30 juin 2008
Dernières nouvelles des exilés du centre de rétention de Vincennes à Lille.
Vendredi 27 juin 2008
Dernières nouvelles des exilés du centre de rétention de Vincennes à Lille.L'homme qui témoigne raconte en détail la mort du retenu (samedi 21), l'incendie du centre (dimanche 22) et son transfert à Lille.Par rapport à la mort du retenu cependant, si on veut un récit exact, il vaut mieux s'en tenir au témoignage publié dimanche dernier, il est plus complet et la personne qui raconte était un témoin direct des événements. Mais aujourd'hui le témoin a tenu a revenir sur le décès
parce que visiblement il est intimement lié à l'incendie.Comme chacun sait, suite l'incendie le centre de Vincennes a été
entièrement brûlé et est depuis fermé.Le témoin se trouvait dans le CRA 2 aux moment des événements.« ça a commencé samedi, le jour où le monsieur est décédé. Il a demandé à son ami russe de le réveiller pour aller à l'infirmerie. Quand il est venu le réveiller il était gravement malade, il se réveillait pas, il a prévenu les policiers et ils sont venus une heure et demi après, entre temps il est mort. Il est mort dans le centre à cause des médecins qui ne sont pas venus. Une fois qu'il était mort, ils l'ont pris pour l'amener à l'hôpital. Il nous ont pas laissé rentrer dans la chambre pour voir ce qui se passait. Ils ont dit que personne ne rentre, on leur a dit qu'on était pas d'accord, ils nous ont bousculés, nous ont était nombreux on a fait la bousculade, ils nous ont mis du gaz, ils nous ont frappé partout avec les matraques. Après on est resté tranquille. Ils nous ont dit que le monsieur est mort on leur a dit que c'était à cause d'eux. il nous ont dit qu'il était mort à l'hôpital, on leur a dit que non.Dimanche vers 13h, on a fait la prière pour le mort, 10 minutes de silence. La prière n'était pas totalement musulmane il y avait des chrétiens aussi, on était ensemble. Après on a fait une marche dans les couloirs en disant « on est pas d'accord, on est pas content du tout, ils sont en train de nous maltraiter ». On était nombreux. La police nous disait qu'on voulait casser, on leur a répondu « on casse rien, on fait la marche pour montrer qu'on est pas d'accord, on est pas des criminels on a juste pas de papiers »Vers 15h, dans 2 ou 3 chambres ça a commencé à bruler, j'ai pris mes affaires. Partout il y avait des matelas dans le couloir et dehors. On continué à faire la manif pendant le feu et quand c'est devenu trop fort les policiers sont venus avec le gaz, ils voulaient qu'on aille tous dans un coin de la cour. Ils nous ont fait sortir par 3 ou 4 portes, 10 par 10.Puis on a dit « on bouge pas de la cour, si on meurt on veut mourir ensemble, on bouge pas ». Ils nous ont sortis avec la force, 10 par 10, pour aller de l'autre coté dans le gymnase. Ils ont frappé avec les gaz, les matraques, bousculade, poussé.Ils ont réussi à nous mettre tous dans le gymnase. Il n'y avait pas de fenêtre, il y avait du gaz dans le gymnase, les gens ont commencé à tomber partout, ils ont appelé les pompiers.Puis, ils nous ont emmenés dans la cour de l'école de police avec la force. 5 par 5. Là, il y avait des gendarmes avec les CRS. Il nous tapaient parce que nous on disait qu'on voulait rester ensemble. Dans cette cour il y avait tout le monde, sauf les malades qui étaient sur des brancards avec des médecins.Les gendarmes nous ont entourés avec des camionnettes, il ont laissé qu'un seul passage. A 23H ils ont dit « tout le monde venez manger », on a dit « personne ne mange ». Ceux qui ont accepté sont partis manger 10 par 10. Les 10 premiers ne sont jamais revenus, on a dit qu'on irait que s'ils revenaient. Finalement d'autres sont quand même allés manger mais pas moi.On a entendu qu'il y avait une manifestation dehors.Ils nous ont dit que si on voulait pas manger, on pouvait aller chercher nos affaires dans un coffre [là où les retenus déposent leurs affaires importantes à leur entrée dans le centre]. 3 par 3. On a dit « on bouge pas, c'est des conneries, ils vont nous emmener: il en a qui y sont allés les deux premiers groupes ne sont pas revenus ».Un monsieur, je crois que c'était le chef de police, a demandé si on a un délégué. On a dit qu'on est tous ensemble que ya pas de délégués ni de responsable.Ils ont commencé à parler avec Koné [celui qui est parti en GAV, accusé avec Ali d'incitation à l'émeute et d'incendie criminel, relâché mercredi soir]. Koné a demandé à aller voir ce qui se passe, on lui a dit de pas y aller, qu'il allait pas revenir. Ils ont dit qu'ils voulaient parler avec lui. Il n'est pas revenu. On a dit on bouge pas parce qu'il est pas revenu.Le chef a dit que de toute façon on dort pas ici. On a dit qu'on veut savoir ce qui se passe et on bouge pas. Après avoir emmené Koné, ils nous ont fait passer 5 par 5 et 7 par 7 pour aller plus vite. Là, ils nous ont demandé notre carte [qui était remise aux retenus à leur arrivée au centre de Vincennes], ils ont vérifié notre nom. Sur la carte il y a une photo, l'adresse de Vincennes, nos nom, prénom, nationalité, jour d'entrée dans le centre. C'est une carte qu'on lit avec une machine. J'ai donné la mienne, ils m'ont fouillé ils n'ont rien trouvé, ils m'ont donné mes affaires, mon portable et ils nous ont ramené dans le gymnase. On était tous là sauf Ali et Koné. Ils nous ont fait sortir un par un, avec deux gendarmes par personne qui nous tenaient par chaque bras jusqu'au bus.Ils nous ont pas dit où ils nous emmenaient. On a entendu qu'il y en a qui partaient à Marseille, à Nantes. Il y avait 3 bus. Ils ont vérifié le nombre de personnes. Il y avait beaucoup de gendarmes devant et derrière. On est parti à 2h du matin, on est arrivé à Lille à 6h du matin. Directement sans s'arrêter, avec des motos et des petites voitures de police devant, derrière, partout. Dans le bus, ils ont ouvert les fenêtres, il faisait froid, on avait pas de bons vêtements, on a demandé qu'ils ferment ils ont refusé et ils nous ont répondu qu'ils étaient chez eux et qu'on devait rentrer chez nous. Les 3 bus sont allés à Lille. On est d'abord allé dans le nouveau centre mais il n'y avait pas assez de place pour tout le monde. Ici on est dans le plein centre ville, dans un ancien centre fermé depuis deux ans qu'ils ont rouvert exprès pour nous y mettre.Ici il n'y a pas d'eau chaude, pas de chauffage, il fait froid.On était 55 personnes de Vincennes à aller à Lille. Il y a eu des libérations, ils disent qu'il en reste 47 sur les deux centres.