La Liberté S'exprime

Ce blog informe et témoigne sur les luttes et révoltes actuelles ou non. . Après tout, chacun est libre de s'exprimer, parait-il - avant qu'on nous l'enlève totalement

31 mars 2009

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Pour que le vent emporte l'OTAN - 3,4 et 5 Avril 2009

Pour que le vent emporte l'OTAN !

Les 3 et 4 avril 2009 les représentants des pays membres de L'OTAN se réuniront de nouveau pour fêter certes leurs 60 ans de domination, mais surtout afin de mettre au point leur nouveau plan de « défense des libertés » et selon les termes de leurs généraux : « Une grande stratégie pour un monde incertain »...L'OTAN ce n'est pas seulement une organisation militaro-impérialiste chargée de faire régner la terreur parmi celles et ceux qui oseraient s'opposer à la domination americano-atlantiste. Ce n'est pas seulement une organisation qui depuis 1999 intervient à l'extérieur des frontières des pays membres pour des raisons soit disant défensives (« Out-of-Area ») ainsi que dans des conflits où aucun pays membre n'est touché (« Out-of-Defence »), apportant la paix et la démocratie à travers le canon d'un fusil et le viseur d'un bombardier.L'OTAN ce n'est pas seulement des frappes chirurgicales et des dommages collatéraux. Ce n'est pas seulement des massacres de civils comme à Nawabad en Afghanistan ou l'utilisation d'armes interdites par les Conventions de Genève en ex-Yougoslavie (bombes à uranium appauvri et à fragmentation).
L'OTAN ce n'est pas seulement une organisation qui sous couvert d'opérations humanitaires ou de guerre contre le terrorisme, tente d'imposer ses valeurs au prix de destructions et de souffrances qui favorisent l'émergence de résistances et d' ennemis qu'elle prétend combattre par la suite.L'OTAN aujourd'hui c'est avant tout une organisation politique qui au nom de la « sécurité collective globale » se sert de la guerre et de sa puissance militaire pour défendre et imposer les intérêts (privés) de quelques riches et puissants (occidentaux) au sein de leur mondialisation capitaliste !
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Vers une globalisation de la sécurité

Afin d' assurer la sécurité de cette mondialisation et de légitimer l'extension de son rôle d'organisation collective de défense, l'OTAN cherche à amalgamer les concepts de sécurité intérieure et extérieure en mettant en avant d'hypothétiques ennemis et de potentielles sources d'insécurités : Instabilité dans des pays autour de la zone euro-atlantique justifiant le déploiement de soldats sur nos territoires. Afflux de réfugiéEs (politiques, climatiques,...) entrainant un renforcement des frontières.
Trafic d'armes ou de technologies nucléaires, biologiques et chimiques. Hacktivistes ou cyber-terroristes.
Quant à la question de savoir dans quelle mesure la politique de l'OTAN ou de ses membres crée elle-même de nouveaux ennemis ou menaces...Terrorisme politique ou religieux, sabotage, crime organisé, les figures emblématiques de l'ennemi, intérieur ou extérieur, peuvent tout aussi bien être étendu a quiconque ne respecterait pas leurs règles du jeu, y compris les migrantEs, contestataires et autres victimes de leur appropriation des richesses. Le concept d'« i-war » est révélateur de cette dynamique : « toute personne ayant accès à l'Internet est une menace potentielle à surveiller » (déclaration finale du Sommet de Riga, 2006).
Petit à petit, l'OTAN s'est attribué un rôle interventionniste sur un territoire de plus en plus grand. La déclaration finale du sommet des chefs de gouvernement du 22 février 2005 concluait ainsi : « Nous comptons bien renforcer le rôle de l'OTAN en tant que forum de consultation et de coordination entre les Alliés sur les questions stratégiques et politiques, et nous réaffirmons son rôle en tant que forum essentiel de consultation entre l'Europe et l'Amérique du Nord sur les questions de sécurité. » Cette vision rend ainsi obsolète toute distinction entre sécurité intérieure et extérieure.

Un outil international de controle des populations

La stabilité de leur modèle d'organisation ne peut être obtenue qu'au travers d'un contrôle social accru : fichage, rétention de données, contrôle des frontières, surveillance vidéo, drones, biométrie, puces RFID (pouvant contenir des données d'identification et lisibles à distance), emprisonnement préventif...Sous couvert d'assurer la sécurité des populations, ces moyens technologiques visent surtout à prévenir tout type de contestation.À l'heure actuelle, la lutte anti-terroriste et la collaboration judiciaire sont principalement des tâches de l'Union Européenne. Avec la création prochaine d'un Conseil des ministres de l'intérieur de l'OTAN, les États-Unis deviendront un acteur important dans la politique européenne de justice.Si jusqu'à présent, les pays européens l'abordaient plutôt comme un problème judiciaire et policier, les États-Unis, eux, considèrent le terrorisme comme un problème militaire. Développer une ligne commune à ce sujet implique l'intégration d'une vision plus militaire, qui pose encore de nouveaux problèmes en matière de défense des libertés.Aussi, les avions-radar AWACS de l'OTAN sont désormais utilisés pour la protection des rencontres au sommet et de manifestations sportives et durant le G8 2007 des avions de combats et des troupes au sol ont été utilisés pour contrôler les manifestantEs.Le concept de sécurité globale défendu par les pays membres permet d'obtenir la docilité sociale et de pousser à une restructuration autoritaire de nos sociétés. Ainsi nous nous retrouvons entraînéEs sur le chemin du totalitarisme, la suppression de la distinction entre police et armée n'en étant qu'une des étapes !
Le sommet des 3 et 4 avril 2009 à Strasbourg sera non seulement l'occasion pour l’OTAN de confirmer sa position actuelle, mais également de définir les futurs rôles que l’organisation pourrait jouer dans les années à venir.Une de leurs priorités actuelles semble être la gestion des risques liés aux changements climatiques et notamment à la raréfaction des ressources énergétiques.

