03 septembre 2008
Dans un métro a Toulouse
RSA :même financée par le Capital, une régression soci ale reste une régression sociale
RSA :même financée par le Capital, une régression sociale reste une régression sociale Les seules critiques émises concernaient son financement ? Qu’à cela ne tienne, grand prince, le Président accepte de taxer les "revenus du Capital ". .... qui va le récupérer et même centupler la mise grâce au contenu même de la réforme.Au mois de septembre, le projet de loi généralisant le RSA sera examiné.Les seules critiques émises concernaient son financement ? Qu’à cela ne tienne, grand prince, le Président accepte de taxer les "revenus du Capital ". .... qui va le récupérer et même centupler la mise grâce au contenu même de la réforme.Le RSA a été dans une première période un des symboles de l’ouverture ,de la fameuse recomposition du paysage politique et social français. La quasi-totalité des candidats à la présidentielle, de l’UMP au PS mais aussi des Verts au PC et à d’autres parties d’extrême gauche, s’était déclarée enthousiaste face au projet de celui qui était alors président d’Emmaus France.Devenu secrétaire d’Etat du gouvernement Sarkozy, Martin Hirsch n’a pas
pour autant souffert d’une perte de crédibilité pourtant logique au sein de la gauche officielle mais aussi des syndicats et d’un paquet d’associations de lutte contre l’exclusion. De la CFDT à la CGT, des départements PS à ceux du PS, en passant par les organisations caritatives et même des associations de chômeurs et précaires, tout le monde ou presque s’est lancé dans la grande parade du Grenelle et dans l’expérimentation concrète du RSA sur une partie du territoire.D’aucuns se sont finalement décidés à émettre quelques critiques, qui ont porté, non pas sur le fonds de la réforme, mais sur le financement qui lui était alloué.Très peu d’intérêt a été porté au contenu réel, et à ses conséquences immédiates , pourtant immédiatement perceptibles du fait des expérimentations en cours.Finalement, il a fallu la fin du Grenelle, pour qu’on s’avise d’éléments pourtant inscrits en toutes lettres dès les premiers projets : la « complexité de la réforme « , en réalité le fait qu’elle remplace l’égalité d’accès au droit à situation égale par une attribution de revenu ou de complément de salaire à la tête du client.Mais aussi son aspect subventionnement de la précarité. Et la dure réalité des chiffres, dont la connaissance ne nécessitait qu’une bonne calculette et le recueil de témoignages sur le terrain : dans de très nombreux cas, le RSA est défavorable par rapport à l’ancien mode de calcul et d’attribution d’un complément de salaire.Le projet de loi annoncé ajoute une mesure dont il faut espérer qu’elle attirera l’attention. Il s’agit de l’application automatique du décret sur le train de vie des allocataires de minima sociaux.De quoi s’agit-il ? Sous le prétexte habituel de la lutte contre la «fraude « , un autre concept auquel peu s’attaquent en tant que tel, ce décret a institué une extension du contrôle sans précédent mais aussi une dénaturation de la nature des minima sociaux.Il autorise en effet la CAF et les autres organismes de la Sécurité sociale, à effectuer des contrôles , à l’insu et sans le consentement du « bénéficiaire » de minima sociaux, mais aussi de n’importe quelle autre prestation sociale.Mais surtout, il crée de fait un nouveau mode de calcul des minima.Jusqu’ici ceux-ci étaient calculés en fonction du revenu actuel de la personne et de son foyer, ce revenu incluant aussi bien les salaires, que les « rentes « éventuelles liées à des placement mobiliers ou immobiliers.Le décret institue la prise en compte du patrimoine : grâce à quelques historiettes savoureusement mises en scène, de rejetons de familles fortunées percevant le RMI, le montant des biens pris en compte a été soigneusement occulté. La fille Pinot a finalement rendu un joli service à son papa et ses amis.En effet le barême applicable diminue ou supprime potentiellement le RMI , comme l’API ou les autres minima pour l’ensemble des couches moyennes et populaires. Pas besoin de château, la possession d’un pavillon Bouygues modèle économique suffit en Ile de France. Pas besoin d’y installer une piscine à bulles , les travaux pris en compte incluront la réfection de la toiture ou de la chaudière. Et la consultation possible des données du
fournisseur internet de la personne indiquent bien que le « train de vie « inacceptable n’est pas de l’ordre de la Rolls mais d’un bel ordinateur ou d’une télé pas trop moche,Concrètement, les victimes de cette mesure ne seront pas les « plus pauvres des pauvres « : ceux là continueront à garder leurs moins que rien.Mais contrairement aux idées reçues, ou plutôt entretenues ,l’allocataire des minima sociaux n’est pas seulement cette espèce qui dort en tente Kechua, ou dans des HLM dégradés. Et la population des Rmistes n’a pas non plus cette stabilité qui en aurait fait un archétype sociétal bien défini, le dernier degré de cette figure bien connue du « chômeur longue durée « .Pour la bonne raison qu’il n’y a plus besoin de nos jours, après presque trente ans de réduction de la durée de l’indemnisation chômage classique,de se retrouver longtemps au chômage pour ne plus avoir droit qu’à l’ASS ou au RMI.Et ce quel qu’ait été le niveau de salaire antérieur, celui n’influant pas sur le montant du minima, contrairement à l’indemnisation ASSEDIC.Aujourd’hui, le RMI est donc un passage , plus ou moins long, pour un vaste pan des classes populaires et moyennes.Il concerne effectivement des gens qui ont connu un sort plus heureux financièrement, voire même une certaine aisance , souvent gonflée artificiellement par la possibilité d’accéder à toutes sortes de crédits.Des gens qui ont une baraque à eux et l’occupent, une bagneule assez neuve, et quelques économies sans conter l’équipement multimédia ou électroménager.Le RMI , en grande partie, a remplacé les mécanismes anciens de solidarité , revus à la très grande baisse.Il s’agissait au moins autant de faire passer la pilule de ces