28 novembre 2009
Marches des précaires : occupons mairies et bâtiments publics ! Un appel depuis la mairie de Brest occupée
Licenciements, augmentation de la pauvreté, dislocation du service public. La situation sociale est sous tension mais la situation politique est amorphe : aucune journée de grève depuis des mois, peu de mouvements de contestation depuis la rentrée. Voilà plusieurs mois que nous avons commencé à nous organiser, nous, chômeurs, salariés et étudiants contre le mépris que nous subissons. Les diffusions de textes, les occupations et les décontaminations de Pôle Emploi se sont succédées en Bretagne et ailleurs. Et là, interviennent des marches régionales contre le chômage, la précarité et les licenciements au milieu de l’automne, sous la pluie bretonne et dans la grisaille sociale. La marche bretonne ponctuée d’actions, s’étale sur 2 semaines : du 20 au 24 à Brest, du 25 au 26 à Morlaix, du 26 au 28 à Lannion, puis Quimper, Saint-Brieuc la deuxième semaine, pour finir le 5 décembre à Rennes par une manifestation régionale. Appel à occupation ! A Brest, la manifestation du vendredi 20 novembre s’est conclue par l’occupation de la mairie. Cette occupation est intervenue le jour du départ des marches régionales. L’occupation a commencé par une intervention à un colloque organisé à la mairie autour des « questions d’habitat, les acteurs de l’immobilier dans l’agglomération brestoise ». Nous nous sommes rendus à plusieurs dizaines à la tribune pour arracher une prise de parole. Nous avons exprimé notre sentiment de révolte envers les décideurs politiques, les techniciens et les gestionnaires du logement. Ainsi, nous avons élu domicile à l’Hôtel de ville depuis déjà cinq jours. C’est dans ce contexte que nous lançons ce modeste appel à l’occupation des mairies et des bâtiments publics stratégiques. Pourquoi occuper ? La précarité touche ou menace chacun d’entre nous, et se réunir pour s’y opposer est essentiel. S’organiser, c’est donc se prémunir de l’isolement, mais aussi combattre la culpabilisation que l’on nous fait endosser. Là où les salariés disposent de locaux syndicaux, nous, précaires, ne bénéficions d’aucune salle pour nous organiser. C’est une manière de préserver notre motivation, pour continuer la lutte et la vivre tous ensemble, 24h/24h. Occuper pour avoir un lieu, un lieu qui permet à chacun de se renseigner, de participer, de nous rejoindre. Occuper pour agir vers l’extérieur, la ville, ses Pôle Emploi, sa CAF et ses hauts lieux du contrôle social. Pourquoi la mairie ? Parce que notre collectif n’est pas reconnu administrativement et ne peux pas réserver la salle municipale, telle que la maison du Peuple ou la maison des syndicats. Parce que quand bien même nous disposerions de l’autorisation de louer la salle des syndicats, nous ne sommes pas disposés à payer 100 euros afin de rendre public un débat évité par les dirigeants de la société. La mairie, c’est le lieu central par exellence, celui qui rend visible au plus grand nombre notre mobilisation. Comme dans ce monde, il n’y a pas de logement pour tous, nous occupons la maison commune, la maison de toutes et tous. Nous nous approprions un lieu mais surtout des moments de vie, arrachés au sinistre système marchand. Qu’est ce qu’occuper ? Occuper c’est rompre la morosité ambiante. C’est assurer un point d’accueil à la journée pour les chômeurs et les précaires. Une permanence quotidienne où nous précaires, radiés de Pôle Emploi, aux allocataires du RSA obligés de payer la taxe d’habitation (dispensée précédement aux personnes recevant le RMI) pouvons venir exposer nos problèmes spécifiques, trouver une réponse collective et s’organiser en conséquence. Occuper c’est s’organiser collectivement : Assemblées Générales, préparations d’actions. Occuper c’est créer. Créer un lieu de convivialité avec ses joies, ses peines, ses tensions... bref des émotions partagées au cours des repas collectifs, des ateliers (projection, écriture...) et des éprouvantes nuits de sommeil. Ah ! quel bonheur lorsque la vie remplace la gestion ! Notre objectif. Nous cherchons à amplifier le mouvement des précaires, des humiliés et insoumis. Cette occupation de la mairie ne suffit pas. A Brest, elle ne sera que temporaire mais elle en appelle à d’autres occupations. Que se succèdent les occupations pour engager un rapport de force avec les pouvoirs publics. Le gouvernement doit prendre acte, des précaires s’organisent et entendent ne rien lâcher. mail : reseaudesluttes.brest@gmail.com Le collectif "en marche contre l’injustice sociale" de Brest
21 novembre 2009
Solidarité aux inculpés du G8 de Gênes 2001
Pourquoi nous avons occupé l’Institut Culturel Italien de Paris.
