habitants nous regardant aux fenêtres de nous rejoindre.Le centre commercial est bien ouvert (tiens, ils n'ont pas suivi les consignes de madame le Maire), mais un des "cars de ramassage" parisiens est garé bien en évidence sur le parking...
Arrivé au phare d'ici 30 ou 45 minutes.
11h25 :
On se demande si les flics regardent le plan de la ville à l'envers ou s'ils cherchent vraiment à ce que tout dégénère...Alors que nous aurions pu prendre un chemin assez direct et relativement sûr de leur point de vue (avec très peu de commerce), ils nous font prendre tout une série de chemins détournés....Le pire, c'est qu'arrivés pres du début de la rue Molien, presque vers
le lieu de la distribution des repas de midi (en fait plutot vers 14h, ce qui explique qu'il n'y a actuellement personne), les flics nous
forcent faire un détour et passer juste au contact de la maison des éclusiers (le squat des érythréens), puis nous reforcent à rejoindre la rue Molien, alors que d'ici, il faut prendre un pont pour rejoindre directement le phare...Encore pire, ils nous bloquent quelques dizaines de metres plus loin... Assez violemment, puisques les BAC balancent quelques coups de matraques
sur les premiers rangs, qui cherchent à passer.Après quelques minutes d'arret, les flics nous repoussent jusqu'en face du pont qui reste cependant bloqué ! Nous sommes donc devant le squat des érythréens, dans une situation très tendue, car les flics sont au contact de la maison et entravent les déplacements aussi bien des manifestants que des érythréens...
12h00 :
Bon, on dirait que les flics lillois ont enfin compris qu'ils étaient encore en train de lire le plan de Lille, et qu'ils ont eu la bonne idée de demander aux gens de l'hélicoptere de leur indiquer le bon chemin...Nous sommes donc enfin arrivés au phare, où nous attendent les autres manifestants. Pas 2000 comme je l'avais malheureusement dit, quand même pas loin d'un millier.Après une petite prise de parole pour décrire au autres les conditions de notre parcours. nous partons directement pour la manifestation
officielle. Au delà des barrières, loin de nous, une bonne centaine de Calaisiens nous regardent.
14h30 :
Fin de manif.
Avec dispersion au phare, alors que nous devions aller jusqu'aux ferries. La longueur du trajet, le soleil de plomb, et probablement le désir de ne pas se retrouver dans une souricière si nous continuions jusqu'aux ferries comme cela était prévu.Prises de paroles, avec nottement un migrant afgham et une personne de Calais qui héberge un migrant.Maintenant, puisque nous n'avons pas accès aux restaurants locaux,il ne nous reste plus qu'à retourner au camp.En Espàrant que les flics nous permettent un retour moins tumultueux que l'aller...
Stay tuned...
Jacques.
26 juin 2009
Nouvelle du Camp
Jeudi 25 juin 16h15 :
Une petite manifestation était prévue en ville cet après midi, avec le seul but de faire un petit peu de bruit (sans meme de sono) et diffuser des tracts invitant à participer a la manifestation de samedi. Partis de la place crevecoeur, notre petite cinquantaine de
personnes étaient à peine arrivés sur l'avenue Lafayette, que plusieurs camions de CRS s'arrétaient sur la rue et se mettaient à nous poursuivre. Sans aucune des sommations d'usage ! Dans la poursuite au moins une dizaine de personnes on été arrétées et
embarqués dans les fourgons. Ce déchainement policier, avec même l'helicoptere de la police au dessus de nous, ne peut que surprendre dans la grande rue commercante de Calais.Surprendre et faire peur même, puisque devant moi un couple de
personnes agées passent en courant, en disant "partons vite, avant qu'on se fasse blesser"...
Tiens, un des cars de "ramassage" Parisien est même présent à Calais pour emmener les prisonniers au poste...
Stay tuned...
Jacques.
17 juin 2009
CALAIS: MANIFESTATION TRANSNATIONALE POUR LA LIBERTE DE CIRCULATION
Nous appelons à une manifestation transnationale à Calais le Samedi 27 juin.