régressions sociales en assurant un « filet de sécurité « assez misérable, mais un filet de sécurité qui puisse concerner tous ceux qui tombaient dans le no man’s land social après l’indemnisation chômage.Un revenu minimum, donc totalement indépendant de la situation antérieure et de ses « restes « . En 1988, rappelons le, un certain nombre de barrières idéologiques n’avait pas cédé sous les attaques, et l’opinion selon laquelle les salariés étaient responsables en cas de chômage n’était pas une évidence ayant envahi l’ensemble du champs politique,institutionnel et médiatique.Aussi n’a-t-on pas réservé les minima sociaux à ceux qui n’avaient plus rien : car ceci signifie tout simplement que la personne qui n’a plus ni salaire, ni indemnité chômage n’a plus d’autre choix que vendre l’ensemble de ses biens pour survivre.C’est là le sens du décret, et à fortiori de son application désormais systématique à tout nouvel entrant dans le RMI.Lors de l’entrée en vigueur de celui-ci, en effet, il était uniquement question officiellement d’une extension possible du contrôle dans les cas de "suspicion de fraude ". Belles assurances sans fondement, dont le RSA montre le sens véritable : tous les allocataires de minima sociaux sont des "fraudeurs" potentiels.Cette nouvelle donne concernera aussi les parents isolés, puisque le RSA s’appliquera aux titulaires de cette allocation.Et bien au-delà d’ailleurs, il concernera un nombre grandissant de salariés, ceux dont la faible rémunération permet l’accès à un complément de salaire , à partir du moment ou ils sont éligibles au RMI..Là apparaît l’ampleur du mensonge concernant le RSA : ce dispositif est présenté comme LA solution pour augmenter le revenu des travailleurs pauvres. Avec l’application du décret sur le train de vie, il va au contraire en exclure une partie de l’accès à un complément de salaire, mais aussi aux droits connexes afférents au statut de Rmiste, notamment droit aux transports ou accès automatique à une couverture sociale complémentaire.Ceux là en seront réduits à la précarité « brute « , le salaire de merde et point barre.Le RSA est donc bien un plan Harzt 4 à la française, et il entrainera les mêmes conséquences qu’en Allemagne : paupérisation brutale d’une partie de la population.
Mais Martin Hirsch a pour l’instant réussi à éviter toute mobilisation d’ampleur qui n’aurait sûrement pas empêché la mise en place du RSA, mais se serait jointe au rapport de forces global.En Allemagne, la propagande de stigmatisation des chômeurs a été tout aussi forte qu’ici : mais la différence est que le projet Hartz4 a immédiatement été dénoncé par le mouvement social dans son ensemble comme profondément destructeur et réactionnaire, ce qui a permis le mouvement
massif de l’automne 2004.Martin Hirsch lui a réussi le tour de force d’apparaître pendant des mois comme une sorte d’ »OVNI « du gouvernement Sarkozy.Ceux qui ont participé au Grenelle de l’Insertion ont cru ou fait mine de croire qu’il était possible que le RSA aille à l’encontre de toutes les autres régressions sociales menées par ce gouvernement.Ceux qui ont voulu croire au miracle ont aujourd’hui une lourde responsabilité : ils ont permis à Martin Hirsch de gagner la bataille
idéologique.Les ébauches de critiques sur tel ou tel point de détail de la réforme ont bien entendu été noyées médiatiquement dans le grand chœur d’éloges et le fait que nul n’a jamais mis en cause la bonne foi d’un Secrétaire d’Etat qui prétendait pouvoir sortir des milliards d’euros de la poche d’un gouvernement qui vide celle des salariés en permanence.L’application systématique du décret sur le train de vie, comme d’ailleurs les restrictions éventuelles à l’accès à la CMU complémentaire, la suppression de la prime de Noel ou d’une partie de la prime pour l’emploi ne figuraient pas au menu initial .Il est évident qu’une opposition claire à celui-ci des associations de lutte contre l’exclusion, des syndicats, de la fameuse « société civile «, voire de la gauche aurait au moins permis que le projet de base ne soit pas aggravé.La mobilisation des premiers concernés a elle aussi été entravée.Comment auraient-ils pu mesurer la gravité de l’attaque quand une partiedes associations, des syndicats censés les défendre et les alerter participait benoitement à l’élaboration du projet au sein du Grenelle, et se contentaient de critiques de détail, dont il faut bien remarquer qu’elles ont porté essentiellement sur le financement et plus précisément sur celui « des associations qui soutiennent les concernés .Est-il trop tard ?La question n’a pas de sens pour tous ceux qui vont se retrouver au RSA dans quelques mois. Tant qu’on n’est pas mort de faim, il n’est jamais trop tard pour écouter son estomac plutôt que la télé. C’est aujourd’hui à chacun de nous de faire connaître la nature exacte du RSA, et notamment l’aspect qui a été évoqué ici. A chacun de nous d’aller exiger des associations et des syndicats censés nous représenter qu’ils mettent à notre disposition les moyens dont ils disposent.Nous devons prendre exemple sur les collectifs de Rmistes et de précaires embauchés en contrat aidés qui ont réussi à faire bouger les syndicats de l’Education Nationale notamment sur ce sujet en les sollicitant en nombre.Des milliers d’entre nous « expérimentent « déjà les effets concrets du RSA : il faut témoigner. Martin Hirsch tient à son image de défenseur des pauvres et d’adepte de la concertation.Mais il se montre désormais beaucoup plus prudent sur le terrain : ainsi lors de sa visite à la CAF d’Argenteuil, le seul département d’Ile de France qui expérimente le RSA, s’est-il calfeutré à l’intérieur. Et pour cause, il était attendu par les travailleurs de la CAF qu’il a fait recevoir par une simple conseillère technique. L’an dernier à la même date, il se rendait à l’université d’été du Mouvement National des Chômeurs et Précaires sans aucune crainte d’y être mis en cause…. C’est le moment de bouger...
http://www.collectif-rto.org/spip.php?article672
La caisse d’assurance maladie de l’Etat de l’Oregon
INSURRECTION !