[A propos de la rumeur qui parle d'un deuxième mort dimanche:] J'en ai entendu parler. A Vincennes il y avait une petite chambre d'isolement pour nous punir. J'ai vu les policiers amener un monsieur en isolement, on sait pas s'ils l'ont fait sortir, on l'a pas revu. Moi je le connais pas, il était arabe.Les travestis, je les ai vu sortir du gymnase mais je sais pas où ils ont été emmenées.A Lille, on a pas d'infos, la cuisine est pas préparée ils nous donnent à manger froid, on mange pas bien. Ils viennent nous chercher avec des CRS. Ils nous traitent comme des criminels. Ils nous fouillent tous les jours. Ya pas de cartes. Ils nous comptent tous les jours, pas comme à Vincennes, c'est quand on vient de manger, quand on sort de la cantine.Chambres de 2, 3, ou 4 personnes. Il y a des toilettes pour chaque chambre, mais les douches sont dans le couloir. Ya qu'une seule cabine téléphonique, l'autre marche pas bien. Même celle qui marche, on s'entend pas, il faut taper.La Cimade essaye de faire une défense pour demander la libération collective des gens de Vincennes. Ils ont pris une personne de Vincennes de chaque centre pour aller devant le juge. Ils l'ont fait une première fois mercredi mais c'est pas réussi. Ils y sont retournés ce matin, j'ai rien compris, je crois qu'ils font un recourt. Ils sont partis ce matin on a pas encore de nouvelles »
fermeturetention@yahoo.fr
27 juin 2008
Farid, mis en examen de la fantasmée « mouvance anarcho-autonome francilienne » raconte…
Ce texte a été écrit a la maison d’arrêt de Meaux-Chauconin où j’étais incarcéré jusqu’au 26 mai 2008, date à laquelle j’ai été libéré sous contrôle judiciaire après une décision de la chambre de l’instruction, contre l’avis du parquet anti-terroriste et de la juge d’instruction, ce qui montre bien que , même à l’intérieur de l’appareil judiciaire, leur délire a des limites. Isa, avec qui j’ai été arrêté est elle toujours emprisonnée et il faut maintenant faire tout notre possible pour obtenir sa libération à elle aussi.]
Je me suis fait arrêté avec Isa le mercredi 23 janvier 2008 lors d’un banal contrôle douanier à la hauteur du péage de Vierzon, comme il y en a tant sur les routes de ce pays. Enfin, dès que les douaniers ont vu que j’étais fiché par les RG, le contrôle est tout de suite devenu moins « banal ». Et n’en parlons pas quand ils ont découvert le contenu du sac (du chlorate de soude acheté en quincaillerie, des plans de prison pour mineurs en construction qu’on peut trouver sur internet et des ouvrages sur des techniques de sabotage : pas de quoi fouetter un chat pourtant… mais un anarcho-autonome présumé si !). Ensuite, direction la gendarmerie à coté, placement en garde à vue mais rien de spécial c’est-à-dire droit à prévenir un proche et un avocat. Les choses ont changé radicalement quand la brigade anti-terroriste est arrivée, décision expresse du parquet anti-terroriste de Paris, comme si ils attendaient que l’occasion se présente… Avec eux, ça devenait plus grave tout d’un coup, le seul fait de cette « prise en charge » comme ils disent, nous transformait en « terroriste ». Dès le trajet à 200 à l’heure vers Paris, la pression commence : « T’as pas l’air de te rendre compte ce qu’il t’arrive ! », le jeu sur le caractère exceptionnel de la procédure sera permanent. Et direct en arrivant à Paris vers 22h, perquisition chez moi, apparemment ils s’attendent à trouver un arsenal alors faut foncer armes au poing ! Des mecs des RG arrivent et c’est parti. Du coup 7 à retourner 25 m carré ça bosse dur et ils mettent la main sur … des tracts et des pétards. Je les sens un peu déçu. On fait même demi-tour à toute blinde parce qu’un peu fébriles, ils ont oublié… des affiches ! Mais comme on aura l’occasion de le voir à de nombreuses reprises par la suite (NB), il leur suffit de pas grand-chose voir rien pour charger le dossier… Si c’était une pathologie, ça serait entre la mégalomanie et la mythomanie mais là, non, c’est de la « lutte contre le terrorisme d’extrême-gauche ». C’est comme ça que je lirai après incrédule dans leurs papiers qu’ils appellent les pétards des « mélanges oxydants réducteurs pouvant être utilisés comme chargement d’engins explosifs improvisés »… Là, direction le siège de la DNAT à Levallois-Perret, hommes en armes aux aguets à l’entrée, on entre dans un bunker en préfabriqué ultra sécurisé : les grands moyens sont déployés pour nous et on se demande à quelle sauce on va être dévoré ! On est placé chacun aux extrémités des locaux de garde à vue, il n’y a que nous. Isolement sensoriel garanti: un store devant la vitre de la cellule empêche de voir même le couloir, on n’entend rien de l’extérieur, l’insonorisation est totale, le seul bruit est celui de l’aération qui ne se déclenche pas au même moment dans nos deux cellules et couvre ainsi nos cris pour nous