A qui profite la crise environnementale ?

Sous couvert de participer au défi que représente les changements climatiques pour nos sociétés, l’OTAN entend mettre à disposition ses moyens militaires et technologiques au service d'une sécurisation des ressources naturelles que ses membres s’approprient peu à peu.Une montée des eaux remettra en question non seulement l’organisation des frontières actuelles et la répartition des populations mais également les voies de circulation des biens et des ressources énergétiques qu’il faudra alors sécuriser à leur avantage.En effet, l’essentiel reste d’assurer la sécurité de l’approvisionnement en ressources énergétiques nécessaires à la pérennité d’un système fondé sur la sur-consommation.Aussi les pays membres de l'OTAN ne peuvent permettre aux pays producteurs d'énergie d'utiliser ses ressources comme un moyen de pression politique pour remettre en cause leur suprématie.Au risque de lourds conflits, ils font d'ores et déjà pression sur les principaux pays producteurs comme la Russie et l’Iran qui assurent entre autres 60% de la production mondiale de gaz.L’appauvrissement des ressources essentielles (eau potable, terres cultivables, faune, flore et matières premières) et énergétiques occasionnera de nombreux conflits, nul doute que l’OTAN ne manquera pas d’intervenir si ses intérêts sont menacés.Les pays membres ne semblent accorder que peu d’intérêts à la question des futures victimes de ces bouleversements climatiques si ce n’est en se préparant à renforcer le contrôle des frontières, l’OTAN participant déjà activement au développement militaire de FRONTEX (force armée financée par des fonds européens en charge de la gestion des frontières extérieures de l’Union Européenne depuis 2005. Elle intervient même en dehors de nos territoires et dispose de camps de rétention dans tous les pays côtiers méditerranéens, sauf l'Algérie), et en les considérant avant tout comme une menace dont il faut se protéger.En cela l’OTAN ne fait que se préparer militairement à la gestion des conséquences et cherche avant tout les moyens de minimiser au maximum les répercussions et risques que cela représente pour eux. Le problème du changement climatique ne se pose pas en termes écologiques ou sociaux mais uniquement en terme de sécurité, leur propre sécurité.Les pays membres de l'OTAN participent donc au maintien d'un système qui est la cause même du problème !

En avant pour de nouvelles guerres

Lors du sommet des 3 et 4 avril 2009 à Strasbourg, les pays membres discuteront également de la refonte du fonctionnement interne de l’OTAN. À l'heure actuelle, les décisions sont prises à l'unanimité, ce qui implique qu'un seul pays peut bloquer une décision de l'OTAN. Plusieurs propositions ont été formulées pour permettre une « abstention constructive » ou pour introduire un processus de prise de décision à la majorité. Combinée à un financement commun élargi, une telle modification pourrait signifier qu'un pays devrait participer militairement et financièrement à une opération de guerre de longue durée à laquelle il est opposé…
Le lien transatlantique s'avère être un étranglement qui rend impossible tout autre choix politique.L'OTAN exclu ainsi peu à peu toute source d'opposition politique, passant outre les décisions de l'ONU ou même de la communauté européenne. Les discussions au Conseil de sécurité sont réduites à un exercice proforma pour légitimer une décision ou une opération de l'OTAN. Si la Russie ou la Chine, s'y opposent, la tentation est grande d'intervenir unilatéralement dans le cadre de l'OTAN.L'OTAN représente à ce jour 75% de la puissance militaire mondiale. Les pays exclus de l’OTAN seront confrontés à une alliance militaire qui peut les désigner comme un « problème de sécurité » et voudront donc être à même de se défendre. Le résultat probable en sera sûrement une nouvelle course aux armements, nucléaires y compris, et une militarisation à grande échelle des relations internationales.

Du 1er au 5 avril 2009 nous serons donc présents à Strasbourg et nous opposeront à leur « mondialisation par la force » de par la créativité de nos actions résistantes : actions directes, blocages, désobéissances civiles, manifestations, rencontres, débats, village autogéré, centres de convergence, arts autonomes, concerts,...

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30 mars 2009

MANIFESTONS CONTRE LES PIRES POLITIQUES DU SIECLE

Les intermittents et précaires, les étudiants en lutte et le 9ème collectif des sans-papiers sont venus ce lundi matin 30 mars au musée de l'immigration pour interpeller les ministres présents pour inaugurer une nouvelle salle au sujet de la politique qu'ils mènent et que tous subissent, pour exprimer leur indignation, et pour exiger l'arrêt des rafles, des expulsions et la fermeture de tous les centres de rétention.

"Ce musée parlera-t'il de la politique du chiffre et des rafles ?",
"Combien de familles et d'enfants dont les vies sont brisées ?",
"De quelle mémoire ce musée parlera-t'il vraiment ?"
"Arrêt des rafles ! Arrêt des expulsions !" ont-ils scandé, interrompant et annulant l'inauguration pendant qu'une manifestation rassemblant sans-papiers, sans logements, étudiants, chercheurs, enseignants, intermittents et précaires, etc. avait lieu au même moment devant le musée.