ARRETONS TOUT !
Voir les liens ci-dessous (malheureusement en anglais) :
http://www.foxnews.com/story/0,2933,392962,00.html
http://abcnews.go.com/Health/story?id=5517492
On apprend que la caisse d’assurance maladie de l’Etat de l’Oregon, aux Etats-Unis, dénie aux patients le remboursement de leur chimiothérapie si leurs chances de survie pour les prochaines années sont inférieures à 5%. On leur offre toutefois gentiment une autre option. L’euthanasie étant légale en Oregon, l’Oregon Health Plan a envoyé une lettre à au moins deux patients, précisant que les soins pour leur cancer ne seraient pas couverts mais que, dans sa grande bonté, cette caisse d’assurance maladie consentirait à prendre à sa charge les frais de leur suicide médicalement assisté…On peut se demander si notre système de santé, avec la poursuite des contre-réformes de Sarkozy et de ses prédécesseurs, ne s’inspirera pas un jour de ce genre de pratique, pour peu que l’euthanasie soit également légalisée chez nous. Il semble que le capitalisme néo-libéral, dans sa phase éthique terminale, soit à peu près capable de tout…
Sources : CZ
Berlin et Hambourg : solidarité avec Bruno, Ivan, Damien, Farid, Isa et G.
Jeudi 21/08/08 : Occupation du Consulat de France de Hambourg en solidarité avec les sans-papiers et pour la libération de Isa, Juan et Damien.Dans le cadre de la journée d'action contre les expulsions, nous occupons aujourd'hui le consulat francais de Hambourg.Nous dénoncons la politique du gouvernement Sarkozy qui a démultiplié la répression contre les sans-papiers avec des quotas de 25000 expulsions par an, des rafles dans les rues, des charters et de nouveaux centres de
rétention.Des centaines de sans-papiers enfermé-e-s se sont lancé-e-s dans une lutte permanente contre l'existence meme des centres de rétention :mutineries, grèves de la faim, communiqués, refus de rentrer dans les chambres, refus d'etre compté-e-s, parloirs sauvages...Régulièrement, des milliers de personnes se sont déplacées vers les centres de rétentions pour manifester leur solidarité. En juin, les sans-papiers qui y étaient enfermés ont finalement incendié leur prison, et ainsi détruit complètement le plus grand centre de rétention de France.Ces mutineries et tentatives d'incendies continuent dans d'autres centres de rétention. Nous exprimons aujourd'hui notre solidarité.Du soutien aux sans-papiers à diverses autres luttes populaires dans les universités, les banlieues, contre les élections ou la construction de nouvelles prisons, des pratiques d'actions directes, d'occupations, blocages, sabotages et grèves sauvages se sont multipliées ces dernières années en France. Aujourd'hui le gouvernement agite le spectre du terrorisme pour tenter de juguler la contestation, faire passer de nouvelles lois sécuritaires et tenter de diviser le mouvement en isolant certains militant-e-s ou en accusant les collectifs de soutien aux sans-papiers d'etre des incendiaires.En janvier, Bruno, Ivan et Damien ont été arretés alors qu'ils se rendaient à une manifestation devant le centre de rétention pour sans-papiers de Vincennes avec des fumigènes et des clous pour crever les pneus des roues des fourgons de police. Ils se sont vus accusés d'avoir voulu préparer une bombe. Peu après, de nouvelles arrestations (Juan et Isa) ont eu lieu, avec des fumigènes et des plans de prisons,et de nouvelles personnes ont été accusées sur les bases les plus fantasmatiques d'appartenir à une mystérieuse organisation terroriste "anarcho-autonome" ou de préparer des attentats.Aujourd'hui, Juan, Isa, Damien, Ivan et Bruno sont toujours en prison ou en attente de leur procès dans le cadre d'une instruction anti-terroriste. Ils risquent des années de prison. Nous occupons aujourd'hui pour que les poursuites contre eux cessent, et affirmer que les actions de soutien aux sans-papiers en leur faveur continueront en France et ailleurs.
Liberté pour Isa, Juan et Damien !
Fermeture de tous les centres de rétention !
Pour la liberté de mouvement et une pratique solidaire de l'autonomie de
la migration !
