02 juillet 2009
Bienvenue !
Ce blog n'est pas un apel à emeute, ni à la révolte, ni à la révolution. Ce blog informe et témoigne sur les luttes et révoltes actuelles ou non. Car ce sont les luttes qui ont fait avancer le monde, alors que les politiciens le font reculer. Après tout, chacun est libre de s'exprimer, parait-il - avant qu'on nous l'enlève totalement, encore une fois!. Ce n 'est pas l'envie de violence qui nous mène, mais la colère, le regret, l'espoir. A vous de voir par quel moyen vous voulez l'exprimer. Chacun est responsable de ses actes. En tout cas, si vous voulez mettre sur le blog photos, articles, commentaires, etc..., n'hesitez pas à les envoyer sur notre mail. Ici, tout le monde peut s'exprimer : lalibertesexprime@yahoo.fr
Les sans-papiers retenus à Vincennes entament une grève de la faim
«Nous, l'ensemble des retenus du centre de rétention de Vincennes, après une
concertation générale, avons convenu d'entamer une grève de la faim à partir du
30 juin 2009 jusqu'à satisfaction totale de nos revendications», peut-on lire
sur l'avis de grève de la faim des sans-papiers enfermés à Vincennes.
Signée par 48 personnes retenues dans le plus grand centre de rétention
administrative (CRA) de France, une liste de onze revendications a été
communiquée «aux services de la préfecture concernés», explique l'une d'elles,
Ahmed (son nom a été modifié).
L'avis de grève de la faim et les revendications des retenus de Vincennes, 30
juin 2009
Les retenus ont décidé de se mobiliser en réaction à une tentative de suicide
par pendaison de l'un des leurs. «Moi, ça fait 26 jours que je suis enfermé,
j'ai déjà assisté à six tentatives de suicide! Les gens se charcutent le corps
avec les lames qu'ils arrivent à trouver et se pendent avec des draps», raconte
Ahmed. Agir est alors apparu comme une nécessité. «On ne réagit plus à la vue du
sang, on n'écoute plus ceux qui lancent un appel au secours. On devient comme
des êtres sans âme. Il ne faut pas laisser faire ça» lance Ahmed.
Si les mouvements de révolte en centre de rétention sont fréquents, celui-ci
semble particulièrement organisé, issu d'une dynamique regroupant l'ensemble des
personnes présentes. «Ça a l'air de venir de tout le monde, c'est un vrai
travail collectif», commente Damien Nantes, de la Cimade, une association de
soutien juridique intervenant en CRA.
En effet, le mouvement de protestation a été mûrement réfléchi et débattu en
assemblées générales improvisées. «C'est après des réunions répétées avec
l'ensemble des retenus que nous avons décidé de nous mettre en grève de la fin,
hier à minuit», détaille Ahmed. Le lendemain, la lutte s'organise concrètement :
«Aujourd'hui, nous avons fait un sitting et nous avons commencé à prendre
contact avec des associations comme la Cimade, Amnesty International...».
Mais faire tenir un mouvement large dans un CRA est difficile car «de nouvelles
personnes arrivent tous les jours, il faut tout réexpliquer à chaque fois, c'est
compliqué mais nous prenons le temps de le faire». D'ailleurs, quatre nouveaux
retenus auraient adhéré à la démarche depuis ce matin. Les moyens matériels et
les possibilités d'expression sont très limités. «J'ai demandé à écrire une
banderole. On m'a dit que je ne pouvais utiliser que du papier alors j'ai fait
des affiches en français, en arabe et en chinois que j'ai mises dans la cour.
Mais elles ont été retirées, on m'a dit que c'était interdit.»
• Le centre avait brûlé en 2008
Les retenus dénoncent de pénibles conditions de vie. «Ici, c'est la malbouffe,
l'odeur qui se dégage des barquettes en plastique nous coupe l'appétit. Chaque
fois que tu as besoin de quelque chose c'est la guerre avec eux [les gardiens
ndlr].» L'enfermement des pères de famille et des «personnes qui suivent de
lourds traitements médicaux» est également mis en avant.