donner du courage (ça les empêche pas de nous punir en laissant allumer une sorte de néon aveuglant dans la cellule). Vont suivre 3 jours d’interrogatoire intensif, ouvrable de 7h a minuit, ici oui on travaille plus pour gagner plus. Ils viennent nous chercher 3 fois par jour, de préférence quand ils ont vu avec la caméra dans la cellule qu’on s’était endormi. On ne sait jamais quelle heure il est, combien de temps on a déjà passé dans cet enfer froid. Ils nous cuisinent pendant 2 à 3 heures interminables à chaque fois. Une des menottes est accroché à un anneau rivé au bas du mur, ça facilite la chute ! Tout est fait pour nous rendre étrangers à nous-mêmes, la tête dans un étau, c’est l’aliénation totale qui nous guette.Le ton monte au fur et à mesure, ça sent l’ « obligation de résultat », les aveux à tout prix. Les 2 mêmes flics tout au long des 3 jours qui m’entourent pour m’interroger reçoivent souvent des coups de fil de leur hiérarchie et se plaignent que le chef quand même… Ils essayent de nous diviser et jouent sur tous les registres, tentant l’humour de temps en temps (enfin à leur manière, « nous les manifs on est pas contre… si c’est des manifs d’avocats ah ah ah ») de plus en plus menaçants (« tu te rends pas compte tu pars pour 10 ans là, le juge il va voir, soutien à action directe, tu vas visiter un mec en prison, il a déjà pris sa décision alors dis nous tout maintenant parce qu’après tu vas aller moisir en prison »). Finalement, les mêmes techniques que dans les gardes à vues de droit commun par lesquelles j’ai déjà pu passer, sauf que là, les moyens pour impressionner, écraser, faire peur somme toute, sont décuplés et qu’il est beaucoup plus dur de préserver son intégrité psychologique en déclarant quelque chose.Vers la fin des 96h, comme je ne reconnais rien de leurs délires, j’ai droit au coup de pression du chef en personne qui vient me dire que de toutes façons, étant une « valeur sure » pour eux, déjà sous surveillance de la SDAT depuis quelques temps, il a eu le juge au téléphone et mon sort est réglé, la prison !... En même temps, je les entends gueuler sur Isa puis se congratuler pour l’avoir « fait passer à table »… de vraies hyènes ! Un dernier interrogatoire le samedi soir vers minuit au cas où j’avouerai enfin « parce qu’après il sera trop tard ». Jusqu’au bout ils essayent de faire croire à un enjeu de leurs interrogatoires et jouent sur la peur de la prison (et du temps qu’on va y passer) alors que comme ils le disent eux-mêmes tout est déjà joué ou se jouera ailleurs… Et puis ils nous demandent de signer qu’on n’a subi aucune violence physique ! La torture blanche par contre ils connaissent pas ! Ensuite, on est transféré au dépôt de Paris où on arrive au milieu de la nuit. On y reste toute la journée, la crasse et le bruit ont quelque chose de rassurant. Enfin, le dimanche soir, c’est-à-dire une grosse centaine d’heures après notre arrestation, à bout de forces au moment où il en faut le plus, on passe devant la juge d’instruction anti-terroriste qui signifie la mise en examen et demande la détention préventive, puis devant le juge des libertés et de la détention qui nous incarcère à Fleury-Mérogis (c’est le même juge qui avait déjà renouvelé la garde à vue et dont les flics disaient qu’ils en voyaient pas l’utilité vu qu’il suivait toujours le procureur…). Le lendemain, après avoir enfin dormi, je lis l’ordonnance de mise en détention provisoire : je suis mis en examen pour ma « participation présumée à une association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme, en l’occurrence pour avoir participé aux activités de la « mouvance anarcho-autonome francilienne » […] ces faits s’inscrivant dans le cadre d’actions concertées et violentes visant à déstabiliser les structures de l’état français. ». J’ai du mal à me dire que ce bout de papier écrit dans un langage si étranger parle de moi.Mais par la suite, lors des interrogatoires au cabinet de la juge d’instruction, j’ai vu que si, c’est bien de moi qu’on parlait et même que de ça. Une véritable obsession, tout y passe, l’enfance, la famille, les voyages, les lectures et toujours pour chercher des racines fantasmées au terrorisme. Sans parler de l’expertise psychiatrique surréaliste (« Que pensez-vous de vos parents ? Avez-vous des problèmes avec les femmes ? Est-ce que vous vous aimez ?) qui sera pourtant souvent cité pendant l’instruction. Et plus que des actes, c’est la dangerosité qui est jugée, la dangerosité d’une vie qui se veut en lien avec tous ceux qui luttent contre l’exploitation et l’oppression de ce système. Puis la base de ce délire paranoïaque se trouve dans le contexte social actuel de révolte réelle ou crainte et dans l’interprétation de certains faits par la police aux ordres du pouvoir politique. En effet, il parait que depuis l’élection de Sarkozy, les actions violentes se multiplient. Les rapports de police créent alors un lien entre toutes ces actions pour les attribuer à une même organisation. C’est plus facile et puis c’est pratique quand il s’agit de charger des dossiers. L’ennemi intérieur trouvé, il faut lui donner un nom, « organisation » c’est un peu gros quand même alors on va appeler ça mouvance, c’est passe-partout ! Et comme les RG ne se renouvellent pas beaucoup, on va aller chercher un nom dans les années 80, où flotte le spectre de la lutte armée. Alors « anarcho-autonome ». Que personne ne se soit jamais revendiqué comme tel n’est pas un problème… Il fallait bien trouver un nom. Vous avez déjà vu une organisation terroriste anonyme vous ?C’est la magie de l’état, autrement dit un montage politico-judiciaire en bonne et due forme.