Aujourd’hui vendredi 20 novembre 2009, après un rassemblement place de la République à 17h30 où un dispositif policier à peine croyable était déployé pour une centaine de personnes (invasion de la place par les policiers, longues files de camionnettes postées au début de chaque artère…), nous avons occupé l’institut culturel italien. Nous sommes intervenus à l’issue de la projection d’un film de Pontecorvo (Ritorno ad Algeri) et avons investi pendant plusieurs heures la grande salle. Sur cette base d’action collective de lutte, nous désirons lancer une campagne d’information contre la sentence prononcée le 9 octobre en appel contre dix inculpés du G8 de Gênes 2001, des peines exorbitantes qui dépassent toutes les limites en matière de répression de la contestation sociale. 8 à 15 ans de prison pour des faits de destruction et de violence de rue.
Nous voulons, contre ce jugement inique, envoyer un signal à nos camarades italiens par notre présence dans ce lieu symbolique, ambassade culturelle de l’Italie qui se trouve, de plus, être directement territoire italien. Nous voyons aussi que ce jugement, s’il se signale par son extravagance, prend place dans un cortège de décisions judiciaires et d’actions policières ultra-répressives et violentes dans toute l’Europe. Car si le programme de l’État libéral a longtemps été hypocritement « Tout ce qui n’est pas illégal est permis », aujourd’hui, il affirme franchement « Tout ce qui n’est pas expressément autorisé est illégal ». Les formes de conflit, de révolte variées dont le contre-sommet de Gênes a été un moment important doivent être étouffées.
RESISTONS A LA REPRESSION !
Assemblée générale dimanche 22 à 17 heures au CICP
21ter rue Voltaire, M° Rue des Boulets, Paris.
http://nog8france.blogspot.com/
06 novembre 2009
LA PRISON TUE !
05 novembre 2009
LA JUSTICE ITALIENNE
LE 9 OCTOBRE 2009, LA JUSTICE ITALIENNE a condamné en appel 10 inculpés du contre-sommet du G8 de Gênes de 2001. Ils ont reçus, pour « destruction et saccage », de très longues peines de prison ferme.
CARLO A. : 8 ANS
CARLO C. : 8 ANS
MARINA C. : 12 ANS ET 3 MOIS
LUC F. : 10 ANS ET 3 MOIS
ALBERTO F. : 10 ANS
INES M. : 6 ANS ET 6 MOIS
FRANCESCO P. : 15 ANS
DARIO U. : 7 ANS
ANTONIO V. : 8 ANS
VICENZO V. : 13 ANS ET 3 MOIS
Ce procès arrive 48 heures après celui de 45 policiers où 15 seulement ont été condamnés à des peines très légères. Ont été acquittés le préfet Ganni De Gennaro, alors chef de la police ainsi que d?autres membres de
la hiérarchies qui ont dirigé la répression à Gênes en juillet 2001, bien que la justice ait considéré comme illégale la charge de la police ayant engendré les plus violents affrontements. La répression a fait un mort, Carlo Giuliani, 23 ans, tué par balles lors de cette charge, plusieurs centaines de blessés, des violences dont les plus fortes ont eu lieu à l?école Diaz où était installé le centre de média indépendant et où dormaient 307 manifestants qui ont été arrêtés puis séquestrés
pendant trois jours dans la caserne du Bolzaneto, subissant sévices et humiliations.