Ils dénoncent également la façon dont ils sont traités à l'extérieur, notamment
lorsqu'ils doivent être présentés au tribunal, se plaignant «d'attentes
interminables dans une pièce au sous-sol du Palais de justice». Au-delà des
conditions de vie en CRA, les retenus demandent «l'arrêt des contrôles massifs
et abusifs dans les rues», la fermeture des centres de rétention et la
régularisation des sans-papiers.
Selon les retenus, les rapports avec les gardiens restent relativement calmes
mais l'évolution de la situation doit être observée avec attention dans ce CRA
qui a été remis en état il y a peu. Le 22 juin 2008, après la mort d'un retenu,
un rassemblement réprimé avait tourné à la révolte, et le CRA avait été
entièrement brûlé. Reconstruit depuis, il fait l'objet de toutes les attentions
de la préfecture de police qui dépêche toujours un impressionnant dispositif
policier lorsque des militants manifestent à ses abords pour demander la
libération des sans-papiers. Encore aujourd'hui, une dizaine de sans-papiers
présents au moment de l'incendie sont poursuivis en justice, plusieurs d'entre
eux ayant fait de nombreux mois de détention provisoire.
•Lire Aussi
Les «cahiers de doléances» des étrangers expulsés
http://www.mediapart.fr/journal/france/270308/les-cahiers-de-doleances-des-etrangers-expulses
Abou Ndianor, sans-papier insoumis
http://www.mediapart.fr/journal/france/260308/abou-ndianor-sans-papier-insoumis
Par Charlotte Rouault : http://www.mediapart.fr/blog/72943
29 juin 2009
APPEL A TEMOINS ! INTERPELLATION DU 25 JUIN À CALAIS.
Jeudi 25 juin à 16h05 sur l’avenue Lafayette de Calais, devant l’entrée du magasin Nevada, deux personnes (C.D. et T.J.) portant la banderole "No Borders, no Nations" ont été arrêtés par des agents de la BAC. Un article de la VDN est illustrée d’une photo de l’interpellation.
Après avoir été plaqués au sol et menottés, les deux personnes sont emmenées vers le milieu de la route. Alors qu’elles continuent à scander "Liberté de circuler, liberté de manifester", C.D. subit des pressions physiques pour se taire. L’agent de la BAC qui le maintient lui coince ses lunettes de soleil entre les dents et lui maintient la bouche fermée en agripant son visage par le menton et l’orbite de l’oeil droit. Il lui serre également le cou avec l’avant-bras.
Les deux personnes sont ensuite embarquées et emmenées au commissariat central. Le motif de leur interpellation est "rebellion", les policiers inscrivant sur le PV que les deux interpellés auraient résisté "violemment" à leur interpellation. Il n’y a pourtant eu aucune résistance physique de leur part, ils ont seulement continué de crier, ce qui ne constitue pas un motif de rebellion.
Ils sont relachés avant 21h avec une convocation à se présenter le lendemain à 10h. Le lendemain, leurs dépositions sont confrontées à celle de l’agent de police ayant fait preuve de violence. Chacun maintient sa déposition. L’agent de la BAC porte plainte contre C.D., estimant sans doute qu’il y a diffamation (concernant l’accusation de violences).
Nous avons absolument besoin que les personnes présentes au moment de l’interpellation apportent leurs témoignages sur les conditions de cette interpellation, afin d’acter des violences commises. Pour cela, contactez-nous sur CNNOBORDER @ RISEUP.NET
Les deux interpellés passeront devant le tribunal de Boulogne le 14 octobre 2009 à 8h30.
Merci de votre soutien,
Sources :http://www.lille.indymedia.org/article16891.html
[NOBORDER] APRÈS LE BLOCAGE DE LESQUIN, 30 HEURES DE GARDE-À-VUE
Le blocage
Mercredi 24 juin, 5h15 du matin, une petite trentaine de personnes débarquent au camp pour étrangers de Lesquin, plusieurs sautent l’enceinte extérieure, certain.e.s s’enchaînent à l’unique grille d’accès avec des lock-ons, tubes en métal dans lesquels les bloquer.euses passent leur bras et s’accrochent.