ILS FABRIQUENT DES « «TERRORISTES » POUR ETOUFFER TOUTE CONTESTATION LIBRE PAR LA TERREUR ET ACCROITRE LEUR CONTROLE A BAS LES MONTAGES DE L’ANTI-TERRORISME EPOUVANTAIL D’UN ETAT EN VOIE DE TOTALITARISATION FACE A LEUR REPRESSION NOTRE REVOLTE RESTE DETERMINEE NOUS N’AVONS PLUS PEUR LIBERTE POUR ISA LIBERTE POUR TOUS
NB : J’ai été transféré à Meaux-Chauconin pour « proximité avec les prisonniers basques » parce que… nos cellules étaient cote à cote au D5 à Fleury. Isa a été éloignée à la prison de Lille-Séquedin pour « suspicion de tentative d’évasion » à cause… d’un dessin de la cour de promenade de la MAF de Fleury qu’elle m’avait envoyé. Maintenant, on apprend que son éloignement va se poursuivre à la prison de Rouen, il est donc grand temps d’agir pour que cesse ces mesures disciplinaires arbitraires et pour le RAPPROCHEMENT D’ISA dans la région parisienne.
Farid.
NOUVELLES DE L’INSTRUCTION ANTI-TERRORISTE
NOUVELLES DE L’INSTRUCTION ANTI-TERRORISTE IVAN, BRUNO ET FARID LIBERES SOUS CONTROLE JUDICIAIRE ISA ET JUAN EN PRISON.
Depuis janvier 2008, une affaire concernant (pour l’instant) six personnes est ouverte sous juridiction anti-terroriste.
Ivan, Bruno et Damien ont été interpellés le 19 janvier en se rendant à la manifestation devant le (feu…) centre de rétention de Vincennes avec un fumigène à base de chlorate de soude.Quatre jours plus tard, Isa et Farid sont arrêtés par les douanes à Vierzon en possession de chlorate de soude, de plans de la prison pour mineurs de Porcheville et de manuels de sabotages. L’ADN d’Isa, prélevé pendant cette garde-à-vue correspondrait avec celui retrouvé sur des engins incendiaires sous une voiture de police en mai 2007 à Paris.Courant avril, les deux affaires sont jointes dans une même instruction anti-terroriste.Le 20 juin, le frère d’Isa, Juan, est arrêté à son tour et directement incarcéré à la prison de Fresnes, au motif que son ADN aurait également été identifié dans l’affaire de mai 2007. Aujourd’hui, Isa et Juan sont incarcérés. Les quatre autres sont sous contrôle judiciaire. Tous sont mis en examen pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste », soit, comme le disent les flics, pour appartenance à la « mouvance anarcho-autonome francilienne. ».Suite aux arrestations de janvier, quatre personnes ont été incarcérées. Ivan, Bruno et Farid sont sortis de prison en juin après quatre mois de préventive contre l’avis du juge d’instruction anti-terroriste, après un recours auprès de la chambre de l’instruction concernant le renouvellement de mandat de dépôt. Tous trois sont sous contrôle judiciaire strict. Eloignement pour certains de la ville où ils vivent, obligation d’informer la police des déplacements en dehors du département de résidence, pointage au commissariat ou à la gendarmerie toutes les semaines, obligation de chercher du travail, de se rendre au SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation, ce sont des flics de la réinsertion). Ce ne sont que des exemples d’injonctions qui s’ajoutent à la pression constante de la surveillance policière. Le contrôle judiciaire est une des mesures utilisée par la justice pour maintenir sous son contrôle la personne « mise en liberté » ; telle une forme d’enfermement où la prison reste suspendue au dessus des têtes pour tout écart au contrôle judiciaire. Du pointage à la police à l’injonction de réinsertion, les personnes sous contrôle judiciaire sont tenues sous pression et à disposition de la justice. Dans cette affaire, l’instruction est toujours en cours, c’est-à-dire que l’enquête continue et qu’aucune date de procès n’a encore été fixée. En outre, Juan vient d’être incarcéré à la prison de Fresnes et cela fait cinq mois qu’Isa est en prison. Elle est en détention préventive avec un mandat de dépôt criminel et un statut de DPS (Détenu particulièrement surveillé). D’abord incarcérée à la maison d’arrêt pour femmes de Fleury-Mérogis, elle a été transférée en mars à la prison de Lille-Sequedin, prison « moderne » où la détention est particulièrement disciplinaire. Aujourd’hui, elle se bat pour pouvoir être en région parisienne, pour faciliter les visites de ses proches ainsi que pouvoir mieux préparer sa défense. En effet, les extractions pour les auditions sont souvent pénibles pour les détenus, plus encore lorsqu’il faut partir aux aurores et faire plusieurs heures de routes, ballotté dans un fourgon cellulaire avant d’être entendu par le juge. Les transferts d’une prison à l’autre sont justifiés par l’Administration pénitentiaire pour des raisons d’ordre et de sécurité, en réalité ce sont des sanctions disciplinaires qui ont pour objectif de casser les prisonniers. Généralement, les