LES JOURNEES DE GENES ont vu la réunion pratique et puissante d?une opposition à la réunion des chefs d?Etat de la planète, et plus généralement à l?ordre économique mondial. Réunion internationale, forum social : 300 000 personnes se sont réunies à la manifestation du 20 juillet malgré la militarisation et le verrouillage de la ville. HUIT ANS APRES, CE 9 OCTOBRE, les peines prononcées sont très, très lourdes. La disproportion est éclatante entre les chefs d?inculpation qui touchent des destructions de biens matériels et ces cent années de prison au total. Ce n?est pas telle ou telle action individuelle, telle ou telle personne que la justice italienne punit. C?est l?ensemble des événements politiques du contre-sommet qui se trouvent sanctionnés. Ces 10-là paient pour toute l?action collective, pour tout le mouvement
social et politique qui a eu lieu à Gênes. Cette décision de justice ressemble à un grand signal de terreur pour toutes celles et ceux qui contestent l?ordre social. Elle poursuit la répression sauvage du contre-sommet. Ces procès sont la deuxième vague de vengeance de l?Etat italien. Pour que la lutte contre l?injustice sociale et les rapports économiques sauvages, les conflits qu?ils génèrent soient cantonnés dans des formes invisibles, aseptisées qui ne gênent pas réellement l?ordre établi. La tolérance du pouvoir envers les formes de révolte non autorisées n'a cessé de diminuer et, alors que la conflictualité sociale tend à s'aggraver, ces condamnations marquent un nouveau pas dans le délire
répressif en cours en Italie comme ailleurs. Notre pays ne manque lui aussi pas d'exemples dans ce domaine, comme le montrent les récents évènements de Poitiers (une manifestation anticarcérale ayant débouché sur le bris de quelques vitrines) après lesquels un homme a été condamné à quatre mois de prison ferme « pour jet de pile » sur la police, puis
un autre interpellé lors d'une manifestation de soutien consécutive pour avoir comparé publiquement l'officier de police à un collabo célèbre.En dehors du fait que les condamnations de Gênes dépassent toutes les bornes de l'entendement, et demeurent même sans commune mesure avec les peines les plus dures infligées pour ce genre d'actes, elles sortent
totalement des règles les plus ordinaires du droit pénal. Les personnes condamnées se voient infliger, pour quelques dégâts matériels (des bris de vitrine), des peines que nombre de meurtriers ne purgeraient pas. Dans ce cas, comme dans ceux où il maquille des assassinats sous des accidents de la route, comme à Villiers-le-bel, ou à Fréjus récemment,
l'Etat réprime en faisant fi des règles qu'il s'est lui même imposé. Quand il protège les siens contre les poursuites judiciaires que des affaires de corruption ou de moeurs pourraient entraîner, il outrepasse également la légalité. C'est que le droit est traversé par les rapports de forces qui existent au sein de la société, et que parfois il n'a pas eu le temps de s'adapter aux nouvelles pratiques de la domination, alors sa sacro-sainte indépendance est violée, mais cela fait bien longtemps que ce n'est plus une sainte-nitouche..... La plupart du temps, le droit s'adapte, et en nos temps de répression
tous azimuts, cela donne les législations antiterroristes, qui permettent de torturer des Irakiens, ou d'enfermer des épiciers
communistes. Si la justice a été un temps garante des libertés individuelles contre l'arbitraire de l'Etat, aujourd'hui elle n'est plus qu'un des accessoires entre les mains de l'arbitraire étatique, qu'il utilise selon ses humeurs. Ceux qui quémandent auprès de l'appareil judiciaire un peu de justice sociale, prennent cette bureaucratie de tribunaux et de prisons pour la garantie d'un monde d'amour et de paix, ceux qui préfèrent manifester entourés de « gardiens de la paix » plutôt
qu'aux côtés de briseurs de vitrines ne font que retarder un peu l'émancipation des exploités par eux-même.
Aujourd'hui, alors que nos camarades italiens sont persécutés par l'Etat berlusconiste depuis huit ans, mettons tout en oeuvre pour qu'ils cessent d'être poursuivis, et que ce genre de condamnations ne se reproduise plus.Nous appelons à ce qu'une solidarité en actes se manifeste un peu partout contre ces procès intolérables. Nous appelons à ne pas céder à
l'intimidation et à ne pas oublier qu'ici comme ailleurs, le pouvoir à de bonnes raisons lui aussi de trembler. Nous appelons ainsi à participer à la MANIFESTATION DU 8 NOVEMBRE CONTRE LES PRISONS.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
POUR ORGANISER DES ACTIONS FACE À LA RÉPRESSION
MARDI 10 NOVEMBRE À 18 HEURES AU CICP
Sources : resistons_ensemble@rezo.net
Pour consulter le site: http://resistons.lautre.net/