Toute la flicaille locale étant à Calais, il faut une heure pour réunir la quarantaine de policiers, venus de Lille, Roubaix, Tourcoing, qui arrêtent toutes les personnes non-enchaînées. Les pompiers sont aussi sur place, ils observent longuement le système d’enchaînement puis passent à l’action : ils découpent à la disqueuse les lock-ons, sans blesser les gens enchaîné.e.s (à part quelques égratinures). Vers 7h30, le camp de Lesquin est de nouveau fonctionnel et les 26 participant.e.s à l’action sont emmené.e.s au commissariat de Lille.
Les objectifs de cette action étaient doubles : d’une part empêcher les expulsions de migrants prévues ce jour-là, qui ont habituellement lieu vers 6h, et d’autre part montrer que des actions de ce type, plusieurs fois réalisées avec succès en Belgique, étaient possibles en France, même et surtout lorsque l’Etat mobilise un énorme dispositif policier pour empêcher toute action de soutien aux migrants. Il y a beaucoup de choses, positives ou négatives, à dire sur cette action, sur la manière dont fut gérée la préparation, l’arrivée au camp de détention, les interactions avec les flics, l’efficacité des lock-ons, les potentielles inculpations judiciaires, le prix répressif à payer, etc etc. On s’en tiendra à constater, en regard des actions précédentes, que le blocage a été extrêmement court, 2h au lieu de 6 à 8h, et que cela n’a probablement ( ?) pas empêché effectivement des expulsions, ce qui était le but principal de l’action. Néanmoins, l’action de blocage a eu lieu : les flics n’étaient pas au courant et le dispositif sécuritaire régional a été contourné, au plus grand désagrément de tous les officiers de police et autres responsables haut placés que nous avons eu le "plaisir" de croiser.
La garde-à-vue
Commençons par dire qu’elle débutait sur de très mauvaises bases : une nuit blanche et une fatigue inévitable pour tous les participant.e.s à l’action. Ajoutons un stress inhabituel pour les quelques personnes n’ayant que rarement été confrontées à la force policière et à l’enfermement, et pour celles dont le lock-on avait été découpé (15 minutes avec la vue cachée, à sentir le tube recouvrant son bras être coupé avec une disqueuse).
Notre trajet dans le commissariat sera le suivant : arrivée en cellule, notification de la garde-à-vue, deuxième cellule, fouille avec confiscation de tous nos sacs, objets et livres, puis arrivée dans la cellule où nous restons le plus longtemps, dont nous ne sortons que pour notre audition, les prises d’empreinte et aller à la toilette située à 2 mètres.
Aussi bien dans l’action que lors de notre garde-à-vue, nous voulions éviter de donner aux keufs la possibilité de nous accuser d’outrage ou de rébellion, les contacts avec les flics seront donc "courtois", on ne s’abaissera pas mais on évitera les provocations, sauf lorsque notre rage face à l’arbitraire est trop importante ou que les flics ne sont pas à même de les comprendre. Si les chefs que nous croisons utilisent l’une ou l’autre pression physique et exhortent leurs hommes de main à "leur en faire baver", le comportement des flics de base ne sera pas outrancier : pas de violence ni d’insultes, juste l’utilisation banale du pouvoir de leur position et de l’arbitraire qui en découle.
Espace temps
Les 6 femmes sont placées dans une cellule avec laquelle nous pouvons plus ou moins communiquer. Les 20 autres sont placés dans une cellule de plus ou moins 5 mètres sur 7. Le sol est en béton, un "banc" en plâtre de 80 centimètres de large longe tous les murs. Pas un rayon de lumière naturelle, juste des néons allumés en permanence. Il y a un système d’apport et d’évacuation d’air qui ne sera jamais branché. A certains moments, la chaleur est oppressante, à d’autres nous voudrions avoir plus de pulls et vestes. Deux caméras ont vue sur toute la cellule. Par chance, nous sommes face à la cabine des matons et nous arrivons à lire l’heure sur leur horloge, nous évitons le vide d’un temps indéfini.