Le 9ème Collectif des sans-papiers lance ce même jour cet appel :

MANIFESTONS CONTRE LES PIRES POLITIQUES DU SIECLE
SAMEDI 18 AVRIL DE JOINVILLE LE PONT VERS LE CENTRE DE RETENTION DE
VINCENNES A 14H30

Aujourd'hui une forte délégation du gouvernement vient pour inaugurer la bibliothèque du musée de l'immigration à la tête de laquelle Eric BESSON nouveau ministre du ministère de la honte ex-ministre socialiste converti au sarkozysme.Rappelons que dans cette délégation se trouvent aussi les ministres Xavier DARCOS, Valérie PECRESSE, et Christine ALBANEL tous responsables des pires
régressions sociales et contre lesquels ont aussi lieu maintenant des grèves et des manifestations.En face du musée, à Vincennes, se trouve le centre de rétention où l'année dernière ont eu lieu des révoltes face à la répression des détenus. LE 21 juin, un sans-papiers meurt dans sa chambre, vive émotion parmi les détenus. Le lendemain le Centre part en fumée. Les sans-papiers détenus ont été réprimés, déplacés, et certains inculpés.Aujourd'hui les étrangers continuent à subir la politique du chiffre et de l'arbitraire, à être raflés, enfermés, expulsés, les familles et les vies d'être brisées, celles de tous les sans-papiers, et bientôt aussi de tous ceux qui leur sont solidaires : 28000 expulsions pour défaut de papiers et 5500 arrestations pour délit de solidarité prévues en 2010.Nous dénonçons ce double langage qui consiste à inaugurer un lieu dédié à la mémoire de l'immigration d'un côté, et perpétuer de l'autre les pires politiques et idéologies de ce siècle.Nous dénonçons ce gouvernement qui cherche à criminaliser tous ceux qui s'y opposent.Mais nous sommes chaque jour plus nombreux, et chaque jour plus déterminés, et ne laisserons pas faire.

Manifestons pour dire non aux rafles, non aux centres de rétention, non aux expulsions.

LE SAMEDI 18 AVRIL 2009 A 14H30

MANIFESTATION DE JOINVILLE LE PONT VERS LE CENTRE DE RETENTION DE
VINCENNES, Joinville-le-Pont (RER A)

ARRÊT DES RAFLES, ARRÊT DES EXPULSIONS
FERMETURE DES CENTRES DE RETENTION
REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS

9ème Collectif des Sans-Papiers
9eme_collectif@no-log.org
9emecollectif.net

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Objectif chiffré pour 2010 d’interpellations d’aidants : 5 500

Objectif chiffré de reconduites à la frontière pour 2010 : 28 000
Objectif chiffré d’interpellations d’aidants pour 2010 : 5 500
(source : Loi de finances 2009)

Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit !

Aujourd’hui, en France, il est devenu criminel d’accueillir, d’accompagner, ou seulement d’aider une personne en situation irrégulière…..

Le 18 février 2009, à 7 h 45 du matin, la police frappe à la porte de Monique Pouille, 59 ans, bénévole aux Restos du coeur et à l’association Terre d’errance. Depuis deux ans et demi, cette femme organise les dons de nourriture et d’habits pour les migrants qui errent autour de Calais dans l’espoir de passer en Angleterre. Elle recharge aussi leurs portables. Les policiers lui on dit : "on vient vous chercher pour vous mettre en garde à vue, pour flagrant délit d’aide aux personnes en situation irrégulière".

L’interpellation le 16 février 2009 d’Hamid, un sans‐papier accueilli par la communauté Emmaüs de Marseille Pointe‐Rouge, s’est transformée le 17 février 2009, en opération policière dans cette communauté. Ainsi, sur décision du parquet de Marseille une perquisition a eu lieu dans la dite communauté Emmaüs aux fins de recenser la présence d’éventuels compagnons sans papiers. Dans le même cadre, Kamel un responsable de la communauté a été mis en garde à vue pendant 6 heures le 17 février.

Ces faits s’ajoutent à une liste déjà longue de militants associatifs ou de citoyens ordinaires poursuivis pour avoir manifesté leur solidarité ou agi avec humanité à l’égard de migrants privés du droit au séjour. Alors demain, quels gestes du quotidien seront punis pour remplir les objectifs du Ministère de l’immigration ? Votre médecin sera‐t‐il interpelé pour avoir soigné un sans‐papier malade, ou votre facteur pour lui avoir distribué son courrier ? L’instituteur de vos enfants sera‐t‐il inquiété pour avoir appris à lire à un enfant dont les parents sont en situation irrégulière ?

Nous sommes tous concernés : parce qu’ avant d’être « sans‐papiers », ces hommes, ces femmes et ces enfants sont des personnes en difficulté, isolées et démunies qui ont des droits et il est de notre devoir de citoyen de les aider dans la dignité et le respect dû à chaque être humain.

Alors si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit !

Mercredi 8 avril 2009, à 10h00, devant les palais de Justice de Paris, Lille, Marseille, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Rennes et ailleurs en France, nous serons 5 500 à nous présenter comme prisonniers volontaires, affirmant avoir, un jour, aidé un homme ou une femme sans‐papiers en difficulté. Nous serons 5 500 citoyens décidés à rester des « aidants » !

Si vous souhaitez participer à ces rassemblements, vous pourrez dès vendredi 27 mars vous inscrire sur le site d’Emmaüs France ( www.emmaus‐france.org ).
D’ici là, pour tout renseignement ou pour faire part de votre participation, n’hésitez pas à prendre contact avec Teddy Roudaut :
troudaut@emmaus‐france.org – 01 41 58 25 32

SOYEZ NOMBREUX A NOUS REJOINDRE !!!!

Premières Associations Partenaires :
Emmaüs France / RESF / Fédération Entraide Protestante / Cimade / COMEDE / Gisti / FASTI / UNIOPSS

Source : http://www.delinquants-solidaires.org/

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Appel de la coordination nationale étudiante réunie à Paris 1

Nous, étudiant-e-s mobilisé-e-s, délégués de 39 universités, en lutte depuis mi-janvier sommes réunis ces 28 et 29 mars à Tolbiac Paris I (Saint-Hippolyte) pour la VIe coordination nationale étudiante (CNE). Nous réaffirmons que la CNE, émanation directe des Assemblées Générales qui réunissent des dizaines de milliers d’étudiant-e-s en France, est la seule et unique instance légitime pour représenter le mouvement étudiant dans son ensemble et qu’aucune direction syndicale ou politique ne saurait se substituer à son rôle.