Berlin : Emission de radio sur l'anti-répression le samedi 09/08/08. Une partie a été consacrée à Bruno, Ivan, Isa, Juan et Farid : la présentation de leur situation, ensuite la lettre de Bruno déclarant son entrée dans l'illégalité en francais puis en allemand.
télechargement : http://www.freie-radios.net/portal/content.php?id=23773
http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&filtre=1&droiteA=1&numpageA=1&id=7375
01 septembre 2008
Occupation du centre du SYCTOM de Romainville
Depuis le 19 août, dix huit salariés sans-papier occupent le centre du SYCTOM de Romainville (160 salariés), syndicat intercommunal chargé du tri sélectif des déchets pour 83 communes d'Ile de France.Jusqu'en juin, c'est la société VEOLIA qui avait la concession pour ce marché. Puis un nouvel appel d'offre a été remporté par la société espagnole URBASER, en vue de moderniser le site.VEOLIA et URBASER sont deux multinationales qui tirent profit de la gestion des déchets ménagers que leur confient des collectivités publiques, mais elles se comportent avec leurs salariés comme des exploiteurs sans vergogne, sans respecter le Code du travail.URBASER n'a pas hésité en juin à arrêter le site pendant une semaine,
afin de renvoyer en fin de mission des salariés en intérim, comme s'ils étaient du bétail. Plusieurs parmi eux étaient sans papier, parfois depuis des années, embauchés par VEOLIA par l'intermédiaire d'une boite d'intérim (STAR PEOPLE), et se retrouvent sans rien, et à la merci d'une expulsion. Certains ont travaillé pour VEOLIA pendant plus de dix ans par contrats successifs. Selon le Code du travail, il est interdit d'occuper des intérimaires en permanence, ils auraient donc dû être
embauchés !Ce conflit est emblèmatique pour les questions qu'il soulève : le SYTCOM qui concerne, rappelons-le 83 communes de la RP dont la majorité est dirigée par le PS le PC ou les verts devrait être un service public exemplaire pour les conditions sociales d'emploi. Le service public a été concédé à des multinationales par ces communes qui sont préoccupées ni par les conditions d'emplois des salariés (souvent dangeureuses), ni du rrespect du code du travail, ni par le respect des règles écologiques.
Jacqueline (comité NPA de Romainville)
Témoignage du dimanche 17 aout, le soir.
Cet appel était plutôt étrange, l'objectif n'est pas très bien passé. Les retenus se passaient le téléphone pour expliquer leur situation, se plaindre, nous prier de "faire quelque chose". C'était assez dur. Personne n'avait entendu parler d'une manif 15 jours auparavant. Un retenu nous a parlé de deux "disparus". Nous lui avons dit que c'était peut être les deux inculpés pour "incendie criminel", il a confirmé et n'avait encore pas eu l'info qu'ils avaient été relaxés. Sinon, les arrestations sont toutes faites par des civils. Les personnes que nous avons eu au téléphone ont entendu parler des ouvriers du chantier du cra mais ne les connaissaient pas dans le centre de rétention. En bref, ni de lutte à l'intérieur, ni à l'extérieur, et sans ce contexte, les appels ont un autre sens. Vivement le retour de la lutte!"Moi, ça fait 6 jours. Je vais voir le consulat après les premiers 15 jours. Au contrôle, j'ai donné mon nom, c'est la troisième fois que je me fait arrêter. Maintenant, j'ai 18 ans, alors j'ai demandé les papiers,avant j'étais pris en charge par mon cousin. Là, je me suis fait arrêter dans le métro où vivait sarkozy. Je veux pas retourner au bled. Il n'y a pas de travail là-bas. Mes parents ne travaillent pas.Il y en a un, il s'est fait arrêter par 3 civils, au trocadéro, dans la rue. Celui qui est à côté de moi, c'était par des civils à Place d'Italie.Ici, je travail, je gagne 30 euros par jour, je fais des déménagement.Il y a beaucoup d'arrestations en ce moment, ça bouge tout le temps: 2 qui sortent, 4 qui rentrent etc.On voit le juge, après le consulat et voilà.Un autre, il s'est fait arrêter à Barbès la journée, dans la rue. C'était après la prière de midi. Avec beaucoup de contrôles, ils étaient nombreux à se faire arrêter. Ils étaient 10 civils.Il y a plus de 130 places, c'est plein. Tu te réveilles, tu prends la douche, café, cigarette, un coup de fil. C'est chaud.De toute façon, je reviens. Peut-être je reste 2 ou 3 ans et je reviens.Maintenant, j'ai compris tout, comment ça fonctionne. Je reviens.Je vous passe un autre qui veut vous parler" "Ici, on est comme untroupeau de vache entassé.Pour nous contrôler, les flics ils inventent des infractions. Moi, j'étais dans le train. Pour se justifier, ils ont dit que j'avais les pieds sur la banquette devant. C'est pas vrai, il y avait mon collègue, j'allais pas lui mettre les pieds sur les genoux! C'est souvent comme ça.On est dans des petites cages, c'est dégueulasse.J'ai une femme et des enfants ici.Je suis passé devant trois juges. Le recours a été rejeté. ""Après 15 jours, ils te renvoient en garde-à-vue pour mettre les compteurs à zéro. Pour solliciter de nouveau le consulat. Il y en a plein.La Cimade, c'est des corrompus. J'ai voulu envoyer un fax à mon avocat pour mon dossier, ils ont hésités. Si ils sont ici, c'est pas pour rien.Ils sont là pour la photo. C'est pas un bureau, c'est une agence. Il y en a beaucoup qui sont naif, en état de choc, ils sont déprimés. Ils livrent les calmants par paquets, lexomil, tranxen. ça se passe mal. Tout ça à cause des papiers. C'est la colonie française.Ils ont laissé quelqu'un dans le centre qui sort de l'hopital, tout de suite après l'opération. Il a mal Du côté juridique c'est mort. L'avocat a trouvé un vice de procédure mais les juges ont couvert le préfet. Donc si les grands couvrent les grands, alors nous...Il y avait du monde dans la salle.Dans le centre, on se raconte les histoires de chacun, on échange.Les consuls, on a affaire à des rusés, ils regardent les profils psychologiques pour deviner la nationalité."