Besoins vitaux
Si les femmes qui ont participé à l’action peuvent bénéficier, après de nombreuses demandes, de matelas, les hommes n’ont pas cette chance. Jamais d’obscurité. Certains arrivent néanmoins à dormir, d’autres ne peuvent pas fermer l’oeil. L’allongement sur le sol en dur et notre fatigue produisent en quelques heures des courbatures, mal de dos et tensions musculaires. Les flics passent régulièrement dans la cellule pour demander à l’un ou l’autre de venir signer un papier, juste histoire de nous tenir éveillés.
On reçoit 3 "repas" par jour. Le matin, 2 biscuits et un berlingo de jus d’orange. A midi et le soir, un ravier plus ou moins préchauffé de boeuf carotte ou de poulet. Infâme nourriture industrielle ne contenant évidement pas la moindre vitamine. Pas de poubelle, tous les restes sont entassés dans un coin et commencent à se décomposer en attendant qu’un flic daigne venir, une vingtaine d’heures plus tard, avec un sac poubelle. Les végétariens ne reçoivent rien pendant 24h. A midi le deuxième jour, un flic ouvertement anticapitalisme et facho leur amènera du bulgour à peine mangeable, mais évidemment mangé avidement.
A part le berlingo du matin, la seule boisson est l’eau chlorée des toilettes quand nous pouvons aller pisser. Nous devons demander pour aller à la toilette et parfois attendre longtemps qu’un flic daigne prendre le temps de nous laisser aller pisser, un par un.
En 30h, nous ne verrons le ciel que lors des 5 minutes nécessaires pour répondre "je n’ai rien à déclarer" à toutes les questions de notre audition.
Renseignements
Certaines auditions sont expéditives, le flic se contentant de poser 3, 4 questions et de noter que nous n’avons rien à déclarer, d’autres durent plus longtemps, les questions se répètent et varient. Mais nous nous en tenons à notre absence de déclaration. C’est surtout en-dehors des auditions, lors des trajets dans le couloir et des prises d’empreinte que les flics essayent d’obtenir des informations, lors de discussions informelles : une question importante au milieu d’autres sans intérêt, un peu de flatterie ou de provocation. Un d’entre nous constatera que les flics lillois sont au courant de son arrestation et des données récupérées (photos, empreintes) deux mois plus tôt, lors d’une arrestation en Belgique. Le fichage européen existe et se porte bien.
Enjeu et processus de libération
A notre arrivée, la plupart d’entre nous refusent de donner leurs empreintes. Après quelques pressions, notamment sur les peines encourues pour ce refus, les flics arrivent quand même à en prendre certaines. A part l’heure de notre libération, c’est le seul enjeu de cette garde-à-vue. Enjeu discutable d’ailleurs, certes cela permettrait de ne pas être obligé de devoir porter des gants lors des actions où nous pensons pouvoir rester anonymes. Mais objectivement, le port des gants est une précaution, une pratique que nous devrions intégrer systématiquement.
Quoiqu’il en soit, lors de notre garde-à-vue, c’est ce point qui a cristallisé la tension. Après le premier passage devant les flics de la technique, une quinzaine de personnes sur les 26 ont refusé de donner leurs empreintes. Pour les obtenir, les flics n’auront même pas à se mouiller trop, ils laisseront simplement opérer les conditions de notre détention, un isolement croissant des détenus et notre fatigue.
2 personnes sont libérées à minuit, après 18h d’enfermement. Vers 4h du mat’, un flic arrive et donne la liste des personnes dont la détention est prolongée. Avant l’action nous pensions que si nous arrivions à éviter toute dégradation et tout outrage, ils ne pourraient pas prolonger notre garde-à-vue (qui est de 24h, reconductible une fois). Erreur, le procureur a tout pouvoir et décide de prolonger pour plusieurs d’entre nous.
Douze personnes, donc certaines n’ont pas donné leur empreintes, sont libérées à 7h. Choix complètement arbitraire. Douze autres qui n’ont pas donné leurs empreintes restent en détention. C’est là que notre volonté se fissure. Nous ne sommes plus très nombreux, trois d’entre nous savent que les flics ont déjà leur empreintes, et la perspective de passer encore une nuit dans cette cage est difficile à accepter. On discute et à 10h lorsque nous repassons à la technique, il n’y a plus que deux personnes qui refusent de les donner, avant de céder un peu plus tard. A 13h, certain.e.s commencent à sortir, les dernier.e.s seront libéré.e.s à 17h, après 34h de détention.