détenus perdent une partie de leurs affaires personnelles, sont éloignés de leurs proches et de leurs avocats et le transfert dans une autre prison rompt aussi les amitiés et les solidarités qui ont pu se tisser entre détenus. Dans ces affaires, Police et Justice désignent une organisation terroriste, appelée « mouvance anarcho-autonome francilienne » qui se rassemblerait derrière le mot d’ordre de la « haine de l’Etat bourgeois et de ses appareils » et se manifesterait principalement dans la lutte contre les prisons et les centres de rétention. Un cadre judiciaire se construit ainsi pour faire d’une personne qui participe à des luttes anti-carcérales, contre le capitalisme et son monde, un membre potentiel de cette organisation terroriste, et donc la possibilité d’être mis en examen pour association de malfaiteurs. L’Etat écrase toutes celles et ceux qui se révoltent contre ce système fondé sur l’exploitation, la coercition, la domination. Il faut punir, à coup d’amendes, de sursis, et de prison, celles et ceux qui sortent des cadres étroits de la contestation institutionnelle, et celles et ceux qui s’opposent, se révoltent contre les conditions de vie et de survie qui sont imposés. «Nous ne nous considérons pas comme des « victimes de la répression ». Il n’y a pas de juste répression, de juste enfermement. Il y a la répression et sa fonction de gestion, son rôle de maintien de l’ordre des choses : le pouvoir des possédants face aux dépossédés » (Extrait de la lettre d’Ivan et Bruno depuis Fresnes et Villepinte, avril 2008).
A bas tous les enfermements. Solidarité avec tous les prisonniers. Liberté pour Isa, Juan et tous les autres.
Sources: http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&id=6888
La Direction des Affaires Criminelles voit des terroristes partout
Communiqué du syndicat de la magistrature suite à la diffusion d'une circulaire assez hallucinante du ministère de la justice demandant aux parquets d'informer la section anti-terroriste de tout fait pouvant être rapportés à la "mouvance anarcho-autonome" (y compris les tags sur des bâtiments public et des manifs devant les centre de rétention) !
La circulaire est publiée sur le site :
http://www.syndicat-magistrature.org/spip.php?article724
la Direction des Affaires Criminelles voit des terroristes partout
Le 13 juin dernier la Direction des affaires criminelles et des grâces du Ministère de la Justice a publié une note à destination des parquets afin de faire face à « la multiplication d’actions violentes commises sur différents points du territoire national susceptibles d’être attribuées - ça n’est donc même pas sûr - à la mouvance anarcho-autonome », notion dont il convient d’observer l’absence de contours précis.On y apprend que, « outre des inscriptions sur des bâtiments publics (en clair, des tags), cette mouvance s’est manifestée par la commission d’actions violentes en différents points du territoire national au préjudice de l’Etat et de ses institutions » et que « c’est aussi à l’occasion de manifestations de soutien à des prisonniers ou d’étrangers en situation irrégulière (nous y voilà) que ses membres s’expriment, parfois avec violence ».Le zèle développé à cette occasion par la Chancellerie prêterait presque à sourire s’il n’était ensuite demandé aux magistrats « d’informer dans les plus brefs délais la section anti-terroriste du parquet de Paris pour apprécier de manière concertée l’opportunité d’un dessaisissement à son profit » et, par voie de conséquence, de permettre une extension quasi illimitée d’une législation d’exception.Cette manière de procéder devrait ainsi permettre – au prétexte bien commode et très consensuel de lutte contre le terrorisme – de renforcer la répression à l’encontre des différents acteurs du mouvement social.A n’en pas douter, la philosophie générale de cette note singulière est à rapprocher des propos récemment tenus par le porte-parole de l’UMP à l’encontre du Réseau Education Sans Frontières et autres collectifs « faiseurs de provocations » et « semeurs de désordre » qui - bientôt suspects d’appartenir à cette fameuse « mouvance anarcho-autonome » - pourront bénéficier d’un traitement judiciaire de faveur.Le Syndicat de la magistrature dénonce avec force ce procédé et invite les magistrats à faire preuve du plus grand discernement dans la mise en œuvre de cette scandaleuse dépêche.
Source : http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&id=6901
26 juin 2008
VACANCES AU MAROC : LE REVE .... VRAIMENT ?
Cet été, vous pensez à aller passer vos vacances au Maroc : ses plages, ses petits villages pittoresques, sa cuisine abondante, sa douceur de vivre, ses fantasia.En un mot : le rêve !