LETTRE DE DAMIEN, en prison à Villepinte
Nouvelles de l'instruction antiterroriste
Durant la période éléctorale qui a vue l'arrivée de Sarkozy à la présidence, l'ambiance est à la colère et à la révolte. De manifs sauvages à des bris de vitrines de permanences d'élus, de nombreux actes marquent cette période. Début mai, il y eu aussi une tentative d'incendie d'une voiture de flic devant un commissariat de Paris.C'est pour cette tentative qu'Isa, Juan et aujourd'hui Damien sont en détention préventive, au motif que leurs ADN, pris à leur insu ou de force, auraient été retrouvés sur l'engin incendiaire.Tous les trois sont sous le coup d'une instruction antiterroriste.
Salut à tous les camarades,
C'est une triste nouvelle qui me pousse à écrire cette lettre. A l'heure où elle sera rendue publique, je serai en prison, enfermé dans une cellule pour un temps que j'ignore. Il y a une semaine j'ai reçu une convocation de la juge antiterroriste Houyvet pour le 14 août en tant que mis en examen dans le cadre de l'instruction sur la supposée « Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne ». Pour mémoire, j'avais déjà été interpellé le 19 janvier avec Ivan et Bruno qui étaient en possession de fumigènes. J'avais alors été placé sous contrôle judiciaire.Je suis donc convoqué le 14 août car les flics et les experts en charge de ces affaires prétendent avoir recoupé mon ADN prélevé sur un de mes habits en Garde-à-vue le 19 janvier (j'avais alors refusé de le donner volontairement) avec l'un de ceux relevé sur une bouteille remplie d'essence retrouvée sous une dépanneuse de la police en mai 2007, au moment de l'élection présidentielle. Dans cette affaire, Isa et Juan sont déjà incarcérés. Je sais donc en me rendant à cette convocation que je n'ai aucune chance d'en sortir à l'issue et pourtant je m'y rends. Si je tiens à écrire cette lettre, ce n'est pas pour me justifier ni pour chercher un assentiment collectif. J'ai fait ce choix après réflexion et après en avoir discuté longuement et collectivement. Ce fut évidemment une décision difficile mais je l'assume pleinement. J'avais seulement envie d'expliquer cette décision à toutes celles et tous ceux avec qui j'ai déjà partagé des moments de vie et de lutte et parce que cette situation peut toucher d'autres personnes et qu'il est bon de partager les expériences. Si je le fais dès aujourd'hui, c'est parce que je sais bien qu'il sera plus difficile de communiquer ensuite.Dans cette affaire, mon ami Bruno a fait un choix différent, il a préféré la cavale pour des raisons tout à fait compréhensibles. Je lui souhaite de tout coeur bon vent et j'espère que tous les charognards de la répression ne retrouveront jamais sa piste. Nos choix ne sont pas les mêmes mais ne s'opposent pas entre eux. Libre, en cavale, sous contrôle judiciaire ou enfermé, ces situations sont différentes mais quelle qu'elles soient, nous restons animés par le même désir de liberté et le même envie de révolte face à ce qui nous opprime.Dans ma situation, il n'y avait que peu de possibilités : partir ou me rendre à la convocation, soit l'exil ou la prison. Je ne voulais pas ne pas m'y rendre et attendre qu'ils viennent m'arrêter chez moi ou m'enlever en pleine rue. Quant à partir, je ne me voyais pas refaire ma vie à des milliers de kilomètres ni vivre caché dans la crainte permanente d'être arrêté. Bien que, je le répète encore, je comprends et soutiens tous ceux qui ont fait ces choix, mais moi je ne me le sentais pas, voilà tout. Restait donc me rendre à cette convocation et aller quelques temps en taule, ce qui ne signifie pas que j'accepte mon sort. Aller en taule tout en continuant à lutter pour la liberté, sans oublier ce qui nous anime politiquement, sans renier ce qu'on est, des révoltés contre l'ordre des choses, contre la marche de ce monde qui se prétend naturelle et contre la résignation.Quant aux faits qui me sont reprochés, je nie une quelconque participation à cette action, je conteste ce rapport d'expertise et par là tout le système judiciaire et sa cohorte d'experts qui font maintenant de l'ADN l'élément indiscutable prouvant la culpabilité, l'empreinte génétique devenant la preuve absolue. J'affirme néanmoins ma pleine solidarité avec toutes celles et tous ceux qui, lors de la dernière élection présidentielle, ne se sont pas contentés de rester dans leur coin mais sont descendus dans la rue pour gâcher la fête de l'arrivée au pouvoir d'un nouveau chef et exprimer avec rage leur refus d'être gouvernés, chacun à leur manière.Cette révolte se poursuit aujourd'hui de différentes manières, dans les centres de rétention, dans les lycées ou dans les rues et j'espère de toute ma détermination et de toute ma rage que les murs qu'ils construisent ne suffiront à nous séparer et à briser nos solidarités et nos révoltes.
A bientôt, Damien.
Liens:: https://infokiosques.net/spip.php?article597 http://nantes.indymedia.org/article/14743
COMMUNIQUE Collectif Zero.
Les CZ sont solidaires des peuples de la planète, expulsés, déracinés, exploités, emprisonnés et assassinés par les états capitalistes et totalitaires.Nous avons contacté toutes les orga soi-disant anticapitalistes afin de cosigner ce communiqué.
Aucune orga n'a répondu à notre solicitation; il est vrai que la misère et la barbarie sont leur fond de commerce et que cela leur permet de pouvoir manipuler les cerveaux des humains, elles se comportent de la même façon que les "maîtres du monde".Les CZ appellent à la préparation et au déclenchement de la grève générale insurrectionnelle !Il ne s'agit que d'un communiqué très à la mode actuellement.