Techniques de résistance à l’enfermement
Pour que cette expérience d’enfermement ne soit pas uniquement négative, il est important de voir les enseignements que nous pouvons en tirer, de voir comment nous pouvons mieux nous préparer pour la prochaine fois. Tentative subjective à compléter...
Au-delà des conditions physiques de détention, c’est l’arbitraire et l’isolement qui ont le plus pesé sur nous, sentir que des individus ont tout pouvoir sur nous. Pouvoir de nous interdire nos besoins fondamentaux, de nous isoler complètement, de décider, dans un certain laps de temps, de notre libération, voire d’utiliser la contrainte physique. C’est là que notre capacité de rébellion est réduite à peau de chagrin. L’isolement, c’est l’isolement par rapport à l’extérieur, ne jamais savoir ce qu’il se passe dehors, si on essaye de nous faire sortir et comment, mais aussi l’isolement à l’intérieur, moins nous sommes nombreux, plus la résistance est difficile.
Par rapport à cela, on ne peut quasiment rien faire. Juste se préparer mentalement. Nous savions que nous risquions 48h de garde-à-vue, mais nous n’étions pas partis de cette durée-là. Nous espérions être libéré.e.s avant, et les libérations progressives n’ont fait que renforcer cet espoir, dangereux en cas de détention. Partir du pire pour être le plus fort possible.
Être fort : Même si cela est rarement possible, passer une bonne nuit de sommeil avant d’aller en action est un avantage énorme pour résister aux pressions en tous genres lors de la garde-à-vue. Notre nuit blanche a lourdement pesé, notamment en enlevant à la plupart d’entre nous l’énergie nécessaire pour faire des exercices durant la détention, exercices qui permettent de s’occuper, de ne pas penser, de garder une possibilité d’action.
Arriver à soustraire un maximum d’objets lors de la fouille : il est relativement simple de dissimuler des petites quantités de tabac, feuilles à rouler et briquets. Essayer aussi d’emmener une pièce de monnaie ou tout autre petit morceau de fer. Cela permet de s’occuper en écrivant des graffitis sur les surfaces en plâtre, voire d’y reproduire le damier d’un jeu de dames. A défaut de morceau de métal, les manches des cuillères en plastique peuvent être utilisées à cet effet.
Physiquement, des étirements ou des massages permettent de se détendre, de se relaxer. Ils sont aussi nécessaires avant tout exercice physique comme des pompages ou des abdominaux : travailler notre puissance physique avec des tensions musculaires renforce ces tensions.
La voix est extrêmement importante. Lorsque nous chantions des chants révolutionnaires et subversifs, l’ambiance dans la cellule changeait complètement. Une certaine joie était là. A certains moments, nous avons commencé des genres de "chants grégoriens", juste laisser sortir des sons, une part de la tension en nous. Par rapport aux chansons, ça a le mérite d’être accessible à tout le monde. Si la rage peut être intéressante à garder pour tenir le coup, elle peut aussi être négative, nous faire approcher de la rupture émotionnelle. Dans ce cas, crier un bon coup, faire quelques exercices ou frapper dans un mur permet de l’évacuer. Enfin, il faut utiliser la parole. Avoir une bonne discussion nous permet de mieux nous connaître et nous sort de l’enfermement. Lorsque l’on se sent à la limite ou qu’on a l’impression que quelqu’un.e s’en approche, il faut parler, cela permet de relativiser la situation, de se nourrir de l’énergie des autres et de retrouver de la force.
No nation No border Fight law & order !
Sources : http://lille.indymedia.org/article16880.html
COMMUNIQUÉ NO BORDER DU 28 JUIN 2009
Après la psychose créée de toutes pièces par les autorités et les médias à l'approche du camp No Border, le dispositif sécuritaire déployé cette semaine a été proprement hallucinant. Omniprésence policière dans une ville pourtant peu épargnée, contrôles d'identité, arrestations pour diffusion de tracts, poursuites, survol quasi permanent du camp par un hélicoptère...