Nous constatons que la mobilisation se poursuit dans les universités. Il est important d’amplifier la grève, mais aussi de l’étendre à d’autres secteurs. De la maternelle à l’université, mêmes attaques, même combat ! Etudiant-e-s, enseignant-e-s, lycéen-ne-s se sont mobilisés pour l’instant tour à tour. Il est temps d’agir tou-te-s ensemble en même temps. Nous appelons aux manifestations communes « de la maternelle à l’université » du 2 et du 8 avril.

Après le 19 mars, nous dénonçons l’attentisme des directions syndicales. La seule stratégie conséquente est la construction de la grève générale qui seule peut nous permettre de gagner sur nos revendications. A cet égard, les organisations syndicales doivent prendre leurs responsabilités et s’inscrire dans cette perspective. Sans attendre, construisons à la base partout un front unitaire réunissant étudiant-e-s, lycéenne- s, salarié-e-s, précaires, chômeur-euse-s organisations et collectifs pour poser des perspectives, notamment par des AG et forums interprofessionnels dans la réalisation concrète d’une véritable convergence des luttes. Nous proposons une journée d’action interprofessionnelle le 7 avril.

Nous dénonçons la tactique du gouvernement qui vise à diviser le mouvement par des effets d’annonce. Nous répondons : Darcos a été obligé de reculer d’un an la mise en place de la masterisation. C’est le produit de la lutte et de la non-remontée des maquettes des diplômes. Mais comme pour le reste, nous ne voulons pas de report mais le retrait. Nos revendications sont claires et plus que jamais nous exigeons l’abrogation de la LRU, l’abandon de ses différents plans d’application et le retrait des décrets qui en découlent :

Plan Campus
Plan réussite en Licence
réforme dite de la « masterisation de la formation des personnels éducatifs »
réforme du financement des universités sur des critères de performance
réforme du contrat doctoral unique
réforme du statut des enseignants-chercheurs

Globalement nous rejetons toute la politique universitaire initiée depuis le processus de Bologne qui impose une même logique de rentabilité et de mise en concurrence des universités sur l’Europe entière (contre-sommet de Louvain les 28 et 29 avril prochains qui s’oppose à ce processus). Cela se traduit concrètement par les différentes mesures contre lesquelles nous luttons actuellement.

Aujourd’hui un-e étudiant-e sur deux est contraint de se salarier pour financer ses études. Avec la destruction du système d’aide sociale, le démantèlement des CROUS (rapport Lambert) et du planning familial, la dégradation des conditions de vie va encore s’aggraver. Aussi, nous réclamons l’augmentation en nombre et montant des bourses sur critères sociaux et leur indexation sur le coût de la vie ainsi que la construction massive de logements sociaux.

Nous demandons également le retrait immédiat du projet de loi sur les prêts étudiants qui ouvre la porte à une augmentation des frais d’inscription. Toute forme de sélection à l’université est inacceptable. Nous réaffirmons notre attachement à un système éducatif totalement public, gratuit, laïc et accessible à tou-te-s. La mission de l’université ne doit pas être la marchandisation du savoir, ni une professionnalisation à outrance, mais bien la diffusion de connaissances et la promotion de l’esprit critique, et la délivrance de diplômes de qualité reconnus par les conventions collectives donnant accès à des droits sur le marché du travail. Face aux mouvements sociaux en cours, la seule réaction des dirigeant-e-s est le déploiement d’un arsenal sécuritaire particulièrement violent (vigiles, forces de l’ordre sur les campus, arrestations massives, contrôles d’identités, fichages...) et la criminalisation de la contestation. Nous appelons au soutien de tout-e-s nos camarades victimes de la répression policière, judiciaire et administrative et à l’abandon de toutes les poursuites engagées, ainsi qu’à la création de collectifs de soutien.

Parmi les plus touché-e-s par ce système oppressif, se trouvent aussi en première ligne les sans-papier. Nous soutenons leur lutte et exigeons la régularisation immédiate et inconditionnelle de chacun-e d’entre eux/elles.

La coordination nationale appelle tou-te-s les étudiant-e-s à continuer la grève jusqu’à satisfaction, à la radicalisation, à l’extension du mouvement et :
à amplifier les blocages d’universités, à tenir des piquets de grève en continu ou, à défaut, les jours de mobilisation nationale
au blocage économique
au blocage des CA Nous appelons à la participation aux journées :
du 2 avril, manifestation nationale de la maternelle à l’université appelée par la CNU
du 7 avril, journée d’action interprofessionnelle
du 8 avril, manifestation nationale de la maternelle à l’université appelée par la CNU

La prochaine CNE se tiendra à Orléans le 4 et 5 avril.

De : SUD-Étudiant

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28 mars 2009

Lundi 30 mars: inauguration honteuse au musée de l'immigration

Dégueulons sur leur gueuleton

Par prudence, jamais Brice Hortefeux n'avait inauguré la Cité nationale de l'histoire de l'immigration. Pour éviter que leur politique soit publiquement mise en cause, l'invitation à cette cérémonie a été très discrètement lancée par les ministres
Christine Albanel, Éric Besson, Xavier Darcos et Valérie Pécresse.

Nous, chômeurs, intermittents, précaires, sans-papiers, étudiants, licenciés, enseignants-chercheurs, salariés en tout genre, appelons tous ceux qui savent que ni une grève générale bimestrielle ni la dispersion catégorielle ne nous feront rien gagner, à un

Rassemblement déterminé, ce lundi 30 mars à 10h,
293, avenue Daumesnil, 75012 Paris, m° Porte Dorée
auberge espagnole, casseroles, fumigènes, batucadas, tout est bon

Rendons la honte plus honteuse encore en la livrant à la publicité.Refusons leur politique, c'est la xénophobie et la concurrence qu'il faut mettre au musée.Ni exhibition sans frais, ni liberté de parole pour les ministres et autres gouvernants.