INSURRECTION.
LIBERTE DE CIRCULATION.
ABOLITION DES FRONTIERES.
LUTTE CLASSE CONTRE CLASSE.
Nous envisageons le lancement d'une pétition à classement vertical au ras du sol et également l'organisation d'une manifestation le jeudi 23 novembre 2008 à 10h30, "secteur public et privé" mais nous demandons aux 9 millions d'hexagonaux vivant en dessous du seuil de pauvreté de ne pas se déranger.
CZ.
LETTRE D'ISA DEPUIS LA PRISON DE LILLE-SEQUEDIN (mai 2008)
vendredi 08 août 2008
En janvier 2008, Isa et Farid sont arrêtés par les douanes à Vierzon en possession de chlorate de soude, de plans de la prison pour mineurs de Porcheville et de manuels de sabotages. L?ADN d?Isa, prélevé pendant la garde-à-vue correspondrait avec celui retrouvé sur des engins incendiaires sous une voiture de police en mai 2007 à Paris.Le 20 juin, le frère d?Isa, Juan, est arrêté à son tour et directement incarcéré à la prison de Fresnes, au motif que son ADN aurait également été identifié dans l?affaire de mai 2007. Il a ensuite été transféré à Rouen.Ces affaires sont instruites sous juridiction anti terroriste (voir « Anti terrorisme encore » paris.indymedia.org/article.php3 ?id_article=102138).Ce texte a été écrit par Isa en mai 2008 alors qu?elle venait de se faire transférer de la maison d?arrêt de femmes de Fleury-Mérogis à celle de Lille-Séquédin. Aujourd?hui elle se trouve à la prison de Rouen où elle vient de sortir de 10 jours de mitard pour avoir été classé « meneuse » par l?administration pénitentiaire pour un blocage de la cour de promenade suite au tabassage d?une prisonnière (voir « Solidarité avec les prisonnières en lutte de Rouen http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&filtre=1&numpageA=1&id= 7201). « Je me décide enfin à écrire, 4 mois et demi après mon incarcération en mandat de dépôt, parce que cette cage gigantesque mais étriquée qui nous traque dehors et dedans, m?éc?ure d?un dégoût incommensurable. Comment ne pas penser à la chasse policière qui se rabat sur nous, dehors, comme un poison qui se répand, déterminé à étrangler la révolte et asphyxier les solidarités. Comment oublier n os proches qui se font suivre et épier, arrêter, contrôler. Comment ignorer la politique d?un pouvoir qui, soucieux de survivre à sa propre nuisance et médiocrité, bâtit la légitimité de sa gouvernance sur le sentiment d?insécurité et sur la division de ses sujets... La crainte d?un crime macabre et de hordes de barbares, tantôt spontanés, tantôt organisés, est indispensable à l?Etat pour justifier une stratégie répressive, sécuritaire et policière qui pérennise ses pleins pouvoirs. Les citoyens peuvent dormir tranquille, l?Etat veille et condamne les pédophiles criminels, les terroristes assassins, les malfrats sanguinaires, qui foisonnent dans nos quartiers... La menace est partout. Et les mots sont puissants pour créer le danger.La réalité est que l?économie de la peur est un marché fructueux et très épanoui. Les caméras de surveillance pullulent, ainsi que les sociétés privées de surveillance. Les nouvelles technologies excellent en matière de sécurité et de mouchards. De même, la police grouille dans nos rues et dans nos gares, la justice est mécanique et expéditive ; les prisons de toutes sortes fleurissent et se surpeuplent.C?est évident le monde est partagé entre les honnêtes gens d?une part ; et puis les pauvres, les chômeurs, les sans papiers, les immigres, les jeunes, les grévistes, les sans permis, les escrocs de la sécu, les fraudeurs, les petits trafiquants du marché noir, les voleurs de pomme, les agités qui outragent et se rebellent, les insoumis qui refusent l?identification et le fichage, les alcooliques, les drogués, les adeptes de pétards et de fumigènes, les prostituées, les dépressifs, les bagarreurs, les faucheurs, les casseurs, les saboteurs, les fainéants, les curieux de lectures subversives, les vagabonds.... Dans un monde gouverné à la faveur des honnêtes gens, on ne peut accepter un écart de conduite coupable et la lutte pour accéder à cette classe est vorace et se mesure au mérite. Travaille avec zèle, dénonce ton voisin, élève tes enfants à la grandeur de l?identité nationale, suit avec docilité les directives du « parti ».Existe-t-il réellement une conscience du monde aussi servile et exiguë ? Est-ce le triste ordre qui nous régit ? Nous ne sommes pas dupes et n?entrons pas dans ce jeu. Nous n?incarnerons pas ces épouvantails. Nous ne serons ni des boucs émissaires ni des martyrs. Dans une société où il est bon de se taire et de rester à sa place, la révolte peut être combattue à coups de matraque, de murs et de barbelés, d?irradiations au discours dominant et calomnieux, elle ne sera pas vaincue. Les idées et la pensée critique n?ont ni maître ni frontière et les esprits libres auront toujours la rage de vivre du carcan éternel des oppresseurs exploitants et des exploités opprimés.En 4 mois, j?ai exploré la Maison d?arrêt des femmes de Fleury-Mérogis et le quartier des femmes de Lille-Séquedin. D?ici un mois, je devrai fouler le centre pénitentiaire de Rouen... Que dire de cette expédition disloquée et inattendue qui nous arrache les pieds de la terre et la tête des nuages pour nous compartimenter, nous morceler, nous réduire en mille espaces temps, en mille lieux et réalités, en un fouillis de « soi », d?image de soi, visages multiples, difformes ou amnésiques... Comment définir ce parcours du moi incertain entre police, justice, prison ?... Chaque pas est une progression dans une jungle de cages imbriquées les unes dans les autres comme des poupées russes, muettes et censurées. Et chaque pas doit être un retour en soi pour recomposer les pièces dispersées de l?esprit, et détruire les barreaux qui s?