À l'occasion de la manifestation du 27 juin, l'arsenal répressif a encore été alourdi (canons à eau, police montée, policiers bloquant les rues...). Toutes les personnes quittant le camp pour rejoindre le phare de Calais, lieu de départ officiel de la manifestation, ont subi une fouille corporelle, et des objets aussi dangereux que des coupe-vents (!) ont été saisis. Le déplacement groupé du camp vers le phare avait été négocié avec la sous-préfecture. Cependant, plusieurs barrages ont été établis par les forces de l'ordre afin de nous dérouter, de nous retarder, voire de faire dégénérer la marche...
La manifestation a pourtant été une réussite. Malgré les frustrations accumulées, le parcours dénaturé par les autorités, l'interdiction d'approcher le Centre de Rétention Administrative de Coquelles ou tout autre lieu symbolique de la répression des flux migratoires, nous n'avons pas cédé aux provocations policières. Précisons aussi que les riverain-e-s n'ont pas été dupes du délire sécuritaire et qu'ils/elles ont noué des contacts avec nous dès l'installation du camp.
Nous pouvons légitimement nous interroger quant à l'impact du dispositif sécuritaire. Celui-ci a sans doute poussé certaines personnes, au premier rang desquelles les migrant-e-s, à ne pas oser participer à la manifestation. Ces dernièr-e-s nous ont d'ailleurs fait part de menaces, directement émises par les forces de l'ordre, de destruction immédiate de la « jungle » et d'arrestations s'ils/elles participaient à la manifestation.
L'arsenal sécuritaire avait surtout pour but de créer un climat de peur sur Calais. Malgré les dénégations du sous-préfet Gavory, nous redoutons que les autorités n'aient utilisé le prétexte No Border pour rassembler des cohortes de policiers et de militaires sur la ville, afin de procéder à la destruction de la « jungle » annoncée par le ministre Besson, et qui semble imminente.
Plus que jamais, nous appelons à la solidarité sans frontières. La réussite d'une initiative collective comme le camp No Border est une nouvelle étape vers une résistance transfrontalière permanente contre toutes les entraves à la liberté de circulation et d'installation de tout-e-s les individu-e-s.
NO BORDER, NO NATIONS ! STOP DEPORTATIONS !
PAS DE FRONTIÈRES, PAS DE PATRIE ! ARRÊT DES EXPULSIONS !
27 juin 2009
Nouvelle du Camp
Jeudi 25 juin, lors de la tentative de manifestation-distribution de tracts à Calais boulevard Lafayette, parmi la horde policière,
un spécimen policier des plus détestable était présent : look racaille, foulard à tête de mort, sweat à capuche Londsale (marque portée par les skinheads, que ce soit par les fascistes ou nos camarades antifascistes), flashball dégainé... C’est un flic de la BAC.

Sources : Noborder numéro 3
Nouvelle du Camp
Samedi 27 juin 2009 :
09h35 :
Après une nuit dans un camp assiégé par les flics, nous partons vers le phare de Calais, début prévu de la manifestation.Sauf que nous n'avons même pas fait 200 metres dans la zone pavillonaire que nous sommes bloqués par un important barrage policier. :-(
On nous annonce qu'afin de pouvoir passer, nous allons tous subir une fouillés...Maintenant, sachant que nous sommes plus de 500, qu'il n'y a que deux flics pour faire les vérifications, et que ça prend au moins une minute par personne, pourrez vous nous dire si nous pouurons rejoindre la manif lorsqu'elle fera son deuxième passage par le phare ?
10h05 :
Finalement, quelques flics se sont mis en renfort pour fouiller les manifestants, et nous avons pu enfin repartir vers le phare, où nous attendraient déja plus de 2000 personnes.Quoi qu'il en soit, cet arret nous aura encore permis de discuter avec quelques voisins, toujours aussi solidaires face à un déploiement policier aussi disporportionné...Au passage devant les HLM près du centre commercial Mi-Voix, les manifestant crient aux habitants nous regardant aux fenêtres de nous rejoindre.Le centre commercial est bien ouvert (tiens, ils n'ont pas suivi les consignes de madame le Maire), mais un des "cars de ramassage" parisiens est garé bien en évidence sur le parking...