Pourtant, pour les Marocains eux même le tableau n’est pas vraiment le même.L’envers du décor de la carte postale est même plutôt un cauchemar :- dans le sud l’arrière pays reste complètement enclavés, sans routes ni infrastructures de bases tels que routes, hôpitaux, etc ... Pour avoir osé exprimer en janvier 2008 leur mécontentement et demandé à être entendus par lesautorités, la population de Boulman dades a subit une répression terrible : une manifestation pacifique de plusieurs centaines d’habitants a été lynchée par la police, 10 participants ont ensuite été condamnés en l’absence de toute preuve en tout à 34 années de prison ! Ce jugement a été tellement inique que même la cours d’appel a dû les libérer bien que condamnés pour la forme ! - la liberté de parole est toujours sévèrement brimée : un internaute qui avait créé - par admiration pour lui ! - un blog internet au nom du frère du roi a eu le droit à une arrestation et a été condamné à 3 ans de prisons !- Pour avoir osé demandé une amélioration de leurs conditions d’études le 14 mai dernier, les étudiants de Marrakech on été violement tabassé par les forces de l’ordre, un manifestant ayant même été balancé du quatrième étage par la police! Il est actuellement dans le coma. La petite ville portuaire de Sidi Hifni (20 000 habitants), réputée pour ses plages, où de jeunes chômeurs avaient installés des tentes à l’entrée du port pour dénoncer la pauvreté et demander du travail, a été littéralement prise d’assaut le 6 juin par quelques 3000 policiers appuyés par des hélicoptères. Le bilan officiel est de 44 blessés, les associations de défense des droits de l’homme parlent même de plusieurs morts, il y a eu plus de 160 arrestations.Ce Maroc là, le vrai Maroc, vous n’en entendez pas parler à la télé ni dans les médias ...
LE MAROC N’EST PAS LE PARADIS DE CARTE POSTALE QU’ON CHERCHE A NOUS VENDRE.
C’EST UNE MONARCHIE DE DROIT DIVIN, SUR LAQUELLE REGNE UN MONARQUE ABSOLU ENTOURE D’UNE BOURGEOISIE RAPACE QUI SE FOUT QUE LE PEUPLE CREVE DE FAIM ET DE MISERE !
PASSER SES VACANCES AU MAROC, C’EST ETRE COMPLICE !
SOUTENEZ LES LUTTES DU PEUPLE DU MAROC POUR LA LIBERTE ET LA DIGNITE
CNT AIT (Association Internationale des Travailleurs)
http://cnt-ait.info
contact(a)cnt-ait.info
24 juin 2008
CRA de Oissel, témoignages du lundi 23 juin
J’ai appelé les cabines, j’ai eu deux mecs qui m’ont raconté a peu près la même chose. Ils n’ont pas su comment le feu s’est déclenché. Ils sont parti à 3h du matin et arrivé à Oissel à 7h
CRA de Oissel - Lundi 23 juin 16h30
"j’étais dans le centre du haut. Ça a commencé, il y a quelqu’un qui est mort, il était déjà malade avant. Ils lui ont donné des médicaments comme ça et on l’a retrouvé le sang dans la bouche et dans le nez. Il avait dit avant qu’il était malade mais ils ont pas voulu qu’il aille à l’hôpital. J’étais dehors quand le feu s’est déclenché. Ils nous ont sorti et mis dans le hangar. Ils ont lancé des gaz. On est resté une heure ou plus et ils on est sorti dans la cour. On a pas mangé. il y a la moitié qui a mangé l’autre non. On avait pas faim. Ils sont allé à l’hôpital, ils étaient 18. On est resté jusqu’à 3h00 du matin dans la cour. Vers 2h30 ont est rentré dans les bureau pour prendre nos affaires et on est parti. On était 15 ou 18 dans la cour. Ici c’est pas bien. Depuis jeudi soir j’étais à Vincennes. Il y a toujours des gens malades, ils ont du mal à respirer. La police dit rien"
Quelqu’un d’autre
"Hier on était à Vincennes. Un mec est mort. Ils nous ont gazé. Hier après midi ils ont commencé à mettre des coups. On est arrivé à 7h. J’étais menotté dans le car, on m’a frappé dans le car. J’ai des traces. On a vu la Cimade. depuis 2004 j’ai un problème avec la justice. Je suis français, j’ai les papiers, les récépissés... Quand on va au jugement, ils nous laissent pas parler. C’est la police qui met les vêtements de la justice. Je suis arrivé à Vincennes il y a 4 jours. En sortant voir mon avocat ils m’ont arrêté. J’ai montré mes papiers et ils m’ont dit que j’ai un arrêté.La justice c’est des racketteurs. Le feu ça s’est déclenché par rapport à la mort du frère. Ils ont gazé. J’étais dans ma chambre, au téléphone, j’ai dit que j’étais témoin, ils m’ont tapé, ils ont regazé et ils ont sorti le mort. Le lendemain les trois bâtiments ont pris le feu. Le frère il est mort parce que ils ont donné le comprimé. Parce qu’il voulait dormir. Il a dit aux autres de sa chambre de le réveiller à 15h quand l’infirmerie serait ouverte et il est mort. La police nous a séparé, on est allé dans le gymnase..." (il a reçu un appel important et m’a dit qu’il me rappel demain)
[Source : fermeturétention] http://quotidiensanspapiers.free.fr
Communiqué CNT-AIT
A PROPOS DE L’INCENDIE DU CRA DE VINCENNES ...