ébauchent dans les tréfonds du corps. Ce serait une folie que ma situation pénale et carcérale me colle à la peau ! Nier notre propre conscience pour une paranoïa d?Etat est un acte suicidaire !Je ne sais pas exactement comment s?articulent le pouvoir et les responsabilités entre les instances judiciaires et pénitentiaires.Toujours est il que mon transfert à Séquedin a été motivé « officiellement » par des dessins que j?avais fait de ma cellule et de la cour de promenade, susceptibles de nuire à la sécurité de l?établissement (prétexte) ... Alors qu?un rêve d?évasion est sans doute la plus juste cause qui peut tenir éveillé un prisonnier (enfin, de là à franchir le pas, la réalité est complexe... !). Il paraîtrait que mon transfert immédiat en région parisienne serait empêché par ce genre de querelle : la délicate question des détenus particulièrement surveillé(DPS) ... Voilà, du coup, si jamais je n?étais pas libérée d?ici là, un transfert à Fresnes serait envisagé au mois de septembre ... Entre temps la seule solution intermédiaire qui m?est proposé pour me rapprocher de Paris est Rouen. Ce que j?ai accepté étant donné que la maison d?arrêt est plus accessible pour mes proches... Mais je ne cesserai de rappeler la précarité et l?illusion de mes droits de prévenue présumée innocente ; qui semblent pourtant tout à fait concordant avec l?incarcération, une enquête à charge et puis ma supposée dangerosité. Cela entraîne un contrôle renforcé, justifie l?éloignement et l?isolement vis-à-vis des proches et de la défense.Pour illustrer l?insignifiance de cette condition je pourrai par exemple raconter comment j?ai passé 2h30 dans une cage à lapin d?un fourgon de la gendarmerie avec les mains menottées, quelques trous d?aération, à peine la lumière du jour, sans boire ni manger, jusqu?à arriver au tribunal de Paris, discuter quelques minutes avec l?avocat que je n?avais pas vu depuis ma
dernière extraction, et enfin être interrogée devant le juge avec un mal de crâne infernal ; en sachant qu?il faudra envisager le retour de la même manière... C?est une représentation tout à fait précise du sens de nos droits. Et c?est bien connu.Pour revenir un peu en arrière, rentrer en prison a été un bouleversement terrible. Après 5 jours d?un cauchemar sous tension, en garde à vue, avec des accusations lourdes et dans des proportions que je n?aurai même pas soupçonné, l?attente interminable a commencé... Jusqu?à quand ?? Au bout de 2 mois j?avais cependant retrouvé un certain équilibre, lier des connaissances... Seulement on a préféré me casser encore un peu, dans la logique punitive et vengeresse, et j?ai atterri à Lille-Séquedin, prison moderne surgie de la terre il y a 5 ans.Une fois encore c?était l?effondrement des repères. Je rentrais dans un environnement en apparence plus sécurisé, lisse, propre mais glacial. De larges couloirs éclairés, ponctués de caméras sous des globes de protection,une petite cour sans âme sous vidéosurveillance, tapissée de goudron et cerclée d?une double rangée de grilles et de barbelés, une cellule munie d?une douche, d?une télé d?office et de 5 prises électriques ( !)... Et pour peupler de fantômes cet espace morne, une rationalisation et discipline des mouvements, attachées à réprimer la vie dans ses moindres recoins. L?esprit du lieu a fort bien marié le confort et la propreté au service de l?ordre. Les flux et les effectifs sont réduits au minimum et strictement réglementés (3 tours de promenade pour 150 détenues, des activités limitées et à petit nombre). Les temps de promenade n?excèdent pas la limite obligatoire (1h15 par demie journée). Les échanges et solidarités entre détenues (à part les trafics de cachetons) sont particulièrement compliqués à mettre en ?uvre dans une ambiance où la répression est diffuse (même un papier et un stylo
sont interdits en cour de promenade)... Et à ne pas s?y confondre, si un service de buanderie est proposé c?est pour éviter le désordre et la confusion du linge aux fenêtres ; pour empêcher que les prisonnières puissent se « réapproprier » et détourner l?espace dans lequel ils survivent...D?ailleurs dans cette nouvelle prison gérée en partie par une société privée
(la SIGES -filiale de SODEXHO-) qui s?occupe du travail, la buanderie est le pole d?activité essentiel pour les femmes. Je crois que 1,5 tonne de linge est traitée par jour, provenant des différents centres pénitentiaires de la région. Pour les hommes, il s?agit de la cuisine. Sur le même principe Séquedin fournit des repas en barquettes à toutes les prisons de la zone. Les salaires sont inférieurs à 200 euros pour les femmes (pour un temps plein), 100 de plus pour les hommes.Depuis l?ouverture d?un EPM (établissement pour mineur) à Quièvrechain, le quartier mineur de l?établissement a été fermé. Aujourd?hui en travaux, il est en phase de devenir un quartier ultra-sécurisé. Alors l?ouvrage sécuritaire se poursuit aveuglément : une nouvelle file de barbelés vient d?être ajoutée au mur d?enceinte, les tuyaux souterrains d?évacuation des eaux ont été grillagés, etc... Je compare cette platitude pacifiée à l?ambiance de la Maison d?arrêt des femmes de Fleury qui a son histoire, ses luttes , ses évolutions, ses acquis... Et puis ce qui caractérise les vieux centres pénitentiaires comme les douches « collectives » ou la distribution d?eau chaude le matin... Le dimanche après-midi la promenade s?étend sur 3h avec une autorisation de « pique-nique ». Et jamais une surveillante ne poserait un pied dans la cour de promenade... En fait le front est plus présent dans l?absolu.A Séquedin, c?est comme si la division et l?effacement avaient opéré. On entend rarement les détenues frapper sur les portes des cellules à l?unisson. Mais j?espère que le quartier des femmes se secouera dans l?avenir pour refuser la résignation, conquérir de nouveaux « droits » et libertés, ici et ailleurs. Et enfin, partout, mettre à bas ces lieux de l?enfermement. A l?heure qu?il est j?attends toujours, mais avec plus de confiance et avec une compréhension progressive des mécanismes qui tentent de nous gérer... La lutte continue ! »
LIBERTE POUR ISA, JUAN ET TOUS LES PRISONNIERS ! A BAS TOUS LES ENFERMEMENTS ! !