Arrivé au phare d'ici 30 ou 45 minutes.
11h25 :
On se demande si les flics regardent le plan de la ville à l'envers ou s'ils cherchent vraiment à ce que tout dégénère...Alors que nous aurions pu prendre un chemin assez direct et relativement sûr de leur point de vue (avec très peu de commerce), ils nous font prendre tout une série de chemins détournés....Le pire, c'est qu'arrivés pres du début de la rue Molien, presque vers
le lieu de la distribution des repas de midi (en fait plutot vers 14h, ce qui explique qu'il n'y a actuellement personne), les flics nous
forcent faire un détour et passer juste au contact de la maison des éclusiers (le squat des érythréens), puis nous reforcent à rejoindre la rue Molien, alors que d'ici, il faut prendre un pont pour rejoindre directement le phare...Encore pire, ils nous bloquent quelques dizaines de metres plus loin... Assez violemment, puisques les BAC balancent quelques coups de matraques
sur les premiers rangs, qui cherchent à passer.Après quelques minutes d'arret, les flics nous repoussent jusqu'en face du pont qui reste cependant bloqué ! Nous sommes donc devant le squat des érythréens, dans une situation très tendue, car les flics sont au contact de la maison et entravent les déplacements aussi bien des manifestants que des érythréens...
12h00 :
Bon, on dirait que les flics lillois ont enfin compris qu'ils étaient encore en train de lire le plan de Lille, et qu'ils ont eu la bonne idée de demander aux gens de l'hélicoptere de leur indiquer le bon chemin...Nous sommes donc enfin arrivés au phare, où nous attendent les autres manifestants. Pas 2000 comme je l'avais malheureusement dit, quand même pas loin d'un millier.Après une petite prise de parole pour décrire au autres les conditions de notre parcours. nous partons directement pour la manifestation
officielle. Au delà des barrières, loin de nous, une bonne centaine de Calaisiens nous regardent.
14h30 :
Fin de manif.
Avec dispersion au phare, alors que nous devions aller jusqu'aux ferries. La longueur du trajet, le soleil de plomb, et probablement le désir de ne pas se retrouver dans une souricière si nous continuions jusqu'aux ferries comme cela était prévu.Prises de paroles, avec nottement un migrant afgham et une personne de Calais qui héberge un migrant.Maintenant, puisque nous n'avons pas accès aux restaurants locaux,il ne nous reste plus qu'à retourner au camp.En Espàrant que les flics nous permettent un retour moins tumultueux que l'aller...
Stay tuned...
Jacques.
26 juin 2009
Nouvelle du Camp
Jeudi 25 juin 16h15 :
Une petite manifestation était prévue en ville cet après midi, avec le seul but de faire un petit peu de bruit (sans meme de sono) et diffuser des tracts invitant à participer a la manifestation de samedi. Partis de la place crevecoeur, notre petite cinquantaine de
personnes étaient à peine arrivés sur l'avenue Lafayette, que plusieurs camions de CRS s'arrétaient sur la rue et se mettaient à nous poursuivre. Sans aucune des sommations d'usage ! Dans la poursuite au moins une dizaine de personnes on été arrétées et
embarqués dans les fourgons. Ce déchainement policier, avec même l'helicoptere de la police au dessus de nous, ne peut que surprendre dans la grande rue commercante de Calais.Surprendre et faire peur même, puisque devant moi un couple de
personnes agées passent en courant, en disant "partons vite, avant qu'on se fasse blesser"...
Tiens, un des cars de "ramassage" Parisien est même présent à Calais pour emmener les prisonniers au poste...
Stay tuned...
Jacques.
25 juin 2009
Calais

22 juin 2009
Violente répression à Châtelet !
Aujourd’hui 21 Juin un rassemblement était organisé contre la répression d’état.