Le Centre de Rétention de Vincennes (CRA) est une sordide prison , dans laquelle sont retenus les sans-papiers en attente d’expulsion.C’est la plus grande prison de ce type en France. Les conditions d’enfermement y sont rendues encore plus insupportables avec la politique du chiffre exigée par Sarkozy et appliquée par Hortefeux.Samedi 21 juin un détenu est mort dans des circonstances douteuses et le lendemain les bâtiments du Centre de Rétention Administratif de Vincennes
ont été entièrement détruits par un incendie. Une vingtaine de retenus ont été blessés.Même si le déroulement exact des faits n’est pas encore connu, nous pouvons déjà dénoncer les responsables de ces drames :Nous accusons toutes les lois passées et actuelles (Debré, Chevènement,CEDSEDA, etc ...) de criminaliser une partie de la population pour le seul
fait d’essayer de survivre ici, la plupart du temps en se faisant surexploiter par des patrons sans vergogne.Nous accusons la politique démagogique des Sarkozy-Hortefeux de pousser à la haine en désignant des ennemis imaginaires comme boucs émissaires.Nous accusons toutes les organisations politiques ou syndicales qui acceptent la logique du cas par cas et les critères CESEDA, comme on l’a vu encore récemment dans la lutte « sous contrôle » des travailleurs sans papiers, d’être les auxiliaires zélés de cette politique dite «d’immigration choisie ».Nous accusons les capitalistes et les états, d’entretenir un système inégalitaire mondial basé sur la domination et l’exploitation, de provoquer au Nord comme au Sud la misère et de pousser à l’exode par la mise en concurrence de tous pour le plus grand profit de quelques-uns.
FERMETURE DES CENTRES DE RETENTION ! LIBERTE DE CIRCULATION !
ABROGATION DE LA LOI CESEDA :
QUI TRAVAILLE ICI, ETUDIE ICI, VIT ICI EST D’ICI !
SOLIDARITE SANS FRONTIERE !
RESISTANCE POPULAIRE !
Paris, le 22/0608, 20h00
CNT-AIT (Association Internationale des Travailleurs) 108 rue Damrémont
75018 PARIS
contact@cnt-ait.info //http://cnt-ait.info //http://cnt.ait.caen.free.fr/forum
Communiqué 24 juin 2008
9ème COLLECTIF DES SANS-PAPIERS
Suite aux événements de ces derniers jours, le 9ème Collectif des sans-papiers s’est rassemblé devant le CRA de Vincennes lundi 23 juin à 18h et se joindra au rassemblement de ce mardi 24 juin même lieu même heure.
Retour sur les derniers événements de Vincennes :
LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT EN ACCUSATION
L’Europe et la France imposent un climat de terreur en excluant des centaines de milliers de personnes sans-papiers, et ceci est destiné à s’aggraver avec la « Directive de la honte » tout récemment votée.Ce dimanche 22 juin 2008, le centre de rétention de Vincennes qui contenait 273 sans-papiers dont 33 étaient au tribunal, en voie d’être expulsés, a été détruit par un incendie.La veille, samedi, un sans-papiers placé en rétention alors qu’il était souffrant, est mort à l’intérieur du centre.Ces événements dramatiques sont la conséquence directe de la politique xénophobe et mortifère que mène l’Europe et le gouvernement français. Ils appellent une mobilisation de toutes et de tous et à la construction du mouvement le plus large contre ces politiques inhumaines.Depuis plusieurs mois, les détenus, les associations, les familles, des élus, alertent les autorités et l’opinion publique sur la situation scandaleuse des camps de rétention (harcellement et maltraitances de tous types, gaz lacrymogène, matraquages, utilisation du taser, etc.). La colère, la révolte, le désespoir se traduit par des gestes de protestations extrêmes : auto-mutilations, absorption de fortes doses de tranquilisants, grèves de la faim...Aujourd’hui on rafle, on enferme , on expulse au titre d’une « politique du chiffre ». Et on en meurt : Chulian Liu s’est défenestrée par peur de la police ; John Maïna s’est pendu après qu’on lui ai refusé l’asile alors qu’il était menacé ; Baba Traoré s’est jeté d’un pont alors qu’il était pourchassé par la police...Et samedi 22 juin 2008, dans le camp de Vincennes, Salem Essouli, sans-papiers tunisien en voie d’expulsion, est mort à son tour. La destruction du camp de rétention de Vincennes dimanche 23 juin 2008, symbole de l’industrialisation de l’arrestation, de la rétention et de l’expulsion, crée un précédent dont il importe de prendre la mesure.Cet événement, au cours duquel les détenus ont subi de véritables traumatismes, met en crise et en faillite les motivations et les responsabilités du gouvernement.Nous dénonçons les actes et les déclarations de l’UMP et du gouvernement, ainsi que du Ministère de l’immigration dans cette situation.Les détenus ont été gazés, puis pris dans l’incendie, ils ont été déplacés et enfermés dans un gymnase. Certains ont du être hospitalisés d’urgence notamment pour des problèmes respiratoires.Les autres ont été parqués dans la cour et encerclés par la police. Ils ont été maintenus pendant des heures les mains sur la tête, dans le froid, la peur, l’angoisse, en état de choc.Ils n’ont été évacués que très tardivement en toute fin de soirée, et dispersés dans plusieurs autres centres de rétention : Nîmes, Lilles, Palaiseau, Rouen.Nous exigeons la libération et la régularisation des sans-papiers du CRA de Vincennes et de tous les autres sans-papiers.