La politique de l'"immigration choisie" scinde l'immigration entre celle admise pour les besoins de l'entreprise France et celle persécutée sous le joug de France police. Regroupement familial ? Terminé. Carte de résident permettant 10 ans de séjour ? Terminée. Régularisations ? Par l'emploi, au compte-gouttes et aux forceps. La chasse aux sans papiers continue. Les objectifs 2010 sont de 28 000 reconduites à la frontière et de 5 500 interpellations d’aidants (source : Projet de Loi de Finances 2009). Chacun est appelé à participer à la traque, banques et autres entreprises, personnels des institutions sociales, tous sont instamment priés de pratiquer la délation. Et pour les contrevenants : délit d’aide au séjour irrégulier. Mais comme on l'a fait avec celui de GuyMôquet, pour occulter la barbarie de la politique actuellementmise en oeuvre, on se sert du nom du sociologue Abdelmalek Sayad, dont les analyses ont restitué à l'immigré/immigrant des dimensions toute autres que celles autorisées par le prisme étroit du travail. Grèves de travailleurs sans-papiers, solidarités de quartiers contre l'expulsion des scolarisés, lutte pour la régularisation et révoltes des retenus des centres de rétention forment autant de refus de cette politique, autant de refus auxquels nous sommes attachés. Il n'est pas question que le sinistre Besson chargé de mettre en oeuvre cette politique puisse se pavaner, même en privé.

Albanel finance les cathédrales, bafoue les droits des salariés intermittents et voudrait, par la loi Hadopi, qualifier de délit de vol les pratiques de gratuité en matière de circulation des oeuvres. Elle défend l'excellence, dépourvu de droits, chacun serait voué à quémander des subventions à diverses féodalités. On contrôle systématiquement les activités d'un secteur laminé par les réformes de l'Unedic qui excluent toujours plus d'ayant droits de l'indemnisation chômage. Il n'y a pas de politique culturelle acceptable qui ne garantisse une continuité de droits pour les salariés d'un secteur dont bien des productions reposent sur l'intermittence. Il n'y a pas de politique culturelle acceptable lorsque celle-ci s'acharne à entraver la culture populaire et les pratiques indépendantes. Il n’y a pas de politique culturelle acceptable lorsque la défense et l'extension de la propriété privée sont au poste de commande. Il n'est pas question pour nous que cette incarnation de la France versaillaise prolonge l'extermination des communards et les obstacles au partage à coups de com et de lois de privatisation du bien commun.

Darcos et Pécresse sont pour leur part en charge des réformes de l'école. De la maternelle à l'université, de la loi LRU au décret réformant le statut des enseignants-chercheurs, il s'agit d'imposer partout une rationalité managériale fondée sur l'évaluation administrative et comptable pour façonner une société de concurrence par la réforme permanente. Il s'agit de parfaire la société entreprise, l'organisation de l'exploitation et de la domination. Les luttes en cours à l'université depuis deux mois refusent cette politique. Pécresse a été accueillie comme il se doit par les grévistes de Strasbourg le 5 février dernier ; face à la mobilisation, elle a dû annuler un "débat" ("À quand une université efficace ?", avec Bruno Julliard, ex-pdg de l'UNEF) à l'ENA le 16mars, puis un autre, à l'invitation de Libération, à Rennes le 21mars. Crise ou pas, nous ne payerons pas : l'expertise dont ils se prévalent pour décider de nos vies n'a aucune légitimité.

On nous voudrait terrorisés par l'insécurité sociale et la criminalisation des luttes, on nous voudrait atomisés par les exigences de la survie et le renoncement, avec ou sans droit à pension de retraite, nous sommes et serons fidèles à la maxime de nos aïeux : paix aux chaumières, guerre aux châteaux !

N'attendons pas le Premier mai, rassemblons-nous
Partout où ils se croient libres, bloquons-les !

Des chômeurs, des intermittents et précaires coordonnés
www.cip-idf.fr

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27 mars 2009

Rafle des policiers à Nation le 19 mars

Voici mon témoignage (un peu tardif certes) sur les évenements qui se sont déroulés à Nation lors de cette grande manif’ du 19 mars.(Pour info, je fais parti des 300 manifestants arrêtés ce jour là, puis des 49 poursuivis ensuite. Je remercie d’ailleurs toutes les personnes, auteurs d’articles, militants, qui nous ont soutenus, et qui nous soutiennent encore.)La fin du cortège arrive entre 18h30 et 19h à Nation, le ton est festif, pas de problème jusqu’à maintenant, les gens ne sont pas encore prêts à partir, et ça tombe bien, ils ont officiellement le droit de rester jusqu’à 21h. Il y a de la musique aux 4 coins de la place, des djembés par ci, un concert de hip-hop sur la pelouse, des drapeaux qui flottent sur la statue centrale.Mais très vite l’ambiance devient malsaine, quelque chose ne tourne pas rond, des dizaines, des centaines de crs affluent et bloquent toutes les artères de Nation, interdisant le passage. Des escouades prennent pied dans le métro, juste en bas des escaliers et dans les couloirs, et de là elles tirent des grenades, empêchant également l’accès aux personnes désirant s’en aller. Des manifestants qui ont tenté de passer par une petite rue à côté refluent en courant vers le centre de la place, à leur trousse des lignes de crs. Il y a du gaz dans l’air, dans tous les sens du terme, les flics se rapprochent progressivement, encerclent Nation petit à petit, les yeux piquent, la respiration se fait plus difficile : ça pue le lacrymo.Quelques feux de poubelle se déclenchent ici et là, pas de quoi fouetter un chat. Des individus encagoulés, barre de fer à la main, jettent des projectiles en direction des hommes en bleu puis, quelques minutes après, surprise ! ils se ruent sur un manifestant et le rouent de coups, avant de le trainer vers leurs collègues rangés en ligne quelques mètres plus loin. Tactique perverse des flics en civile, vieille comme le monde mais qui surprend toujours ...