Cette manifestation appelle à la liberté de circulation et à l'abolition des contrôles migratoires
Entre 800 et 1000 migrants sont présents en permanence à Calais, essayant de traverser la Manche, subissant un acharnement policier constant.Ces migrants sont persécutés parce qu'ils n'ont pas les bons papiers, ou, dans la plupart des cas, pas de papiers du tout, parce qu'ils sont « sans-papiers ».Les sans-papier de Calais ne sont que la partie visible de l'iceberg : on estime à 200.000 leur nombre en France, 1 million en Angleterre et combien de millions dans toute l'Europe ?Tous les sans-papiers sont confrontés aux mêmes défis : vivre et travailler sans être exploités, persécutés et sans craindre ni arrestation ni expulsion.Le réseau No Border réclame un monde sans papiers, où chacun peut vivre là où il l'a choisi.Le trajet de la manifestation est l'inverse de la route que prennent les migrants chaque jour, depuis Coquelles où ils sont retenus, jusqu'au Phare de Calais où a lieu la distribution de nourriture journalière.
Nous appelons tout individu et tout groupe luttant pour le droit des migrants à signer cet appel et à participer à cette manifestation.
Cette manifestation fait partie du camp No Border ayant lieu à Calais du 23 au 29 juin 2009
Rendez-vous à 10h au Phare de Calais, Boulevard des Alliés – samedi 27 juin 2009.
Premiers signataires:
AC !Région 59/62 - ALTERNATIVE LIBERTAIRE- AGIR POUR LA CITOYENNETÉ AU MAROC - ASSOCIATION POUR LA CITOYENNETÉ EN ALGÉRIE – ATTAC ROUBAIX TOURCOING- BÜRENGRUPPE PADERBORN (ALLEMAGNE) - CHICHE! LILLE - COMITÉ DES SANSPAPIERS59 - CONFÉDÉRATION NATIONALE DU TRAVAIL - COORDINATION DES GROUPES ANARCHISTES - ELAF 81 - FÉDÉRATION ANARCHISTE – FEDERATION NATIONALE SUD SANTÉ SOCIAUX- FEDERATION SUD ÉTUDIANT-E – FEDERATION NATIONALE SUD EDUCATION- Les ALTERNATIFS- LES FLAMANDS ROSES - GROUPE D'ANARCHISTES DE LILLE ET ENVIRONS - MARÉE NOIRE - MÉMOIRE VIVE-MRAP DUNKERQUE – MJCF - NO-RACISM.NET - NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE – REGION 59/62
METTALLURGIE CGT - RÉSEAU NO BORDER UK - RESF / UCIJ 84 – RUSF Lille - SGAD ESTERRA- SUD CONSEIL GENERAL DU NORD - SYNDICAT NATIONAL DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR FSU Littoral - SYNDICAT UNIFIÉ DU BÂTIMENT/CNT 68 – TERRE D’ERRANCE NORRENT-FONTES- UNION LOCALE CNT LILLE - UNION SYNDICALE de la PSYCHIATRIE-. UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
Plateforme unitaire d’appel à la Manifestation du 27 juin à Calais
Liberté de circulation et droit d'installation pour toutes et pour tous
Pour les droits des migrants
Contre le délit de solidarité:
Abrogation de toutes les lois scélérates, répressives et sécuritaires !
Régularisation de tous les sans papiers !
nous revendiquons la liberté de circulation et le droit d'installation pour toutes et pour tous,
nous refusons la répression faite aux migrants et à tout le mouvement social,
nous combattons la guerre et la misère qui sont les causes principales de l'exil,
nous dénonçons la politique du gouvernement des pays d'origines, complices de l' Europe forteresse de Schengen,
Nous exigeons la fermeture de tous les centres de rétention,
nous demandons la disparition du ministère de l'identité nationale.
siteweb : http://calaisnoborder.eu.org
contact: contact@calaisnoborder.eu.org
16 juin 2009
Appel pour un camp No Border à Calais du 23 au 29 juin
Le camp No Border de Calais est un projet mené par des militantEs françaisES et belge, et des groupes de soutien français en coopération avec le réseau No Borders britannique. Il vise à mettre en lumière la situation à Calais et dans le nord de la France, construire des liens avec les communatés de migrantEs, contribuer à développer les liens entre les groupes qui les soutiennent, et enfin défier les autorités sur le terrain pour protester contre la répression croissante contre les migrantEs et les militantEs de la région.
Le camp revendique la liberté de circulation pour tous et toutes, la fin des frontières et des contrôles migratoires. Nous appelons à un mouvement radical contre les systèmes de contrôle qui nous divisent entre citoyenNEs et non-citoyenNEs, entre avec et sans papiers.
Pourquoi Calais ?