Ce rassemblement était pacifique et autorisé par la préfecture et pourtant il vient d’être durement réprimé par les forces de police qui ont usé de lance grenades et arrêté un nombre encore indéterminé de manifestants.
Certains manifestants qui ont pu s’échapper témoignent de la violence policière comparable à celle de Strasbourg lors du contre sommet.
Des hélicos survolaient le quartier et une police armée jusqu’aux dents bouclait tous les accès.
Une fois de plus, tout était mis en œuvre afin de provoquer et faire dégénérer la manifestation.
Un appel à témoins est lancé (vidéo, photos, témoignages) à publier sur Bellaciao et sur parolesdu19mars.over-blog.com (collectif de soutien des 49 inculpés de la Nation).


Communiqué.
Ce jour, au lendemain de la publication officielle du décret anti-cagoule, plusieurs centaines d’invisibles se sont rassemblés à la fontaine des Innocents, à Paris. Un cortège riche des masques les plus variés, marchant au ryhtme tenu de percussions artisanales s’est ébranlé en direction de la Bastille. Il a rencontré sur son chemin le siège de l’Administration Pénitentière.
Répondant à la provocation que constituent l’immense banderole "Tour de France cycliste de la Pénitentiaire" et l’existence même de ce bâtiment, bloqués par les CRS à ce stade précoce de leur parcours, surveillé par un hélicoptère, les manifestants ont trouvé bon de marquer la façade de quelques signes explicites de leur passage : vitrines brisées, tirs de mortier, fumigènes, etc.
Conformément à la stratégie manifeste de la police, ils ont été chargés, gazés, refoulé. Quelques contre-charges plus tard, le quartier étant quadrillé, les manifestants se dispersent dans la foule. Au moins six personnes ont été interpelées, les uns de façon politiquement ciblées, les autres de façon opportune. Ramassant des fumigènes, un gradé a été entendu fragnolant au téléphone : "C’est bon. On a de quoi faire un truc pas mal. On a des fumigènes, un outrage, des débris. C’est vraiment pas mal."
Nous restons curieux des suites policiaro-judiciaires qui seront données aux faits de ce jour. Nous sommes plus déterminés que jamais. Le bal continue. Les masques vaincront.
Des comités de soutien aux inculpés de l’antiterrorisme, et d’ailleurs.
Soutien aux inculpés du 11 Novembre, dimanche 21 juin 2009

Voir commentaire sur Bellaciao : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article87888
"15h : Place des Innocents. On a attendu une bonne 1heure avant de démarrer la manif. Un nombre importants de CRS nous surveillaient dans les rues voisines, des flics en civil étaient présents sur la place, dans le rassemblement, près des concerts indiens...
16h15 : Un cortège s’est formé en direction de Beaubourg. On a traversé le Boulevard de Sébastopol. On s’est arrêté une dizaine de minutes, pour écrire sur la banderole "Tarnac - Soutien"... Avec la fête de la musique, il y avait trop de monde. ...et on était bien sûr surveillé...pétards pour s’amuser et intercepter les passants... D’ailleurs, c’est dommage car beaucoup de passants se stopper pour savoir et auraient voulu participer si ça n’avait pas dégénéré...
16h30 : Rue du Renard, La manif continue et ça commence à se gâter.. Certains manifestants se sont arrêtés au niveau de Beaubourg alors que d’autres continuent... Le cortège se stoppe : pétards, sorte de feu d’artifice...L’hélicoptère (que l’on voit au stade de France) arrive et nous survole...Le fichage commence ! Certains reviennent sur leur pas...
Vers 16h40 - 16h50 : Les CRS chargent, les manifestants se séparent et reviennent au niveau de Beaubourg. On aperçoit un mec avec l’arcade sourcilière en sang. Le groupe de la FA revient et l’hélicoptère continue de surveiller... Une petite dans une poussette pleure sous l’effet de la peur..
17h10 : Une ambulance, 2 voitures police, et deux (ou 3 voitures ttes noires) passent rapidement sur le Boulevard de Sébastopol. L’hélicoptère continue de surveiller le quartier..."