ARRET DES RAFLES ARRET DES EXPULSIONS
FERMETURES DES CENTRES DE RETENTIONS
LIBERATION ET REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS
9ème Collectif des Sans-Papiers
9eme_collectif@no-log.org
9emecollectif.net
22 juin 2008
Témoignage anonyme.
Vendredi 6 juin, une bagarre éclate dans le couloir qui mèneaux salles de classe dans le collège fournier du11èmearrondissement métro voltaire.Le principal chef de l´établissement appelle la police etfait embarquer 5 élèves. Les 5 élèves âgés de 13 ans à 15 ans seront menottés dans le car de police et passeront la journée en garde à vue dans les geôles ducommissariat du 11ème arrondissement.Les parents seront prévenus quelques heures plus tard par lecommissariat. Mutisme total du côté du collège.Dans la journée les enfants seront auditionnés avecl´obligation de signé le procès verbal. Les parents resteront les grands absents et seront conviésvers 18h30 pour aller chercher leurs enfants.
Les collégiens auront ainsi passé 10h30 en garde à vue (de9h à 18h30). Pendant cette journée les enfants subiront des pressions dustyle « tu es fiché », « on te connait », « je ne veuxplus te voir traîner avec untel et untel sinon tu seras fiché comme eux ». Dans ce collège les appels à la police sont fréquents.Un jeune de 14 ans monte sur un toit récupéré un ballon. Ayantpeur de redescendre, ses copains vont chercher le principal. Celui-ci téléphoneà la police et fait embarquer l´élève. 2 collégiens se battent, les mamans sont conviés et sontfortement conseillés par le principal d´aller porter plainte contre l´enfant del´autre. Un flic conseillera à l´une des mamans d´ôter sa plainte pour éviterle fichage de son enfant qui à 13 ans. L´institution scolaire devient ainsi une annexe de lapolice. Cette connivence est inadmissible et démontre la duplicité del´éducation nationale et de ses salariés. Cas du mineur de 13 à 16 ans.Le mineur de 13 à 16 ans peut être placé en garde à vue pour une durée initiale de 24 heures, s'il existe des indices faisant présumer qu'ila commis ou tenté de commettre une infraction. Le procureur de la République est informédès le début de la garde à vue. Une prolongation de 24 heures maximum est possible en cas decrime ou délit puni d'au moins 5 ans d'emprisonnement. Droits des mineurs lors de la retenue ou de la garde à vue .Les parents, tuteurs ou le service ayant la garde du mineurdoivent être immédiatement informés, sauf décision contraire du parquet pourles mineurs de plus de 13 ans. Les mineurs de moins de 16 ans doivent immédiatement subir unexamen médical. Pour ceux de plus de 16 ans, l'examen est obligatoire à lademande du mineur, des parents, du tuteur ou du service qui en a lagarde. Pour les mineurs de 10 à 13 ans la présence de l'avocat est obligatoire dès le début de la retenue.Les mineurs de 13 à 18 ans ont la possibilité de s'entreteniravec un avocat dès le début de la garde à vue, puis à la 20 ème heure à leur demandeou celle de leurs représentants légaux. Interrogatoire des mineurs placés en gardé à vue.Cet interrogatoire fait l'objet d'un enregistrement audiovisuel. L'original est placé sous scellé et une copie est versée au dossier. Il ne peut être visionné qu'avant l'audience de jugement, encas de contestation du contenu du procès verbal d'interrogatoire, sur décision du juge d'instruction ou du juge des enfants saisi par l'une des parties.
Nouvelles du Centre de rétention de Vincennes
15h30 - Centre de rétention de Vincennes
Quelques dizaines de manifestants sont rassemblés à Vincenne suite à l'annonce de la mort d'un sans papiers. Ils ont réussi à accéder au parking qui jouxte le CRA, et sont donc tout près du mur du centre de rétention. Slogans : "Liberté", "Expulseurs assassins","Solidarité avec les sans papiers".A l'intérieur les "retenus" gueulent aussi des slogans. Ils y a
quelques minutes ils ont commencé à mettre à sac les chambres en signe de révolte. Les flics sont très speed (il y a eut quelques courses-poursuites à l'extérieur) et passablement débordés par la situation à l'intérieur.
16h30 - Le CRA de Vincennes tout feu tout flammes
Les deux bâtiments du CRA de Vincennes sont livrés aux flammes. Le CRA 1 est à moitier effondré, le CRA 2 brûle. Les pompiers sont là, et les sans papiers seraient en train d'être évacués.Il y a maintenant environ 200 militant(e)s à l'extérieur.
17h - CRA de Vincennes
Les sans papiers évacués sont regroupés dans la cours de l'école de police (à proximité). Il y aurait pas mal de blessés qui attendent d'être évacués.Autour les flics tentent des manoeuvres d'encerclement des militant(e)s qui sont toujours près du CRA.Vu de l'extérieure l'un des deux bâtiments n'a plus de toiture.
17h15 - Les blessés de Vincennes
Parmi les sans papiers blessés six sont inconscients et un autre a le bras cassé. Le Samu, les pompiers et la Croix-rouge sont présents. Lessans papiers blessés sont en attente d'évacuation.Celui qui a le bras cassé aurait été blessé lors de l'intervention des CRS. Pendant l'incendie la répression continue.