Dimanche 3 août 2008, CRA du Mesnil Amelot
1er témoignage ( bât. 3 ou 4 ? )
"Hier ils nous ont bombés avec la lacrymo. 3 personnes sont tombées, je sais pas après ce qui leur est arrivé. Ils nous traitent pire que des chiens. On est pas d'accord avec tout ce qu'il se passe. C'est pas normal. Moi ça fait 4 fois que je suis emmené en centre de rétention. A chaque fois c'est la même chose je suis libéré puis de nouveau arrêté et emmené en centre. Je me suis fait taper plus de cinq fois ici. A cause de tout ça on devient fou. Est-ce que vous vous rendez compte il y a même des personnes en règle qui sont ici ? Hier il y a une personne qui est arrivée, elle a sa carte de séjour qui expire en septembre et il l'ont mise quand même maintenant en centre de rétention. Hier on a pété les plombs. On avait la haine. Ils nous ont gazés pour rien, pour nous évacuer sur le terrain de foot après l'incendie. On était plus d'une centaine. Ils nous ont fait rentrer par une toute petite porte. Ils étaient une trentaine de gendarmes. Tellement ils ont gazé, les gendarmes eux mêmes étaient mal. On est resté assis dans le stade jusqu'à 21H30 pour la fermeture. On a pas mangé. On s'est mis en grève de la faim. Depuis hier soir la moitié des personnes sont en grève de la faim. Aujourd'hui il y eu 2 expulsions."
2e témoignage : ( bât 2 )
"Mon collègue était en ligne hier directement avec les manifestants. L'incendie s'est produit au bâtiment 1 et 4. On manifestait à l'extérieur quand cela s'est produit, on criait à la liberté. Tout d'un coup, on a vu le bâtiment 1 en feu, puis le 4.Dans le bâtiment 4 il y a juste la salle télé qui a brulé. Dans le bâtiment 1, on ne sait pas, mais ils l'ont fermé immédiatement. Pendant le feu, les flics étaient agressifs, ils nous ont gazés et une personne s'est faite frapper. Elle a été amenée vite fait à l'infirmerie. Après elle est revenue avec nous. Les gendarmes nous ont mis sur le terrain de foot. On nous a laissé au moins 4 heures là-bas dans le froid.Pendant la manifestation, ils nous empêchaient de voir l'extérieur en nous barrant la vue avec des camions.Aujourd'hui 2 personnes ont été embarquées peut-être qu'elles sont en prison. Les flics se sont servi du fait qu'elles devaient passer en jugement mais elles sont pas rentrées. Normalement elles auraient dû être ramenées au centre, on ne sait pas où elles sont. Ils ont dû les prendre au hasard parce qu'il leur faut des coupables.
Les gendarmes nous ne communiquent rien. On est en grève de la faim depuis hier. On l'a signalé. Ça fait presque 24H. Depuis hier midi. On a parlé aux gendarmes, on leur a dit que plus de la moitié des gens étaient en grève. Depuis hier ils ont un peu changé. Ils sont plus sévères. Ils ont des ordres. C'est un peu tendu. Hier il y avait des photographes. Mais je pense qu'ils ont confisqué l'appareil de la personne qui essayait de nous prendre en photo. À l'intérieur, les gendarmes nous filmaient. Un flic nous filmait avec un camescope. Il y avait aussi deux personnes au-dessus du toit qui nous surveillaient.Ils ont pris en chasse un photographe qui était à l'extérieur.On n'est pas enfermé dans nos chambres, mais les bâtiments sont assiégés ».
3ème témoignage ( bât.2 )
"Le feu s'est déclenché vers 17H. Les gendarmes ont commencé à intervenir avec des extincteurs. Les pompiers sont arrivés plus tard. Le bâtiment 1 n'est plus utilisable. Les gens du bâtiment 4 sont encore dans ce bâtiment. Par contre, ceux du bâtiment 1 ont été répartis dans les autres bâtiments.Lors de la manifestation, ils ont amené des camions pour nous cacher pour pas que les journalistes nous voient. Il y avait un photographe à l'extérieur, ils sont partis le chercher pour pas qu'il puisse faire son travail.On est presque une quarantaine à être en grève de la faim.Deux personnes ont été arrêtées aujourd'hui. Je crois qu'un a été arrêté parce qu'il ouvrait trop sa gueule. Les flics ont profité du fait qu'il avait un jugement pour l'embarquer."