Nation se révèle être une souricière de premier choix, tandis que les policiers font le ménage dans la place, beaucoup de personnes se réfugient sur le terre-plein et autours de la statue (qui représente le "Triomphe de la République", tout un symbole ! ), espérant échapper aux arrestations arbitraires. Mais bientôt ces derniers se retrouvent complètement encerclés, comprimés les uns contre les autres, sans aucune issue, abasourdis par la manoeuvre policière à laquelle ils assistent. Parmi les encerclés, trois hommes dégainent soudainement des matraquent télescopiques et s’attaque à un jeune homme qui n’a pourtant rien fait, le frappent, et l’entrainent vers les lignes de crs. Encore une intervention musclée des flics en civil, qui déclenche la colère générale. Certains "gardiens de la paix" tiennent en respect la foule à l’aide de flash-balls. Après plus d’une heure d’emprisonnement, les condés décident enfin de libérer les captifs, brisant à coups de matraque la chaine humaine qui s’était formée autour de la statue, les insultant et contrôlant leur identité, un par un. Ceux qui n’ont pas de papiers passent directement par la case commissariat.

A 21h30, on pensait la manifestation totalement dispersées, quelques groupes ci et là, encore sonnés par la violence de cette intervention, stationnent sur la place. Mais apparemment, les forces de l’ordre n’en ont pas fini puisque les crs sont bloquent toujours l’accès du métro, gazant et frappant à tout va. La soirée se finira par une nouvelle flopée d’arrestations. A noter que les journalistes, pourtant présents en nombre, n’ont relayé pour la plupart qu’une pale copie du communiqué de la préfecture de police.

Bilan de ce début de soirée : 300 arrestations, 50, ah ! non pardon 49 (ce chiffre fait plus crédible) personnes seront par la suite poursuivies en justice, interdits de manifester au moins jusqu’à leur jugement, et peut être privés de leur droit de vote, ainsi que de plusieurs personnes littéralement passés à tabac. Certains sont passés en comparutions immédiates et sont toujours incarcérés. Un coup de filet qui avait pour but de faire des exemples. Le pouvoir craint la contestation qui enfle, c’est pour cela qu’il durcit sa répression : pour museler cette révolte qui gronde. Alors que Julien Coupat est toujours en prison malgrès le manque flagrant de preuves, que des jeunes sont piégés, intimidés et incarcérés, il est à craindre que cette emprise du pouvoir va surement encore s’amplifier.

De : Jules

Sources : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article83093

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Jeudi 26 mars devant la sorbonne .

J'ai écrit ce texte pour préciser ce que nous avons vécu devant la Sorbonne
ce soir, alors que nous étions venu soutenir avec quelques étudiants ceux
qui occupaient les lieux.

Dans la nasse du sarkozisme.

Cernés de toute part, claquemurés dans l’angoisse, nous avons vécu ce soir une belle métaphore de ce qu’est la France sarkozienne.Il y a d’abord cette impression d’être pris au piège. Un ingénieux dispositif policier se referme brutalement sur quelques deux cents étudiants et enseignants qui manifestent pacifiquement place de la Sorbonne, afin de soutenir une centaine de collègues qui occupent le bâtiment.Les CRS sont en surnombre et veulent visiblement montrer leur force. Ils ont déjà exécuté devant nous, sans raison apparente, les jours précédents, des démonstrations de tonfa dignes des meilleurs films de Jackie Chan. Il y a donc ce sentiment d’enfermement quand les visières claquent sur les casques, et cette claustrophobie que créent les boucliers qui se rapprochent pour former un petit cercle parfait. On comprend que le but des CRS n’est pas de nous encercler pour sécuriser un périmètre, mais de nous faire sentir une forme de claustration. Le cercle se referme, les CRS poussent les uns contre les autres des gosses de vingt ans à l’aide de leurs boucliers. Les jeunes suffoquent, apeurés. Le cercle se resserre, se resserre. On se découvre prisonnier d’une étreinte plombée. Toute velléité de contestation est étouffée. La France de Nicolas Sarkozy, c’est d’abord un pays où il fait bon étouffer.Il y a ce sentiment d’enfermement, d’oppression, qui se termine après deux heures de claustration-spectacle par un banal contrôle d’identité. Deux-cent personnes se demandent de quel spectacle ils ont été les figurants.Le fonctionnaire de police qui note votre identité n’a qu’un stylo bille. Travail de Sisyphe absurde, il devra saisir une nouvelle fois tous ces noms ce soir sur un clavier. Ces noms seront stockés dans des fichiers. Ces fichiers seront méticuleusement classés. Qui lira ces données ? Qui les interprètera ? Peu importe, l’essentiel du sarkozisme est d’avoir deux-cent noms supplémentaire sur la liste de nos peurs. L’absurdité montre son visage : le but de la manœuvre était d’identifier une angoisse, de nommer le mal absolu : ce dangereux terrorisme d’ultra-gauche qui prépare le renversement de nos fragiles démocraties en faisant trembler la sécurité de l’état. La nouvelle barbarie c’est de s’attaquer au tout nouveau statut des enseignants-chercheurs.
Identifier la mal, le circonscrire, l’enfermer dans une ceinture de boucliers, c’est contenir le peuple de ceux qu’on ne connaît pas, c’est cerner l’étrangeté de celui qui nous fait face : sans visage et sans papier. C’est la raison pour laquelle il faut lui arracher son nom comme un trophée de guerre. Ce dispositif d’enfermement spectaculaire n’avait finalement qu’un but : contenir l’angoisse de celui qui l’avait mis en œuvre.Pourtant, qui peut dire que nos angoisses sont la mesure d’un réel qui nous échappe ? Qui peut croire qu’elles sont les juges de l’infinitude du monde qui vient ? Dans la nasse chacun devient un étranger qui fuit son ombre, dans la nasse nous sommes tous des prisonniers politiques en pays démocratique. La nasse contient nos peurs pour mieux étouffer nos espoirs, elle est à sens unique.

Olivier Long.
UFR des Arts plastiques.

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26 mars 2009

Réforme de la convention collective 66 : Quels sont les véritables enjeux ?