Nous avons choisi Calais pour deux raisons essentielles. C'est un lieu important dans l'histoire du développement des contrôles migratoires et depuis longtemps un goulet d'étranglement pour celles et ceux qui cherchent à se rendre en Grande-Bretagne. C'est surtout un lieu d'affrontement entre ceux qui veulent stopper toute migration vers l'Union Européenne et ceux qui luttent pour détruire les barrières entre les peuples, les frontières qui empêchent la liberté de circulation pour tous et toutes, et non pour quelques privilégiéEs.
Depuis le milieu des années 90, des dizaines de millier de migrants ont vécu à Calais sans aucune ressource, contraints de dormir à la dure dans la “jungle” dans l'espoir de pouvoir un jour traverser la Manche vers l'Angleterre. En 1999 la Croix Rouge a ouvert un centre dans la ville voisine de Sangatte, mais celui-ci a du fermer sous la pression conjuguée de la France et de la Grande-Bretagne. Depuis, une présence policière et une répression renforcées obligent des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants à errer dans la région de Calais et le long des côtes du Nord de la France, de la Belgique et des Pays-Bas. Ils et elles sont régulièrement brutaliséEs par la police, victimes de gaz lacrymogènes, battuEs, arrêtéEs et enferméEs régulièrement au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Coquelles. La police brûle régulièrement leurs abris et les maigres possessions qu'ils contiennent. Les groupes qui les soutiennent en leur fournissant des repas et de l'aide humanitaire subissent une répression croissante par la police et plusieurs militantEs ont été arrêtéEs ces derniers mois. Pendant ce temps, le ministre de l'immigration Phil Woolas a appelé à la construction d'un centre de rétention permanent à l'intérieur du Port de Calais.
La partie la plus visible de l'iceberg
Calais n'est pourtant qu'une petite partie de l'ensemble des contrôles migratoires européens, une frontière interne majeure au sein du système hi-tech des frontières européennes. Depuis le début des années 2000, l'UE s'emploie à construire “l'Europe Forteresse” en externalisant ses frontières en Asie et en Afrique avec des patrouilles frontalières en Méditerranée, en Lybie et sur la côte Ouest de l'Afrique grâce à l'agence Frontex (Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures), et via sa politique extérieure qui permet de payer des Etats, de l'Ukraine jusqu'au Maroc, pour effectuer à sa place le travail de prévention de l'immigration.
Les droits des migrants sont aussi ceux des travailleurs
A travers ce système de contrôle aux frontières, les autorités créent deux sortes de migrants: une minorité de migrants “qualifiés”, considérés comme “utiles” à l'état, et une majorité de travailleurs sans papiers, à laquelle aucun droit n'est garanti et qui se retrouve donc exploitée à loisir sur le marché du travail. C'est pourquoi notre combat pour la liberté de circulation est également un combat pour les droits de tous les travailleurs.
La solidarité transnationale marche!
Etablir des liens en travaillant ensemble nous permet d'échanger de l'information à un niveau transnational, et ainsi d'exploiter les failles et les fissures de cette “Europe Forteresse”. En novembre dernier, c'est en partie grâce à un effort de solidarité transnationale que la déportation organisée de réfugiés afghans de Calais à Kaboul a pu être empêchée.
Camper et Faire Campagne contre les Frontières
Ce camp s'inscrit dans la tradition des camps No Border organisés à travers le monde depuis les années 90. Comme le camp de Lesbos au mois d'août prochain, ce sera un espace pour partager des informations, des compétences et des expériences, un espace pour préparer et réaliser des actions contre le système des frontières qui nous divise tous et toutes. Depuis des siècles, les puissances impérialistes européennes exploitent la terre, les ressources et les populations de la majorité de la planète pour s'enrichir et devenirs plus puissantes, semant sur leur passage la guerre, la destruction de l'environnement et des inégalités criantes. Tenter le voyage vers le Royaume Uni, c'est lutter contre cette injustice. La situation calaisienne est une conséquence de la politique d'immigration britannique et nous appelons les groupes, réseaux et individus à agir à travers la Manche pour participer au mouvement global de solidarité qui défend leur droit qui défend leur droit à la circulation à travers les frontières.
Egalité des droits pour touTEs!
Personne n'est illégal. Liberté de circulation et d'installation pour touTEs!
http://calaisnoborder.eu.org/
<calais@riseup.net>
http://london.noborders.org.uk/calais2009
Contact à Calais: noborder-groupelocal-calais@hotmail.fr
Source : liste de diffusion zpajol