Depuis quelques mois, les syndicats patronaux du secteur social repassent à l’attaque sur la réforme de la convention collective de 1966. Notons que cette volonté patronale ne correspond à aucune demande (officielle du moins) des pouvoirs publics, qui sont pourtant les financeurs et décideurs. Une telle initiative pourrait surprendre. En réalité, cela prouve simplement la proximité idéologique entre les patrons (fussent-ils du secteur social) et les décideurs politiques. En effet, la logique globale de la proposition patronale est en parfaite cohérence avec l’évolution du travail social, elle même en lien direct avec l’évolution économique et sociale du capitalisme. Deux grands axes émergent du projet patronal :D’une part, réduire le coût global de l’action sociale, par la réduction du coût de la masse salariale (diminution du poids de l’ancienneté dans l’évolution des salaires, économie sur les primes de départ à la retraite, de licenciement, ...). Par ailleurs, cette logique est déjà à l’œuvre par la tendance aux fusions ou absorptions entre associations du secteur, permettant ainsi des économies d’échelles. Ce phénomène de concentration prouve, au besoin, que si le secteur social ne crée pas de plus-value, il est tout de même géré selon les normes capitalistes : la dégradation des conditions de travail pour réduire les coûts de fonctionnement. Dans la même veine, la flexibilité comme mode de gestion de la main-d’œuvre fait partie des propositions patronales. D’autre part, on observe dans la proposition la fin du cadre national des salaires. En effet, il est proposé de favoriser les accords d’entreprises, et surtout, d’instaurer une part variable du salaire : une part collective, liée au résultat en rapport aux plans pluriannuels d’objectifs, ainsi qu’une part variable individuelle, en fonction des résultats du salarié. Il ne s’agit ni plus ni moins que de l’instauration du salaire au mérite. Quel est le mérite en cause ? C’est là le nœud du problème. On sait que les financements par les pouvoirs publics sont de plus en plus soumis à la réalisation d’objectifs précis ; et que ces objectifs sont souvent soit irréalisables, soit carrément contraire à toute éthique. En matière d’insertion, alors que le système capitaliste produit un fort taux de chômage structurel et instaure la précarité comme mode général du salariat, on exige du travailleur social qu’il fasse comprendre aux "exclus" qu’ils sont seuls responsables
de leur situation. Il ne s’agit donc pas tant d’aider les gens à améliorer une situation difficile que de les dresser à endosser la responsabilité de leur misère, et accepter des emplois précaires dans des conditions indignes. En matière de prévention de la délinquance, quels objectifs seront valorisés ? Le fait de favoriser la répression des jeunes dits "délinquants", souvent paumés au sein d’une société morbide et sans avenir enthousiasmant, en pratiquant la délation auprès des pouvoirs publics ? Leur proposer comme seule perspective d’accepter ces mêmes emplois précaires, sous-payés, indignes ? Leur apprendre à courber l’échine ?
"Cette année, tu as remis tant de personnes sur les rails de l’exploitation salariale, tu as bien travaillé, voilà ta prime." Cela
pourrait devenir notre lot commun. On le voit bien, le principal enjeu de la part variable du salaire proposée par le patronat du social est de favoriser la docilité des travailleurs sociaux, de les rendre complices des nouvelles modalités de gestion du bétail humain : traitement du chômage (ou plutôt des chômeurs), traitement de la délinquance (ou plutôt des jeunes en galère)...Il est flagrant que le projet de réforme patronal de la Convention Collective Nationale 66 fait partie d’un tout cohérent, en lien avec
l’évolution du capitalisme. La situation devient de plus en plus difficile pour de plus en plus de monde. Nos dirigeants (patrons et politiques) multiplient les injonctions à travailler plus, à se serrer la ceinture, à être obéissant. Ce qui ne manque pas de susciter une colère grandissante parmi les exploités et les opprimés ; du coup, l’appareil répressif et coercitif se renforce afin de maintenir l’ordre. On voit bien le rôle que les décideurs veulent faire jouer aux travailleurs sociaux dans ce sinistre spectacle : celui d’agents au service de l’idéologie dominante, œuvrant au formatage de la population et à la délation des déviants potentiels (c’est-à-dire toutes les classes populaires, dans la droite ligne de l’adage "classe laborieuse = classe dangereuse"). Aujourd’hui, nombreux sont les travailleurs sociaux qui ne comprennent plus le sens du travail qu’on leur fait faire, beaucoup d’entre-eux vivent
dans un état de mal-être permanent ; la tendance à analyser cette situation comme étant strictement personnelle est fréquente. C’est pourquoi il importe d’analyser le rôle du travail social dans la société capitaliste, afin de donner un sens politique au malaise vécu. Passer du mal-être individuel subi à la volonté revendicative et collective, à la lutte politique, voilà l’enjeu. Il apparaît que l’éthique basée sur le respect et la dignité des personnes, l’accompagnement à l’autonomie et à l’épanouissement (qui reste, malgré tout, partagée par bon nombre d’entre-nous), entre généralement en contradiction avec les injonctions
inhérentes au système capitaliste, fondé sur l’exploitation, l’oppression,la marchandisation généralisée, la réification des êtres vivants... C’est une évidence que nous subissons au quotidien, ainsi des amis ont pour slogans : "Un travailleur social qui ne lutte pas est un capitaliste qui a mauvaise conscience !". A méditer !Travailleurs sociaux comme "usagers", nous avons tous intérêt à nous
opposer farouchement à un tel projet et à la logique qui l’inspire. Pour ce faire, il nous faut créer des espaces de discussion et d’organisation.Discussion, car ce n’est là qu’une attaque parmi d’autres, et il importe de saisir collectivement la logique globale du processus en cours afin que notre combat ait un sens et se poursuive sur la durée ; et organisation, en dépassant les barrières existantes (travailleurs en formation, travailleurs en poste," usagers", ...), car seul un mouvement puissant, rompant avec l’isolement, sera à même de faire reculer un patronat méprisant et arrogant.Le combat qui s’engage sur la réforme de la convention collective 66 se doit donc, pour avoir un sens réel, de dépasser la simple revendication du sauvetage de cette convention, pour devenir une lutte générale contre l’oppression, pour l’émancipation de tous. Dépasser également les corporatismes dans lesquels les luttes sont trop souvent enfermées, l’action sociale n’étant qu’une partie d’un tout - la société capitaliste qui nous impose des conditions d’existences toujours plus insupportables. La lutte doit être globale, fédérons les Assemblées

Générales de travailleurs en lutte !

Quelle société voulons-nous ? Là est la question !

Contre l’Etat et le Capital : organisons la riposte !

R. de la CNT-AIT Caen.

Forum : http://cnt.ait.caen.free.fr/forum

cnt.ait.caen@free.fr


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25 mars 2009

Appel pour un contre-sommet européen à Louvain contre le processus de Bologne, 28 et 29 avril

APPEL : « LE PIRE ENNEMI DU SAVOIR N’EST PAS L’IGNORANCE MAIS L’ILLUSION DU SAVOIR »

« C’est la crise ! » est la phrase la plus prononcée durant ces derniers mois. Oui, c’est la crise. Une crise économique traverse la société. Mais la crise est aussi sociale, culturelle, environnementale, en un mot elle est générale. Si l’implosion du système économique et financier est aujourd’hui utilisée comme un argument pour accélérer la marchandisation de nos vies, des biens et des services publics, précarisant encore plus le travail, nous ne sommes pas dupes.

En Grèce, la jeunesse et les travailleurs se sont insurgés, dans tous les espaces publics, contre leur gouvernement corrompu et ses réformes néo-libérales. En Espagne, on ne compte plus le nombre de facultés occupées ces dernières années, mobilisées contre le processus de Bologne. En Italie, depuis plus de trois mois, le monde de l’éducation est en révolte, et les facultés construisent, jour après jour, une autre réforme du système universitaire. En France, les lycéens, les enseignants et les chercheurs manifestent contre les réformes gouvernementales du système éducatif, tout comme les étudiants l’an dernier contre la loi d’autonomie des universités (LRU). De l’Allemagne a été lancée l’idée d’une « Global week of action » avec au centre le thème de l’éducation.

Toutes ces mobilisations s’opposent à des réformes qui ne sont ni sectorielles, ni nationales mais la poursuite de logiques néolibérales imposées à l’échelle mondiale. On assiste à une privatisation sauvage de l’instruction et à l’asservissement de l’enseignement supérieur au pouvoir économique. Les mouvements débordent largement le cadre universitaire et le monde de l’éducation. Les barrières mentales, physiques et techniques que les gouvernants construisent consciencieusement à coups de matraque et d’enfumages médiatiques ne sont que le moyen de restreindre nos libertés, notre émancipation, nos aspirations. Nous nous rassemblons peu à peu dans la même direction : une opposition radicale à la rentabilisation des biens communs.

Nous voulons faire des universités des lieux de rassemblement, de rencontre, de savoir libre et émancipateur. L’éducation est indissociable de la socialisation.

Les mesure politiques qui construisent et nous enrôlent dans ce projet de société, par la transformation et les réformes des systèmes d’éducation, s’inscrivent dans le processus de Bologne adopté en 1999 par les gouvernants de 46 États européens.

Le 28 et 29 avril à Louvain et Louvain La Neuve en Belgique se réunit, comme tous les deux ans, la conférence ministérielle pour « évaluer les progrès accomplis et les nouvelles mesures à mettre en place » et pour faire le point sur les réformes universitaires engagées et celles à mettre en œuvre. A-t-on demandé leur avis aux étudiants, aux enseignants et chercheurs, aux personnels, aux travailleurs de l’Europe ? Outre les ministres de l’éducation seront aussi présents des membres consultatifs tels que Business Europe (organisation patronale européenne) et l’ESU (European Student Union) pour faire le bilan de ce Processus.

AGISSONS MAINTENANT !!! L’instruction est comme la liberté : elle ne se donne pas, elle se prend ! Rencontrons–nous à Louvain.

Les puissants de toute l’Europe se réunissent donc pour parler de notre éducation, de notre futur et nous qui concrètement vivons et construisons cette société, nous ne pouvons pas manquer au rendez-vous. Nous sommes devant une occasion unique pour contester ce Processus, pour unir l’élan des mobilisations locales dans une optique qui dépasse les frontière nationales, pour commencer à construire et partager un savoir loin de toute logique économique, libre et accessible à tous.

Nous appelons donc les assemblées générales, les mouvements, les facultés occupées, les collectifs, les organisations syndicales et politiques et toutes personnes à un CONTRE-SOMMET EUROPÉEN. Partageons nos expériences et stratégies, établissons un réseau, donnons à nos révoltes partout en Europe un souffle encore plus puissant.

Nous appelons aussi à faire passer (et traduire) cet appel dans toutes les assemblées générales des universités, dans toutes les coordinations nationales des mouvements, dans les facultés occupées, dans tous les lieux de travail et d’éducation.

HTTP ://WWW.LOUVAIN2009.COM

email : contact [a] louvain2009.com

P.-S.
Premiers participants déclarés :

Coordination nationale des universités (CNU) France
Coordination nationale étudiante (France)
Coordination nationale étudiante allemande
Emancipating education for all
Coordination des assemblées étudiantes de Catalogne (CAE)
Reclaim your education Danemark
Assemblée générale de l’occupation du rectorat de Barcelone
Onda Anomala Bologne
Onda Anomala Madrid
Onda Anomala Urbino
Printemps 2010
Fac Verte
Assemblée générale étudiante de Nanterre
Assemblée génèrale étudiante de Paris 3
Assemblée générale étudiante de Paris 7

Soucres : http://www.vagueeuropeenne.fr/spip.php?article55

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